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lundi 26 novembre 2012

Questions à Thierry Bouet, secrétaire de la CGT NTN Allonnes

 

Cette semaine, nous consacrons notre rubrique "Questions à..." Thierry BOUET, secrétaire de la CGT NTN à Allonnes

 

1. A l’appel de la CGT, une marche des salariés de NTN contre la précarité a eu lieu le samedi 20 octobre. Pouvez-nous nous expliquer les raisons de cette marche ?

Avant tout, ce rassemblement fait suite aux différentes démarches que nous avons eues pour interpeler notre direction sur l’abus de l’emploi précaire sur notre site d’Allonnes.

- Bien sûr, interpellations et déclarations dans nos instances représentatives, suivie de tracts d’informations à destination des salariés afin de les sensibiliser.

- Nous avons adressés un courrier à tous les candidats de notre circonscription à l’occasion de la campagne législative, afin qu’ils tiennent comptes de la situation de l’emploi à NTN-TE et de l’électorat. D’ailleurs, nous constatons que tous (à gauche) n’ont pas répondus. Il y a à dire aussi là dessus, mais je ne veux pas dévier de ma mission principale.

- Pour soutenir cette revendication, une pétition a été diffusée bien au-delà de nos murs qui a recueilli plus de 1400 signatures (dont plus de 400 salariés de NTN-TE), que nous avons remises au préfet de la Sarthe le 05 octobre dernier.

 L’évolution des intérimaires ne cesse de croitre depuis la crise de fin 2008, début 2009. Les salariés partant en retraite ne sont pas remplacés. Le nombre de salariés licenciés ou départ volontaire déguisé fait que les effectifs n’évoluent guère.

Depuis cette même période, la direction à mis en place une nouvelle organisation en « Lean » qui à des effets dévastateur sur les conditions de travail, le climat dans l’entreprise. Alors que nous avons des moyens industriels qui ne nous permettent pas de satisfaire les besoins de nos clients, nous n’avons pas d’investissement sur les besoins capacitaires immédiats et nous cumulons des retards de livraison chez la plupart de nos clients. Les résultats sont que nous subissons beaucoup de pression de la structure managériale suite au travail dans l’urgence et ce qui engendre des conséquences de défaut qualité. Nous sommes dans une spirale qui peu avoir pour conséquence, le non renouvellement des projets et la pérennisation du site.

2. Pouvez-vous nous donner des chiffres concernant l’évolution du nombre de statuts précaires dans le groupe depuis quelques années ?

Nous n’avons pas de données sur le niveau de précarité dans le groupe NTN, car NTN n’est pas constitué d’un CCE. Chaque entreprise est indépendante, mais rend des comptes à la maison mère, au Japon. NTN Transmissions Europe à Allonnes est l’entreprise qui gère les Ressources Humaines, la comptabilité, la maintenance… de la forge de Crézancy proche de Château Thierry. Seulement l’une est juridiquement en S.A et l’autre en S.A.S.

Pour ce qui est de l’évolution de la précarité, à Allonnes, si on prend seulement la situation depuis la crise de 2009, nous avons en 2010 une moyenne de 194 intérimaires, 255 intérimaires en moyenne sur l’année 2011 et 238 intérimaires en moyenne sur les 10 mois de l’année 2012.

Alors que la législation limite à 15% maximum le recours au travail temporaire à NTN-TE cela représente 34% de l’effectif global mais surtout, nous atteignons un triste record de plus de 64% de précaires sur un secteur comme le montage transmissions.

3. Cette politique de précarisation menée par la Direction est-elle due à une baisse de l’activité ?

Depuis plusieurs années nous sommes face à une direction qui fragilise le site d’Allonnes en multipliant les réorganisations du travail dans le but d’augmenter les profits du groupe. Seulement, c’est tout le contraire qui ce produit.

Nous avons de plus en plus de constructeurs qui nous sollicitent pour de nouvelles activités auxquelles nous répondons favorablement. Et c’est tant mieux…

Le problème, c’est que les investissements ne sont pas à la hauteur des enjeux commerciaux. Notre direction fait supporter aux salariés toutes les hausses de coût : Hausse matière, outillages et personnel supplémentaire précaire, liés à l’augmentation de notre activité.

Le résultat est que nos moyens industriels actuels ont beaucoup trop de référence de produits à fabriquer. Du coup, les opérateurs change deux à trois fois de référence de pièces par équipe. Ceux qui réduit encore un peu plus notre capacitaire journalier et donc engendre toujours plus de retard sur les commande clients.

La direction de NTN-TE n’a de cesse de faire peur aux salariés sur ces craintes pour l’avenir notre activité et ceux depuis 2009. Prétexte pour ne pas améliorer le pouvoir d’achat des salariés réduire au stricte minimum légal les plans de formation et de promotion, etc.…

Non, la seule raison depuis que Renault à ouvert les portes du marché Européen au groupe NTN Corp., est de tisser sa toile et de faire le plus de profit possible.

En dix ans, NTN à acheté une forge comme dit tout à l’heure. Projet qui était initialement prévu à Allonnes. Racheté l’infrastructure qui fabrique des transmissions d’une société Allemande IFA. Elle s’appelait IFA-AT. Racheté une usine au Brésil à un concurrent où NTN-TE détient 3%. Suite au rachat de toute l’activité de SNR (filiale 100% Renault), NTN avec la participation des services techniques de NTN-TE ont développés en Roumanie, sur le site de Sibiu une activité transmissions pour fabriquer la majeur partie de l’activité pour le groupe Renault (Dacia, Nissan, Renault).

Aujourd’hui notre activité est de plus en plus délocalisé vers se site qui continu à ce développer et s’agrandir.

La précarité à NTN-TE existe seulement pour plus facilement réduire les effectifs sur le site d’Allonnes quand les usines des pays low-coast seront prêtes à accueillir nos lignes de production.

Ensuite, la direction dira aux politiques et pouvoir public, que l’emploi à été maintenu à Allonnes sans plan sociale, et cela malgré la crise…

 

mardi 13 novembre 2012

Questions à Richard GERMAIN, secrétaire général du syndicat CGT - Renault Le Mans

Cette semaine, nous consacrons notre rubrique "Questions à..." à M. Richard GERMAIN, secrétaire général du syndicat CGT - Renault Le Mans

 

1. En plus de la Région des Pays de la Loire et du Département, les élus de Le Mans Métropole, à l’exception des élus Front de Gauche et Verts, ont voté une aide financière de 450 000 euros à ACI-Renault dans le cadre d’un programme de Recherche et Développement.

Pouvez-vous nous dire en quoi consiste ce programme de Recherche et Développement ?

La direction de Renault Le Mans dit qu’il s’agit d’un programme de recherche exclusif alors qu’en réalité, il ne s’agit que d’une adaptation et d’une appropriation du produit Traverse Profil Fermé que nous utilisons déjà aujourd’hui pour assembler en mécano-soudure les essieux de la gamme Mégane/Scénic (ces actuelles Traverses à Profil Fermé proviennent aujourd’hui de chez un fournisseur français).

A partir du moment où la direction de Renault Le Mans a fait le choix de prendre la main sur la fabrication de cette pièce en interne, oui il faut concevoir et développer le process de fabrication. En soi, c’est du ressort de la marche normale de l’entreprise, et si chaque fois qu’une nouvelle fabrication arrivait dans l’entreprise il fallait que l’entreprise prétexte un programme de Recherche et de Développement pour obtenir des subventionnements publics, les collectivités se transformeraient alors en service achat pour Renault.

2.  La CGT s’est positionnée contre l’octroi de cette aide. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Il faut je crois bien préciser que notre organisation syndicale s’est positionnée tout à fait favorablement pour le projet industriel mais contre son subventionnement public. Je le dis, parce qu’il est assez tentant pour certains de faire un raccourci pour déclarer que ceux qui se positionnent contre l’octroi de l’aide publique sont forcément contre le projet !

Si nous nous sommes positionnés contre cette aide des collectivités, c’est en premier lieu parce que RENAULT est une entreprise privée en bonne santé financière. De ce point de vue, il apparait complètement indécent d’avaliser l’octroi de fonds publics alors que l’entreprise a largement les moyens de financer son projet.

D’autre part, la direction de Renault Le Mans a annoncé dans le paquet « cadeau » de ce projet, l’embauche de 45 personnes entre 2012 et 2014. Ce chiffre est d’abord minime pour une entreprise comme la nôtre qui voit partir chaque année plusieurs dizaines de salariés en départ dits naturels (Démission/Décès/Départ en retraite).

Mais aussi parce que depuis le financement public à hauteur de 2 millions d’euros pour le nouveau chantier de fonderie de l’usine en 2006, ce sont 400 emplois qui ont été perdus sur notre site.

Comment alors ne pas être plus vigilants pour aider publiquement une entreprise qui déjà par le passé n’a pas tenu ses promesses en termes d’emplois ?

Voilà pourquoi nous continuons d'affirmer que les aides publiques accordées aux entreprises mériten un vrai débat public sur le fond, et si tant qu'elles étaient justifiées, quels sont les engagements pris de part et d'autre ? Sous quelle(s) forme(s) ? Quels moyens publics permettent effectivement d'en assurer un suivi rigoureux avec remboursement si les engagements ne sont pas tenus ?

Pour terminer sur cette question, puisque dans l'actuelle période, il est demandé à tous les niveaux des territoires de faire des efforts pour la réduction des dépenses publiques (santé, éducation, services publics..), ce financement public est pour nous syndicalistes d'autant plus contestable. En somme, pendant que les uns doivent se resteindre sur des besoins vitaux inhérents à la cohésion sociale, de l'argent public est mis sur la table pour que des entreprises privées comme RENAULT puissent avoir des projets rentables. Est-ce la finalité des ressources issues des contribuables ???

3. Comment ACI-Renault aurait-elle pu financer son programme de recherche ?

Premièrement, il faut rappeler que le groupe Renault possède une trésorerie disponible de plusieurs milliards d’euros.

Ensuite, comme cela nous a été déclaré par la direction de l’usine du Mans, ce n’est pas tant le projet et son programme de recherche qu’elle a cherché à financer, mais sa rentabilité ! De fait, pas de risque à prendre le projet est sûr d’être déjà rentable !

En définitive, ces dernières années l’entreprise Renault a su montrer un certain nombre de profits. À quoi servent alors les profits réalisés ? N’ont-ils pas vocation pour une part à moderniser l’outil de production et soutenir les projets de l’entreprise ? Résolument, la CGT RENAULT estime que l’entreprise a ici les moyens de financer ses programmes de recherche. 

 

mercredi 10 octobre 2012

Questions à .... Samuel Depoix, Secrétaire général de la CGT Cheminots 72

Le blog des élus Progressistes - Parti de Gauche lance sa nouvelle rubrique intitulée "Questions à ..."

Dans cette rubrique, il s'agit de poser des questions à des acteurs (politiques, syndicaux, universitaires,...) qui permettent d'apporter un éclairage sur des dossiers liés au territoire de notre agglomération, et ce en raison de leur profession et de leurs responsabilités.

 

 

 

Et nous inaugurons cette rubrique avec Samuel Depoix, Secrétaire général de la CGT Cheminot 72.

 

 

 

 

1. Nous avons appris que l'électrification des Ateliers SNCF du Mans était remise en cause malgré un accord entre les collectivités territoriales et la SNCF. Pouvez-vous nous dire quelles sont les raisons ?

La SNCF argumente cette décision par un retour sur investissement insuffisant. Ainsi, elle abandonne l'idée d'une maintenance légère des TER sur le site du Mans, sans tenir compte de l'éventualité de nouvelles circulations périurbaines.

2. Comment envisagez-vous la suite du dossier ?

La CGT considère qu'avec son étoile ferroviaire à 5 branches, Le Mans doit pouvoir jouer un rôle dans le domaine de la maintenance des TER. Aujourd'hui, nous savons que les sites de Nantes, de Rennes et Saint-Pierre-des-Corps ont du mal à assurer les charges de travail. Cette situation risque même de se dégrader avec l'accroissement des trafics.

J'ajouterai que nous attendons les conclusions de l'étude socio-économique menée par la Région, sur le développement du périurbain et des dessertes de TER, pour mener une démarche syndicale constructive. Dans l'optique de l'augmentation de trafics liés au contournement du Mans par la LGV et au fait que des sillons seront libérés. Nous sommes convaincus que la maintenance doit être réalisée sur le site du Mans.

Enfin, la CGT continuera de porter ses revendications, et lors du prochain Comité de pilotage du 30 octobre prochain, nous allons insister pour que les engagements de la SNCF vis-à-vis des élus politiques soient respectés.

 

 

3. Ceci s'ajoute à l'état des voies de la gare de triage du Mans où les cheminots rencontrent des difficultés supplémentaires pour exercer leur métier. Quelles sont-elles ? Quels moyens supplémentaires revendiquez-vous auprès de votre Direction ?

Les cheminots rencontrent des difficultés pour acheminer les trains en gare, à cause de la vétusté des installations qui entraine des restrictions de circulations et de manoeuvres.

Cet été, 7 voies du relais sur 29 ont été fermées partiellement ou totalement à la circulation, notamment parce qu'elles ne répondaient plus aux normes de sécurité. A cela, il faut ajouter 3 voies sur 6 du garage TER qui étaient interdites.

Nous demandons donc des moyens humains, car l'entreprise a considérablement réorganisé les Chantiers de l'Equipement par des suppressions de postes qui ont mécaniquement augmenté les délais d'interventions. De plus, si la SNCF met en place des travaux de grande ampleur sur tout le territoire, elle doit aussi investir dans l'entretien courant. Il faut donc aussi des investissements.

4. Enfin dernière question, que pensez-vous du projet de port-sec sur le site du triage du Mans ?

Nous ne disposons pas d'éléments nous permettant de donner un avis sur ce sujet. Pour notre part, la CGT revendique la rénovation et l'électrification de la ligne Caen-Le Mans-Tours, la remise en état du triage du Mans, le retour du Fret SNCF à travers le wagon isolé pour desservir les PME sarthoises à commencer par celles où des embranchements sont existants et enfin, une meilleure complémentarité des modes de transports FER-route pour éviter des aberrations environnementales comme celle des carrières de Voutré, sur notre département.

Entretien avec Samuel Depoix du mercredi 10 octobre 2012