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jeudi 22 novembre 2012

Droits de l'Homme

Journée internationale des droits de l'enfant

Et de cinq! C'était le cinquième arbre que nous plantions, ce mardi 20 novembre, pour célébrer la Journée Internationale des Droits de l'Enfant. L'initiative revient à la Jeune Chambre Economique de la Sarthe qui m'avait sollicité en 2007. Depuis, un nouvel arbre par an est planté,par une école des Sablons, qui va illustrer pour les générations futures un droit sur le parcours pédestre de l'Arche de la Nature:la santé et le droit à être soigner était à l'honneur. Et c'est un jeune chêne des marais qui en témoignera pendant longtemps. Cette année, j'étais accompagné de mon collègue Claude Jean, l'occasion de rendre visite aux quatre premiers arbres et de lire avec les élèves de Gérard Philippe les droits associés et d'en discuter ensemble quelques minutes. Encore cinq années et nous aurons fini notre allée des Droits de l'Enfant. J'espère que le Maire de l'époque viendra le planter lui même et en profitera pour baptiser cette promenade ainsi.
Rencontre avec un militant sahraoui, torturé



                  Mustapha Abdeddaim au côté du rapporteur des Nations Unies, Juan E. Mendez

Moment poignant et témoignage insoutenable lors de cette rencontre avec Mustapha Abdeddaim, un intellectuel sahraoui, libéré de prison le 27 octobre 2011 après 3 années de détention au Maroc et victime de tortures. Le témoignage que j'ai entendu de cet homme, à la voix si faible lorsqu'elle commence à évoquer ces douleurs, a été présenté très récemment au rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture. Un récit qui m'a marqué au fer rouge, pour toujours, un récit nécessaire, mais un récit que je ne voudrais plus entendre de la voix d'un homme.
Mustapha était au Mans, avec la soeur d'un jeune militant mort sous la répression marocaine, à l'invitation de l'Association sarthoise de soutien à la RASD, pour présenter un film, "Le problème", d'un cinéaste espagnol. Le film relate cinq années d'enquête dans le plus grand secret pour témoigner d'un monde, le sahara occidental, ancienne colonie espagnole sous la domination du royaume chérifien, où règne le silence, la peur et l'impunité. Le documentaire a reçu plusieurs prix, dont le prix Amnesty International du Festival de San Sebastian.
Je garderai pour moi les tortures subies par Mustapha, mais j'ai besoin d'évoquer cette pancarte qu'il a du porter comme tous les détenus sahraouis: "Fils maudit du royaume". Elle témoigne bien que la liberté d'un individu et celle d'un peuple sont indissociables et relève du même combat.
Je suis assez fier dans cet instant du choix qui a été fait par R. Jarry, et renouvelé par l'actuelle majorité, d'engager Le Mans aux côté de ce peuple du désert.

mercredi 11 juillet 2012

30 ans de jumelage Le Mans Haouza et de réception des enfants Sahraouis

Comme chaque année depuis 30 ans de jumelage Le Mans - Haouza opéré à l'initiative de Robert Jarry, des bambins de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) ont été reçus en Mairie. Maryse BERGER, Yves VOISIN et Anatole COMPAORE étaient présents pour le groupe des élus du Parti de Gauche.

En 30 ans, pas moins de 400 enfants ont été accueilli dans les familles mancelles, bénévoles, pour passer un doux moment de vacance, loin des troubles du conflit territorial armé opposant la RASD au Maroc. Faut-il encore le rappeler, aucun enfant ne doit être l'otage ni la victime d'un conflit colonial et militaire !

Par la réception des enfants d'Haouza, notre ville continue ainsi à assumer sa solidarité envers le peuple Sahraoui tout en continuant à soutenir le fait que la résolution 1754 de l'ONU, qui donne droit à l'autodétermination du peuple Sahraoui ainsi qu'à l'indépendance de la RASD, soit enfin exécutée et appliquée.

Pourtant, le Maroc se soustrait à la primauté du droit international en ignorant cette résolution, poursuit ses pressions diplomatiques et militaires sur la RASD qui plongeant les Sahraouis en situation d'exil et de grave crise sanitaire et humanitaire.

Durant son mandat, Nicolas Sarkozy n'a fait aucun geste sur la scène internationale pour encourager la Maroc à appliquer cette résolution. Espérons que ce ne sera pas le cas avec François Hollande...

 

 

 

mercredi 7 septembre 2011

Retour sur les murs

Cet été, la presse a commémoré les 50 ans de la construction du Mur de Berlin. Très bien, ce fut une horreur et en être débarrassé est un bonheur, mais rien, aucune ligne sur les murs qui continuent d’exister ici et là.



Rien sur le mur que le gouvernement israélien construit ! Aucune allusion à celui qui partage Chypre, sa capitale Nicosie et des familles en deux !
On aurait pu penser que la situation de crise économique et sociale que traversent les deux pays aurait attiré la sagacité de la presse sur la nature de la dette publique de la Grèce ou sur les causes de la crise sociale en Israël.

Non ! Rien sur le poids des dépenses militaires grecques, rien sur les dépenses militaires d’Israël pour sa défense et la priorité donnée à la colonisation.




Il a fallu chercher dans la presse qui fouille pour trouver quelques allusions et attendre le mouvement social israélien pour que le lien soit fait entre le démantèlement de l’Etat Providence et la politique de la colonisation qui se déploie à l’abri d’un mur.

jeudi 30 juin 2011

Enfin libres!

Bonheur et soulagement d'apprendre la libération d'Hervé et Stéphane. C'est Clémentine Autain qui me l'apprend mercredi avant le meeting où elle va prendre la parole. Un frisson de joie me parcourt, rien, non rien n'est plus important!

Ils ne l'ont pas souhaité, ni recherché, mais ils viennent à ce moment et à juste titre de rentrer dans le Panthéon du journalisme. On va retenir leurs noms, à leur corps défendant c'est sûr. Ils connaissaient les dangers de la quête d'informations, n'en déplaisent à Mr Guéant. Ils savaient aussi que leur acte,courageux, était la condition pour que nous connaissions la réalité d'un monde en convulsion. Informer, c'est permettre à ses semblables de devenir des citoyens. Cacher, taire, c'est rabaisser les hommes et les femmes au rang de sujets. C'est ce qu'attendent les terroristes de tout poil. Tous deux, ont d'ailleurs assuré qu'ils éprouvaient "plus que jamais" l'envie de faire leur métier et que les journalistes se devaient d'aller en Irak ou en Afghanistan, zones de conflits à risque.

Nous avons été fiers de manifester à chaque fois que nécessaire, à l'Hôtel de Ville, notre solidarité avec Hervé et Stéphane. Car la liberté d'informer doit être défendue comme l'air que nous respirons. Et c'est avec une immense joie que nous avons fait tomber le calicot installé depuis leur captivité sur la façade de la Mairie.


vendredi 10 juin 2011

Pour une altermondialiste à la tête du FMI.

Je soutiens la proposition d'ATTAC de présenter une altermondialiste à la tête du FMI. S'il s'agit vraiment que la France soit représentée à la direction d'une institution mondiale, alors banco. Mais la nationalité ne fait pas tout. Quel contenu politique donner à cette institution : tel est l'enjeu du débat. 

Le FMI a toujours eu la réputation de "venir en aide" aux pays en difficulté à la condition qu'ils appliquent les recettes les plus libérales à leur politique économique. C'est-à-dire la baisse des dépenses publiques mais le maintien des remboursements aux investisseurs. Je traduis : la casse du service public, de la protection sociale et des systèmes de retraites contre le fait de pouvoir continuer d'engraisser les plus riches. Cela a-t-il changé avec Dominique Strauss-Kahn ? Il suffit de voir les préconisations qui sont faites pour la Grèce, le Portugal, l'Irlande ou l'Espagne pour s'apercevoir que non. Alors ne parlons plus de "prestige" de la France pour occuper cette fonction : il est très largement écorné auprès des peuples du monde qui sont assommés par le FMI dirigé par un français.

ATTAC propose sa co-présidente Aurélie Trouvé, économiste. Elle ne cherche pas le prestige de la fonction. Elle pense qu'un Fond Monétaire International qui pourrait aider les pays dans leur développement est une bonne idée. C'est l'orientation économique qu'il faut changer. Si les contreparties c'est d'augmenter les impôts des plus riches, d'assurer que l'argent fourni aille bien éduquer et soigner les populations locales, ce serait un réel investissement sur le développement du pays en question.

Je vous appelle à aller soutenir la première candidature altermondialiste au FMI en signant cet appel : http://www.france.attac.org/soutenez-la-premiere-candidature-altermondialiste-la-tete-fmi.

Chantal Hersemeule.

 

samedi 28 mai 2011

Révolution citoyenne en Espagne : chrono du samedi soir

21 H 13. Du côté du Parlement populaire



Il est 20 H, le parlement populaire est réuni, comme tous les jours, autour de la fontaine. Les participants sont toujours aussi attentifs. Les témoignages, toujours aussi émouvants.
Certain-e-s sont là pour la première fois. C'est leur indignation face aux violences policières de Barcelone qui les a poussé à sauter le pas et à venir. Ils ne veulent plus partir.
Voici quelques uns des témoignages, cris de rage ou d'enthousiasme, entendus ce soir au parlement populaire de la Puerta del Sol.
"Nous sommes les rayons du Soleil (Sol) et nous allons illuminer les consciences", "On ne peut plus supporter le fossé toujours plus grands entre les riches et les pauvres! On ne veut pas du chemin qu'ils ont nous ont tracé pour nous ! On sait ce qu'on veut ! On veut une répartition juste des richesses!"  (Cri d'un jeune homme)
"On peut avoir soixante ans et ne pas être pas être majeur, on n'est pas majeur tant qu'on n'a pas compris qu'on pouvait changer la réalité" (déclaration d'une lycéenne)
"Notre principal problème ce sont les inégalités. Les pauvres ne peuvent plus rester pauvres. Les riches ne doivent plus piétiner les autres pour rester riches" (cri d'un trentenaire)
"Nous sommes très dangereux pour le pouvoir. Nous devons nous organiser pour être fort quand les puissants tenteront de nous détruire" (explication d'un vieux monsieur)


Ou encore, cet adolescent qui prend la parole en tremblant. Il se revendique de la Révolution française et veut citer Victor Hugo : "Rien n’a plus de force qu’une idée dont l’heure est venue"
Ou aussi ce lycéen prend le micro: "Venez parler s'il vous plaît ! Même si vous avez peur! Je viens vous écouter tous les jours et franchement c'est magnifique tout ce qu'on se dit ici!"
Ou ce père de famille qui est venu citer sa mère: "Mon fils, les riches sont riches parce qu'ils mangent notre pain, jamais le leur".


Et cette jeune femme qui campe sur le camp depuis une semaine vient témoigner : "vous avez toutes et tous une banque ? Moi aussi, j'avais une banque. Ils m'ont dit que je pouvais utiliser ma carte de crédit sans problème, sans payer de commissions. Cette banque m'a ruinée. Je suis indignée. Je ne veux plus entendre parler de ces banquiers !"
Il va être l'heure de l'assemblée générale. On hésite à rester. Ici les témoignages et les cris de rage et d'enthousiasme continuent. Magnifiques de sincérité dans un respect sans pareil. Juste magnifique!


Nouveau succès pour le mouvement!

Une fois encore la place est comble! Nous sommes aussi nombreux qu'hier! Plus nombreux peut-être!
Les intervenant-e-s sont très impressionné-e-s. Certains le sont tellement qu'ils n'arrivent même pas à parler!

Une jeune femme, Xema, est invitée par l'assemblée à venir parler. Elle vient tout juste d'arriver de Barcelone. Elle tremble. Elle n'avait pas prévu de parler devant 10000 personnes! Elle raconte la résistance pacifique et les coups de policiers, la peur et les blessures des résistant-e-s. "Il y avait beaucoup de sang, des gens avec des blessures craniennes, des tonnes de coups". Elle est émue aux larmes et très marquée par ces violences. Elle finit en disant "Leurs coups ne nous diviseront pas, ils nous unissent. Et je suis très heureuse de voir que nous sommes plus unis que jamais."
Une jeune barcelonnaise demande la parole pour témoigner elle aussi: "Je voulais vous dire que les copains et les copines ont été impressionnants. Ils ont tout reconstruits en une après-midi!" Elle termine en nous disant  en "Vous savez, à Barcelone on commence à dire partout est comme l'eau. Rien ne peut arrêter l'eau quand le courant est fort!"

La première commission à prendre la parole ce soir, c'est la commission extension
C'est Oscar qui prend la parole. Il salue la foule en disant "Il faut que je vous dise, la Bastille est presque prise! Demain les copains de Paris font une grosse manifestation. On est en contact permanent avec eux!" Applaudissements!

Moment étrange. Il y a une coupure d'électricité. Les intervenants doivent parler dans un mégaphone. Pour que tout le monde puisse entendre, la foule répète chaque phrase des discours. C'est très impressionnant.

C'est un très jeune homme qui prend la parole: "Nous espérons que ce mouvement marquera un tournant dans la vie démocratique de notre pays (...) Mai a vu naître beaucoup de révolution. Qu'il en soit ainsi ce mois de Mai-ci!"

La commission propositions nous informe. Au quatre coins du camp, des urnes sont disposées. Elles permettent à celles et ceux qui n'osent pas prendre la parole ou qui sont de passage de faire leurs propositions. Toutes les propositions déposées seront publiées en tant que telles sur la page web (madrid.tomalaplaza.net)

Arrive un représentant de la commission d'extension aux quartiers. Elle nous annonce une bonne, une excellente nouvelle: "La convocation des assemblées de quartier a dépassé toutes nos expectatives! plus de la moitié des assemblées de quartier, il y avait plus de 1000 personnes!" Lavapiés n'était pas une exception!


Le groupe de travail éducation, université et culture arrivent avec des propositions acceptée par tout le groupe de travail
-"nous voulons une éducation publique, gratuite et laïque à tous les niveaux" (approbation de l'assemblée)
A noter: la laïcité et l'abolition du concordat ont suscité beaucoup d'applaudissements!
-augmentation de l'investissement dans l'éducation publique et la culture (notamment en vue de l'éradication de la précarité des employés des écoles et de la culture)
-éducation intégrale et inclusive
-démocratisation par une représentation proportionnelle au sein des structures universitaires et culturelles

Malheureusement une très très petite minorité s'est exprimer contre ces proposition. Il a été impossible d'arriver au consensus... Au désespoir de la majorité, les travaux sur ces points devront reprendre au sein du groupe de travail.
Le consensus c'est franchement pas facile...

Il est tard. Les débats reprendront demain.
Je les suivrai à distance: demain, à Paris, on prend la Bastille!

Révolution citoyenne en Espagne : chrono du samedi matin

14 H 58. Assemblée de quartier : plus de 1000 personnes à Lavapiés

 

A 12H20, après une réunion de travail à la commission extension, Leila et moi arrivons à l'assemblée de quartier de Lavapiés qui est un quartier populaire du centre de Madrid, à 10 minutes un quart d'heure de Sol.
Ici, on n'attendait pas autant de monde. On avait prévu plusieurs dizaines de chaises et un cercle restreint pour que les gens s'asseyent par terre. Il a fallu élargir le cercle de plusieurs dizaines de mètres. Derrières les chaises, il y a bien 400 personnes debout. Nous sommes plus de 1000 sur la place!

La modératrice explique le fonctionnement des assemblées (les tours de paroles, les approbations, rejets par signes, les normes de respect, la technique du consensus, etc.). Deux jeunes femmes se proposent pour prendre les tours de paroles. Ici aussi, tout est traduit en langage des signes en simultané. Incroyable d'organisation !
La modératrice nous annonce aussi qu'un site web a été créé : lavapies.tomalosbarrios.net .
Elle demande que des volontaires se proposent à la fin de l'assemblée pour assurer le suivi de la page web.

L'assemblée commence ses travaux.


On parle de la décentralisation du campement de Sol. On ne sait pas encore si le campement de Sol va se transformer à partir demain ou à plus long terme. L'idée, de toute façon, est que les assemblées de quartiers doivent prendre tout leur poids et être alimentées en matériel depuis Sol. Le campement de Sol devrait se transformer à long terme en point d'information. Il se maintiendrait de façon symbolique et resterait ainsi le cœur du mouvement à Madrid. "Que no, que no nos vamos!"

Un vieux monsieur prend la parole. "Le campement de Sol doit demeurer tel qu'il est. On y vit en dehors du capitalisme, on y a abolit la mercantilisation, l'argent, la concurrence. C'est un exemple pour tous. C'est un fait pas une idée. Maintenons-le comme campement". Une jeune fille est plutôt favorable à la proposition de faire un point d'information. Mais elle précise: "si on démonte le campement pour aider les assemblées de quartier, il faut que ce soit une grosse fête qui galvanise les assemblées de quartier pour la suite des événements!"
Une chose est sûre en tous cas : à Puerta del Sol, on reçoit plus de matériel que nécessaire. De l'avis de toutes et de tous, ici comme à Puerta del Sol, ce matériel doit aller d'urgence aux assemblées de quartier.


L'assemblée de Lavapiés se fixe un premier objectif : "Plus personne à Lavapiés ne doit avoir faim. Organisons-nous comme à Sol pour que tout le monde ici puisse manger à sa faim". A Sol, tout est gratuit, les boissons sont à dispositions 24H/24, on organise les repas à heures fixes, et même si c'est souvent frugal, on ne meurt pas de faim.

Une femme d'un certain âge prend la parole "Ceci n'est que le début d'un processus ! L'esprit de Sol doit se répandre dans tous les quartiers !". Un monsieur d'un certain âge aussi prend le micro et s'exclame "Nous pouvons plus qu'eux, quoiqu'en disent les médias ! Nous pouvons même beaucoup plus que ce qu'on imagine !"
Reste à trouver le lieu où réunir l'assemblée et la périodicité des réunions. On discute : une fois par semaine? deux fois par semaine (une le soir en semaine, une le week-end en journée) ? une fois par mois? tous les jours? Ça se décidera la semaine prochaine mais on se dirige vers une à deux réunions de l'assemblée par semaine.
Mais où? Sur une place? Dans un parc? Le parc du Casino de la Reina est choisi pour la samedi prochain. Toutes les places sont occupées par des événements culturels.
Mais à quelle heure? 12H? "Mais le soleil tape!" 19H? "C'est mieux!" Problème: il ne faut pas que les assemblées se télescopent avec l'assemblée générale de Madrid. Rendez-vous est donc de 12 H à 14 H samedi prochain.

L'assemblée se termine en réaffirmant son soutien au maintien de Sol. Sous un forme qui réponde au moins aux minima suivants:
-assurer un roulement des indignés de Sol pour celles et ceux qui ont déjà beaucoup donné et sont fatigué-e-s
-irrigation en matériel et en membres des assemblées de quartier et respect de leur autonomie

On se quitte en criant "Que no, que no, que no nos representan" (Non, non, vous ne nous représentez pas).

La révolution citoyenne prend les quartiers !

 

11 H 43. La révolution sera pacifique ou ne sera pas

http://www.youtube.com/watch?v=sux7oX3cgrY&feature=player_embedded#at=28

 

00 H 36. Une assemblée générale sous le signe de la ferveur

 

Le modérateur du jour donne le signal du début des travaux de l'assemblée en lançant un "Fuerza Cataluña !". Les 10 000 (ou plus) présent-e-s applaudissent à tout rompre. On dirait que même les murs applaudissent !
Puis une annonce: la police a promis qu'il n'y aurait aucune intervention demain pendant les assemblées de quartier "à condition qu'il n'y ait pas de troubles à l'ordre public".

Les propositions d'axes programmatiques des groupes de travail sont saluées. Certaines plus que d'autres. C'est notamment le cas des propositions suivantes:
-fonds publics uniquement pour l'éducation publique
-des contrats et des bourses pour éradiquer la précarité des employés de l'éducation publique et des étudiants
-la réquisition des logements vides
-l'abolition du système bancaire actuel
-l'adoption du slogan "Nous connaissons le chemin du retour à Sol"
-l'abrogation de la loi d'immigration (tout le monde crie "aucune personne n'est illégale!")
-l'asile pour les victimes de traite sexuelle
-le combat contre l'homophobie, la lesbophobie, biphobie et la transphobie et l'interdiction du financement public des institutions du promeuvent ce genre de comportements
-la suppression de la transexualité de la liste des maladies
-la souveraineté au peuple pas au roi
-un référendum sur la loi sur les retraites et les réformes du travail
-un moratoire immédiat sur les expulsions de logement
-l'augmentation de la progressivité de l'impôt en vue d'augmenter les recettes de l'Etat
-la transparence et le contrôle démocratique des banques publiques et privées

Les débats ont été interrompus un instant. On nous annonce qu'un des indignés blessés de ce matin par les CRS est entre la vie et la mort. Les balles à blanc de la police lui ont perforé les poumons. On fait une minute de silence. Le modérateur crie un dolemnel "Viva" rempli d'émotion. "Viva" repris par l'assemblée tout entière avait la même émotion et la même solennité.


Une demi-heure plus tard, une information arrive: les copains et copines remercient Madrid pour son soutien !
Malheureusement, comme pour Paris avant hier, la tentative de communication en direct via skype a échouée. On espère que ça marchera vite ! Un jeune homme demande la parole. "A Barcelone, il n'y a pas eu d'expulsion mais une tentative d'expulsion. Le peuple a vaincu face aux charges des forces de police. Respect pour la résistance de Barcelone !"
Autre moment d'émotion, un jeune homme arrive avec une pancarte "Segur que tomba tomba tomba". Ce sont les paroles de l'Estaca de LLuís LLach, un chant de lutte contre le franquisme devenu un symbole de lutte contre l'oppression et pour la liberté. En ce jour où Barcelone a du lutter contre la répression violente de la police, le symbole est fort. L'assemblée applaudit.

Les travaux reprennent. Un représentant de la commission légale propose un communiqué revenant sur les charges policières de Barcelone. Une phrase de ce communiqué m'a rappelé la révolution citoyenne équatorienne: "Les citoyens et les citoyennes de ce pays ont désormais pris conscience qu'ils étaient capables d'analyser la situation et de participer à la vie politique sans nécessité d'intermédiaires"

Arrive minuit. On respecte la minute de silence. Les douze coups de minuit résonne sur la place silencieuse. Puis tout le monde applaudi. Une place de 10 000 personnes s'exclame d'une seule voix: "el pueblo unido jamás será vencido!" sur une musique conquérante. Cette nuit, la minute de silence était dédiée aux détenus mais aussi aux victimes de la répression policière á Barcelone. Plus impressionnant encore que les autres soirs. L'émotion et la ferveur sont à leur comble. "No tenemos miedo!" crie l'assemblée.

Il est minuit passé. Nous sommes toujours aussi nombreux sur la place. On a réussi à établir la connection skype avec la plaça de Catalunya. Le son ne marche pas mais on se voit !  "Mettez-nous des sous-titres" crie l'un d'entre nous ! On aura au moins pu se saluer ! Et se voir les un-e-s les autres comme ça, pouvoir se sentir uni-e-s à ce point, c'est déjà beaucoup !

vendredi 27 mai 2011

Campement à Barcelone : les CRS espagnols chargent !!

Ici, à la commission extension, on est en contact permanent avec le campement de Barcelone. Depuis 7H du matin, les copains résistent pacifiquement face aux CRS espagnols ("antidisturbios"). Ils restent assis et se tiennent par les bras. Les CRS chargent violemment, démontent les tentes, virent les affaires... On compte déjà 60 blessés!



Une consigne à faire passer à tout le monde : Attention! Ce soir, à 19H, merci de faire un rassemblement de soutien au campement de Barcelone ! Apportez des fleurs et/ou des casseroles et faites du bruit!
Un mot d'ordre: "Nous sommes tous Barcelone !" ("Todos somos Barcelona!")

Contrôle sanitaire et expulsion à Barcelone

Ce matin, ça sent l'eau de javel sur le campement. Partout les copains s'activent armés de balais et de sceaux d'eau. Avec Leila on hallucine ! C'est déjà propre et organisé d'habitude mais là..."On ne dirait plus un campement!" s'exclame Leila.
On comprend assez vite ce qui se passe. Ce matin, on passe un contrôle sanitaire.
"Attention, attention ! Grande nouvelle ! On vous annonce qu'on a passé le contrôle sanitaire avec succès! No nos vamoooos!" nous annonce-t-on au micro. Les applaudissements et les cris de joie retentissent dans tout le campement. On félicite les copains qui ont bossé comme des fous et on commence à chanter. « Oéé Oéé Oééé Oééé Oéé Oéé....ils l'appellent démocratie mais ce n'en est pas une! Oéé Oéé Oééé Oééé Oéé Oéé c'est une dictature voilà ce que c'est!"...et tant pis pour celles
et ceux qui dorment encore!". 


A Barcelone, les copains du campement de la Plaça de Catalunya n'ont pas eu cette chance. A cette heure, sous prétexte que la police bloque plus de 1000 personnes dans un coin de la place, les copains peuvent sortir mais ne pas rentrer. Ça accoure d'un peu partout pour appuyer le campement. On nous rapporte des violences policières. La police a reçu des ordres clairs : samedi soir, il y a match de foot (Barca en finale de la Ligue des Champions). Il ne doit plus y avoir personne sur la place. Un seul mot pour décrire tout ça : INDIGNANT!

Révolution citoyenne en Espagne : chrono du vendredi soir

21 H 53. "No tenemos casa, nos quedamos en la plaza!"

La place ne désemplit pas pas. Les mots d'ordre sont aussi nombreux que les problèmes de la population.
A plusieurs reprises, on assiste à la scène suivante:
Tout le monde crie le poing ou les mains levées : "No tenemos casa, nos quedamos en la plaza!"(On n'a pas de maison, on reste sur la place)
Puis tout le monde lève ses clés et les secoue dans un immense silence.
Enfin, tout le monde pousse un grand cri : "Estas son las llaves de la casa de mis padres" ("ces clés sont celles de la maison de mes parents").


Ici, les jeunes, et même parfois les moins jeunes, n'ont  pas les moyens de se payer un logement et doivent aller vivre chez leurs parents.
L'assemblée, plus nombreuse que jamais, vient de s'asseoir. Toutes et tous ses membres croient "Cette assemblée, au moins, elle me représente" et "on est sur la place et on n'en partira pas!"

21 H 21. Ici on est 10 000 à crier : "On s'est réveillés, les choses ont changé!"

En honneur aux victimes de la répression policière à Barcelone, on respecte une minute de silence. Bruissement de mains. Ici, on est 10 000 et tout le monde appelle les gens à s'unir au mouvement! "Demain 12 H dans ton quartier!", "Rendez-vous demain dans les assemblées!"
A vouloir déloger le campement de Barcelone, ils ont réussi à renforcer plus que jamais la révolution espagnole!
Et on crie:
"Et après vous direz, qu'on est huit ou neuf !"
"Votre crise on ne la paiera pas !"
"Barcelona tu n'es pas seule !"
"Éteints ta télé et viens à Sol !"
"Non, non, on n'a pas peur !"
"El pueblo unido jamás será vencido"
"On s'est réveillés, les choses ont changé"


C'est le plus long et le plus intense des rassemblements que j'ai vécus vie! On n'arrive plus à partir! On a tous juste envie de crier ensemble!
Et on chante:  "Lo llaman democracia y no lo es (NO LO ES!), lo llaman democracia y no lo es(NO LO ES!)! Oéé Oéé Oééé, Oééé Oéé Oéé, lo llaman democracia y no lo es!  Es una dictatura eso es (ESO ES!), es una dictatura eso es (ESO ES!), Oéé Oéé Oéé, Oééé Oéé Oéé es un a dictatura eso es!"
Et après on dira que la révolution citoyenne n'est pas en marche !

20 H 56. Il parait que le mouvement faiblit !

Les médias nous mentent! Voyez plutôt!!

19 H 16. Après-midi sur le camp de la Puerta del Sol

Devinez quoi ! La police tourne beaucoup moins autour du camp aujourd'hui !
C'est samedi après-midi, les madrilènes se bousculent dans les couloirs du camp. Ils sont venus  discuter avec les indigné-e-s du camp. Ils se montrent très intéressés et posent beaucoup de questions. Les débats argumentés se multiplient à tous les stands de toutes les commissions et groupes de travail.
Avec les copains et les copines de la commission extension, on a décidé ce matin d'enregistrer des petits clips de soutien à la manifestation parisienne de demain. Cet après-midi, pendant que Leila poursuit ses interviews, Kike, Laura, Clara, Oskar et d'autres se sont plié-e-s à l'exercice. On a enregistré tout ça entre fous rires et envie de voir Paris se bouger comme il se doit ! Pour cette dernière journée ensemble, enregistrer des vidéos, c'est juste parfait ! Un moment de complicité de plus !
Penser que demain, je quitte tout ça, tous les copains, toute cette lutte, tout cet espoir, tout ça... ça me rend malade ! Mais je me dis que demain on va prendre la Bastille! Et que je reviendrai vite!

jeudi 26 mai 2011

On n'est pas nombreux.

Le camp a encore grandi. C'est étrange de vivre dans un environnement aussi changeant. Ce qui la veille était ton chemin-repère est devenu un cul de sac. Les frontières n'existent pas. Le campement déborde partout!


Surprise: un cinéma en plein air trône désormais au bout de la place, près de la calle del Arenal et de ses grands magasins! Ce soir, on diffuse un documentaire sur les luttes ouvrières en Espagne. Il y a beaucoup moins de monde que du côté du Parlement populaire. Et surtout, les badauds s'arrêtent et écoutent.


Je me fraye un chemin jusqu'au mégaphone pour dire aux copains d'annoncer qu'il y avait 650 personnes à Paris ce soir et que demain un campement se montera place du Capitole à Toulouse. "Viva","Vamos Francia!" crie-t-on dans le camp. "C'est génial!" Me glisse une jeune fille de 20 ans.
Minuit. Le camp se tait pour la minute de silence habituelle. Toujours aussi impressionnante. Puis les rires, les discussions, le film, les lectures et les chants reprennent. La nuit commence sur la Puerta del Sol.

AG de la Puerta del Sol mercredi matin.

11H. L'assemblée générale commence. L'eau, les parapluie et la crème solaire circulent comme toujours. Les copains et copines se relaient pour brûmiser l'assistance. "Buvez les copains s'il vous plaît! Vous allez choper une insolation si vous ne le faite pas" avertit la modératrice.


C'est la commission légale qui prend la parole la première. Le système mis en place est impressionnant: des avocats se relaient en permanence au stand de la commission. La police peut venir au stand si elle veut des interlocuteurs. "Des interlocuteurs, pas des représentants" précise un des avocats. Il répète: "En cas d'expulsion, restez calmes, asseyez-vous et prenez vos voisin-e-s par le bras". "Nous vous donnerons les noms des avocats de garde depuis le micro central. Si on vous arrête, donnez un de ces noms. Nous appellerons la centaine d'avocats qui soutiennent le mouvement et tous viendront avec un panneau 'avocat indigné'. Nous sommes avec vous, nous sommes avec cet espoir, ne  vous inquiétez pas!"
"Bravo!", "Gracias!". Les avocats sont applaudis à tout rompre. Il y a de quoi!



Comme à chaque début d'AG, les commissions et groupes de travail défilent au micro. Plusieurs propositions sont adoptées suite aux débats de la commission qui travaille sur les questions animales. L'AG décide d'accepter les propositions suivante: interdire les spectacles qui mettent en scène la souffrance des animaux (principalement visée: la tauromachie) , mises en place de menus végétariens dans les entreprises publiques, investissements dans la recherche pour les alternatives aux expérimentations animales.

Les tentatives de division sont sur toutes les lèvres. A l'extérieur mais aussi parfois de l'intérieur (le mouvement est ouvert à toutes et à tous), les tentatives de déstabilisation sont nombreuses. Mais la technique de consensus et de la transparence permet d'y faire face sans problème pour le moment. "Ne laissons personne nous diviser. On fait ça pour nos enfant, pour notre planète, pour le monde. Unid@s'podemos!" crie un intervenant.

Les travaux d'élaboration du Manifeste de la Puerta del Sol avancent peu à peu. L'AG de demain se décidera sur les points suivants qui remontent des quartiers et des autres villes d'Espagne:
-réforme de la loi électorale pour plus de participation citoyenne
-lutte contre corruption et transparence
-séparation des pouvoirs judiciaire et politique
-que les responsables de la crise en assument les conséquence

Moment fort sur la place: l'annonce du retour sur la place Bellecour des copains de Lyon, du retour aussi à Toulouse des copains après, là aussi, une tentative d'expulsion par la police, et l'annonce du nombre croissant d'indignés à la Bastille à Paris!

En Grèce, on annonce la création du mouvement du 25 Mai, sur l'exemple du mouvement espagnol, à Syntagma (place du Parlement à Athènes). C'est désormais confirmer. Ici, c'est l'euphorie!  Toute la fatigue de ces derniers jours s'est effacée d'un coup!

Une jeune fille arrive tout juste du campement de Cáceres: "Surtout ne cédez pas, restez là, vous être notre exemple et notre inspiration. Si vous cédez, tout tombera à l'eau. Fuerza! On compte sur vous!"
Un monsieur  débarque tout juste des Asturies: "Je viens recharger les batteries ici. Dans les coins plus petits c'est plus dur. Vous savez, j'ai 73 ans et c'est la première fois que je vois des assemblées dans la rue! On ne doit surtout pas arrêter ça! On va tout changer!"

Une action est en débat: dans les 650 villes d'Espagne et à l'international, à 20H, dimanche 29 Mai, on pourrait tous faire une minute de silence puis on lancera un cri à l'air. Ou une autre action brève en commun. Attention en France: n'oubliez pas l'heure et filmez!
On se penche sur une question plus technique. Il faut créer un logo du mouvement. L'idée est de dessiner le monde se transformant en soleil, le monde se transformant en la place de la Puerta del Sol. La commission des arts va s'y atteler.
C'est pas mal! Qu'en dites-vous?


Rappel: si vous voulez suivre la révolution espagnole en direct, allez sur tomalaplaza.net. On a du mal à tout mettre en ligne comme il faut (la police nous coupe le wifi etc) mais la commission communication fait tout son possible! Un grand bravo!


Du côté du Parlement populaire

Il est 17H30 et le soleil tape très dur. Certain-e-s font la sieste à l'ombre des tentes. Du côté du Parlement populaire, pas de pause. Les gens défilent les uns après les autres.  Ils ont de quinze à plus de 80 ans. Des femmes, des hommes, des espagnols, des immigrés (latino-américains surtout), des touristes...


Ils viennent crier leur rage: "Y'en a marre des banquiers voleurs!", "On veut un vrai démocratie maintenant, comme celle qu'on crée ici! On veut être écoutés!" "Ça c'est notre Révolution française et elle ne va pas s'arrêter!", "Elle est où la putain de presse? Dans ce parlement on s'exprime! Évidemment là où est la démocratie la presse est absente!"


Ils viennent expliquer leurs problèmes: "Je n'en peux plus de payer la banque!", " J'ai un job, j'ai de la chance mais je ne vais pas considérer qu'avoir un  job qui me permet juste de faire manger est un privilège","on nous éduque depuis toujours dans la peur et la compétitivité, mais personne ne change l'éducation. On nous enchaine à ça. Il faut que change"

Ils viennent donner leur point de vue sur le mouvement: "Il faut dire au gens de venir, de ne pas croire ce que dit la télé moi j'avais un peu peur de ce que j'allais trouver ici mais en fait c'est extraordinaire", "Ici on leur montre qu'on sait encore faire usage de notre liberté", "Je suis né en 1941, j'ai lutté contre le franquisme, je suis fier de vous! Adelante, siempre adelante!", Ici c'est plus qu'une révolte. On construit un vrai pouvoir populaire. Ici on a commencé la révolution!"


Et une jeune fille frêle est venue donner un témoignage qui est à lui seul tout un symbole: "Je viens de sortir de l'hôpital mais j'ai tout de suite venir à Sol pour me battre pour mon futur! Un truc pareil ça n'arrive qu'une fois dans une vie!"



Et il y en a encore qui croit qu'un mouvement pareil peut s'éteindre?
Qui croit encore pouvoir nous faire taire?


Paris-Madrid


Mercredi soir. Au stand de la commission communication, c'est l'ébullition. Depuis ce matin, on essaie d'organiser une connection par skype avec les assemblées de Grenade, Alicante, Séville, La Corogne, Tenerife, Bilbao, Santander, Salamanca, Jaén, Paris, Lyon et Toulouse. Des heures de boulot des deux côtés des Pyrénées, mais se voir et se transmettre l'énergie de la lutte en direct n'a pas de prix!

A 20H30, bonne nouvelle: Pablo et Juliette, qui font respectivement le lien avec Paris depuis Toulouse et Paris, ont trouvé un moyen de se connecter. A Lyon, c'est plus compliqué. Pas de wifi à Bellecour et sur place personne n'a d'iphone pour se connecter à Skype. Partie remise pour Lyon donc. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. 21H, heure supposée de la connection. L'électricité ne marche plus à communication. Kalambre, le camarade qui fait la connection ici, essaie de rester calme. Ça arrive souvent...

Tout le monde trépigne, Kalambre le premier. "Putain putain! On va avoir les copains de Paris en direct!" s'exclame-t-il. "Qu'est-ce que ça donne en France?" me demande Jau. Aux dernières nouvelles, il y a 200 personnes à Toulouse, 300 à Lyon et 650 à Paris! "Putain trop bien! En France vous savez y faire! Si ça monte comme ici, ensemble, on va casser la baraque! Mais brûlez pas de voitures, hein?!!!!"
Je crois que pour la première fois de ma vie je ne sens plus les contradictions franco-espagnole. Elles sont loin les brimades "espingouines". Aujourd'hui j'ai vu des touristes français célébrer les luttes espagnoles, j'ai entendu mes amis franco-espagnols me dire des larmes dans la voix que j'ai trop de chance d'être sur place, j'ai vu mes camarades du temps tout faire pour se connecter avec la France. On va la faire cette révolution ensemble!

Ca y est! Ça marche! "Venez les gens! On va parler avec Paris! " Ça s'attroupe! Alleeeez!  Et non...ça veut pas! Pétage de plombs! Kalambre veut y croire: "ça va marcher, si si je te dis ça va marcher!"... Au bout d'une heure et demie d'efforts, on a réussi à entendre Paris. Pas à les voir. Rendez-vous est pris avec Paris pour vendredi à 21H. Pour Lyon et Toulouse ce sera demain à 21H.



Entre fatigue, agacement, éclats de rire et nouvelles amitiés révolutionnaires, l'équipe des acharnés du skype vous salue!


mercredi 25 mai 2011

On s'organise chaque jour un peu mieux.

On s'organise chaque jour un peu mieux. Aujourd'hui,  au milieu de la place Pontejos (la place où se réuni l'assemblée depuis le samedi 21 Mai), on a scotché les règles de fonctionnement des assemblées et les consensus obtenus la veille. Mieux: on commence à l'heure. Une fois de plus, nous somme près de 400 à être venu travailler ensemble. Les visages sont fatigués. Je dois avouer que moi même je tombe de sommeil. Mais l'assemblée commence. Tout le monde met toute sa rage au service du travail en commun. "On n'est pas fatigués!"   


Ce matin, l'assemblée générale a décidé de rédiger un "Manifeste de la Puerta del Sol" avec les points qui font consensus entre toutes et tous. Un jeune journaliste précaire, très favorable à cette initiative, prend la parole. Il veut nous mettre en garde: "Attention! Maintenant que les élections sont passées, le PP et le PSOE, les médias, ils vont tous se concentrer sur ce qui peut nous diviser pour tuer le mouvement. Soyons très vigilants!"


Aujourd'hui on discute des espaces publics: les places, les parcs, les gymnases etc. "Ils sont à nous après tout" s'exclame un vieux monsieur. "On va les occuper pour tenir nos assemblées". "Les places publiques sont à nous! S'ils nous expulsent on reviendra" crie un autre. Une question se pose alors; "Et quand ont nous les vole, quand on les privatise?" . "On les occupera aussi! Ils ne nous exproprieront plus!"Les propositions n'iront pas beaucoup plus loin ce soir mais c'est déjà pas mal. Demain je modère. Au menu, sauf avis contraire: "changer de constitution?"


Des nouvelles nous arrivent de l'assemblée des assemblées de quartiers. Une page web a été créée pour suivre les débats des assemblées madrilènes: madrid.todoslosbarrios.net. A l'ordre du jour des assemblées de quartier de Madrid, il a été décidé qu'il y aurait toujours 1- les questions propres au quartier 2- les questions d'intérêt général à porter à l'assemblée générale de Puerta del Sol. La révolution citoyenne débarque dans les quartiers de Madrid!


A ceux qui vous disent que le mouvement s'essouffle

Le campement est un peu plus grand chaque jour. Les soutiens arrivent de partout. Les journalistes aussi. C'est vrai que tout le monde est fatigué et qu'une forme d'habitude s'est créée. Pas une routine mais l'habitude du campement, des contraintes, des débats. Mais rien d'anormal. Le mouvement a plusieurs jours. Il doit prouver qu'il peut s'inscrire dans la durée sans être divisé ou récupéré par qui que ce soit. Pas simple. Mais ici personne ne pense se laisser intimider par l'ampleur de la tâche.

Le campement grossit de jour en jour. Ce matin, c'est plus impressionnant que jamais. Il est 9H. Le bruit des marteaux résonne. Les nouveaux arrivant montent des "tentes" en dur sur la place. La physionomie évolue tellement que je n'arrive plus à retrouver le chemin de la commission extension dans laquelle je travaille! Il y a pourtant urgence: on vient de nous prévenir que des indignés ont prévenu une action sur la place Syntagma à Athènes. Il faut vérifier l'information. Je reviens d'Athènes. Les copains compte sur mon aide.

Une fois à mon poste, les copains m'assaillent de questions. "Alors? Comment ça c'est passé à Lyon hier soir?". Je peux leur répondre avec le sourire. Malgré les menaces, il y avait beaucoup de monde place Bellecour hier. La police n'a rien fait. Visiblement les vidéos de l'expulsion de lundi soir et le communiqué de la Puerta del Sol ont refroidi les ardeurs de la police. La nouvelle est accueilli avec joie. On décide d'appeler à Lyon et à Paris. C'est Antonio, un camarade de la commission qui appelle.  Au téléphone, l'émotion est palpable. "Merci pour tout ce que vous faites. Vous nous donnez beaucoup de force et mine de rien on en a besoin. Fuerza, hein?!!!"

La communication rapprochée s'organise. Ce soir, une réunion par skype est prévue à 21H avec toutes les villes espagnoles + Lyon + Paris! "C'est important qu'on se voie, qu'on se sentent réunis en même temps" explique Antonio, très ému. Il n'a pas dormi de la nuit. Il tient à peine debout. Mais il tient à faire le lien avec la France. "C'est super important que ça bouge en France!" s'exclame-t-il.

Un événement commence à prendre de l'importance: l'appel du 29 Mai. On essaie de se coordonner partout à l'international, à 12H. En France, la date a son importance: c'est l'anniversaire du non à la Constitution européenne. "Il faut qu'on s'en serve!" disent les copains ici. En Espagne, on n'a pas demandé son avis au peuple. Le non des français, pour beaucoup, les a représenté. Alors la France: adelante! Faites du 29 Mai la journée du "qu'ils dégagent tous!"

Assemblée générale de mardi matin

Il est 11H. L'Assemblée générale du jour commence avec une heure de retard. On attendait peu de monde ce matin. Erreur: une fois de plus, la place est comble!  "Désolés pour le retard", commence le modérateur. "On est crevé-e-s mais on peut tenir encore au moins 6 jours". "Pluuuus!", crie la foule, "jusqu'au bout!", "toujours!". "Le campement sera levé quand on ne sera plus indigné-e-s, pas avant!" s'exclame un représentant de la commission cuisine très applaudi.


Les employés des services de propreté de la ville de Madrid on fait parvenir un message au mouvement du 15 Mai. "Nous vous remercions pour tout ce que vous faites et pour votre collaboration pour maintenir la place propre. Nous nous sentons représentés par vous. Nous avons un travail mais nous sommes précaires. Nous n'avons pas le droit de venir prendre la parole dans vos assemblées générales parce que nous sommes en uniformes. Mais nous voulons vous dire: merci, merci, merci!"
Message reçu à grand renforts de cris et d'applaudissements par l'assemblée générale.


Les représentant-e-s des commissions défilent au micro.

----La commission féminisme, à qui on a suggéré de changer de nom et de devenir la "commission égalité" annonce son refus de cette proposition. "Et on répète, ceux et celles qui ne sont pas d'accord, qu'ils et elles viennent en débattre dans la commission"

----La commission "respect" fait un rappel à l'ordre en douceur: "respectez bien les heures de repos pour le voisinage, le voisinage doit pouvoir dormir sans problème". La révolution, c'est l'intérêt général avant tout. Dormir est nécessaire pour les révolutionnaires comme pour leurs voisins.

----La commission de coordination interne demande un applaudissement  pour les commerçant-e-s de la place. "Avant d'aller travailler, elles et ils nous amènent à manger etc. Nous devons tout faire pour qu'ils et elles puissent continuer à travailler tranquillement".
Les commerces demandent que les panneaux et affichent qui cachent leurs enseignes. Tout le monde n'est pas d'accord. La question est donc débattue.
-"Si on parlait de petits commerces, je dis pas, mais à Sol, il n'y a que de grandes enseignes. On n'a pas à avoir de scrupules à les cacher avec les cris des rues qui font le tour du monde."
-Un autre explique: "Les commerçants de la place sont propriétaires d'une franchise. On n'a pas à leur faire plus de mal qu'aux petits commerces".
-Une jeune femme précise: "on n'a pas à nous obliger à changer de stratégie". "En plus, on collabore, on ne cache pas tout! Qu'ils nous respectent aussi!" s'exclame un jeune homme.
-Un très vieux monsieur prend la parole: "Nous sommes un exemple pour toute l'Europe. Moi, pardonnez-moi, mais je continuerai à mettre des panneaux partout où je veux. Eux, ils ont le plus grands panneau du monde: ils ont la télévision!"
La décision de l'Assemblée générale est sans appel: si un panneau cache l'enseigne d'un petit commerce, il doit être retiré. Les autres, non!


----L'euphorie saisie la place quand la commission d'extension annonce: "Il y a à cette heure plus de 100 assemblées de quartiers dans Madrid!" L'Assemblée des assemblées de quartiers de samedi devrait être un grand moment. Le "20 Minutes" de Madrid s'est même proposé de publier l'annonce de la réunion de cette assemblée ainsi que la liste des assemblées de quartier!

----Un autre sujet a remué toute l'assistance: l'annonce, par la commission d'extension, de l'expulsion du campement de Lyon (300 personnes expulsées hier soir place Bellecour). L'Assemblée générale a salué par un tonnerre d'applaudissements la décision des camarades de Lyon de retourner place Bellecour ce soir. L'AG  s'est mise d'accord sur le communiqué de soutien suivant:
"Nous, depuis la Puerta del Sol, dénonçons l'expulsion du campement de Lyon par les forces de police qui a eu lieu cette nuit.
Nous voulons transmettre à nos amis et amies de Lyon tout notre soutien. Nous serons particulièrement attentives et attentifs à ce qui se passera durant votre rassemblement de ce soir place Bellecour.
Fuerza Lyon!
Que no! Que no nos vamos!" Le modérateur en profite pour relire la liste des rassemblements qui ont lieu en France: "Il en on marre eux aussi! Et ils parlent d'un truc qui s'appelle 'la révolution espagnole'. Les amis, on n'est pas tous seuls!" Tonnerre d'applaudissements à nouveau!


----Une question était au coeur des débats ce matin:  les médias. Plusieurs programmes ont sollicité les indignés du 15 Mai. Un programme demande une intervention du mouvement du 15M ce soir.
Résumé des interventions:
-"On nous propose de passer dans les programmes de certains médias. Ce serait con de dire non à tous les médias. Certains nous sont favorables. On a besoin d'eux pour que notre message passe les frontières" explique une représentante de la commission communication
-"Mais ils vont nous manipuler" s'exclame un jeune homme
-"Tout le monde a le droit d'avoir accès à l'information nous concernant. Tout passe par internet pour le moment. Mais beaucoup de gens qui nous soutiennent n'ont pas internet. Surtout les plus de 50 ans!" rétorque une femme d'un certain âge.
Elle précise: "Il y a des gens qui croient que notre mouvement est en train de mourir. Si on laisse les médias communiquer sur nous sans nous, ils vont nous tuer. On n'a le droit de les laisser tuer notre mouvement!"
-"Les médias nous disent où, quand et comment on doit intervenir. On n'est pas à leur service. C'est nous qui imposons le rythme. Pas eux"

A 12H30, malgré de gros efforts, on n'arrive pas au consensus. Les commissions en discuteront ce soir et la question sera remise à l'ordre de jour de la prochaine Assemblée générale.
A 14H30, on décide de ne pas aller au programme du soir.

----le groupe de travail environnement propose un manifeste sur le monde rural. "Nous luttons aussi pour les travailleurs rurales et travailleurs ruraux." L'assemblée approuve à l'unanimité.

Dernier point important: l'assemblée générale décide de la rédaction, dans les plus brefs délais, d'un "Manifeste de la Puerta del Sol" avec des propositions politique qui représentent le mouvement. En conclusion, vous citer le modérateur qui s'est tout à coup exclamé: "seuls les poissons morts suivent le courant. Le mouvement 15M est tout sauf mort et nous continuerons à lutter à contre courant le temps qu'il faudra!"

mardi 24 mai 2011

La nuit tombe sur le campement.



 Comme tous les soir depuis mardi, ça s'active de partout. Il faut nourrir tout le monde, donner à boire, monter les nouveaux stands, monter les nouvelles tentes, informer les curieux et les anxieux.


L'organisation est très impressionnante. Ici tout est gratuit: boissons, nourriture. Le repas est servi de 23H à 01H.
Tout est prévu. Il y a même une garderie pour les enfants! 


La commission infrastructure. "Avis à tous les membres d'infrastructure: nous avons besoin d'ampoules, des ampoules basse consommation, ramenez tout ce que vous pouvez!"
La commission documentation s'occupe de mettre en forme les archives des assemblées et des concerts,
La commission "légale" informe les gens sur les normes à suivre et sur leurs droits en cas d'arrestation.
Le service de propreté passe en continu pour récupérer les déchets.
Incroyable...Tout un monde s'est créé sur la Puerta del Sol. Et partout en Espagne et même ailleurs, le phénomène se reproduit!

La grande nouveauté ce soir: l'annonce d'un nouveau campement à...Istambul! :)
"Le mouvement s'étant partout camarades! On peut etre fiers!" annonce un jeune au micro.


Des concerts s'improvisent un peu partout. L'ambiance est festive et sans heurts. La consigne de ne pas abuser de l'alcool et surtout de ne pas provoquer de violence est suivie (la seconde consigne surtout ;). "Ça leur donnerait une excuse pour nous virer".

Ici, on parle peut des résultats des élections régionales et municipales qui arrivent peu à peu.

Une chose est sûre à cette heure: le PP (la droite) a la majorité absolue dans un grand nombre de régions.

Le PSOE (le PS espagnol)baisse fortement. Izquierda Unida est la seule force à augmenter à gauche. "Nous sommes la gauche qui monte" a déclaré ce soir Ramon Luque, coordinateur électoral d'Izquierda Unida.

Les résultats ne sont pas encore tous arrivés. A plus tard donc pour d'autres nouvelles ;)

Une Espagne bleue

Il est 13H. L'assemblée générale du jour commence. Elle promet d'être dense: nous sommes au lendemain des élections régionales et municipales qui ont vu la victoire historique de PP à la faveur de la défaite d'un PSOE rabatteur des mesures d'austérité du FMI et de la Commission européenne.  

Ce sont plus de 23 millions d'espagnol-e-s, soit 66,2% des citoyen-ne-s inscrit-e-s sur les listes électorales, qui se sont déplacé-e-s dimanche pour voter. «  L’abstention n’augmente pas ». Ca dépend de l’angle sous lequel on prend les choses. On est effectivement 3 % au-dessus de la participation de 2007 à ces élections. Mais on est aussi largement en-dessous des 73,5% de votant-e-s des élections législatives de 2008. Par ailleurs, un nombre signifiant de votant-e-s a décidé de mettre un bulletin blanc ou nul dans l’urne (près de 6%). La désaffection électorale n’est donc pas négligeable. Le message des urnes n’en est pas moins clair: le gouvernement du PSOE a été sévèrement sanctionné pour ses politiques d’austérité drastique et sa gestion définitivement plus libérale que sociale de la crise.

Le PP (équivalent de l’UMP) vient donc d'obtenir le meilleur résultat de toute son histoire pour ce type d'élections. Il obtient 10% de plus que le PSOE mais ne renouvelle cependant pas son score de 2008. Face à la défaite historique du PSOE, Zapatero se contente de "regretter ne pas avoir su expliquer la dimension de la crise" à ses concitoyen-ne-s et notamment aux jeunes. Il clarifie à ceux et celles qui en doutaient qu'il ne compte pas quitter le pouvoir.

Les brumisateurs circulent en permanence, la crème solaire et les bouteilles d'eau aussi. Il faut dire que le soleil tape très fort.

Comme hier, les interventions sont traduites en langage des signes en simultané.



Une règles est établie: faire usage du "langage inclusif" c'est-à-dire ne jamais oublier les féminin quand on parle. "S'il vous plait, corrigez les intervenants et intervenantes en cas d'oubli, moi le premier" déclare le modérateur.

De nouveaux panneaux solaires arrivent. La nouvelle est accueillie par des applaudissements. "Ce campement doit être exemplaire en matière d'énergie renouvelable, de recyclage et de sobriété": tonnerre d'applaudissement.

La commission féminisme annonce ses propositions. Inclusion de la question de genre dans toutes les politiques. "Nous revendiquons le droit d'être maitresses de nos corps, le droit à l'avortement libre et gratuit, à la non discrimination pour questions de genre ou d'orientation sexuelle, nous voulons la fin de répartition machiste du travail, nous voulons une société laïque et des papiers pour toutes!" Un certains nombre d'hommes râlent. L'un d'entre eux prend la parole: "Je suis là parce que je ne me sens pas représenté par les politiques au pouvoir, pas pour approuver l'avortement"... C'est pas gagné :S ... Les débats se poursuivront en commission féminisme. Les participant-e-s qui ne sont pas d'accord avec les propositions de la commission doivent s'y rendre pour débattre. Une petite leçon de féminisme ne leur fera pas de mal  :) "


Rappel: l'AG est souveraine.
Elle prend les décisions. Les commissions proposent.

Des instructions sont données pour faire face à une expulsion de la police. Il faut dire que les élections sont passées et qu'ici tout le monde craint une expulsion. "Gardez votre calme. Asseyez-vous et prenez vos voisins par la bras pour faire une chaîne. Un avocat de garde est là tous les soirs. En cas d'arrestation il vous aidera" . Ici tout le monde se demande ce que le gouvernement va faire. "On verra bien ce qu'ils jugent opportun de faire. Pas sûr que nous expulser leur facilite les choses!"



La commission migration fait propose deux actions:
-recueillir des témoignages sur les violations des droits des migrant-e-s et sur les centres de rétention. Les témoignages seront lus.
-convoquer une manifestation pour les droits des migrants samedi prochain. Elle arrivera à l'assemblée générale de samedi (retour des assemblées de quartier dimanche à 12H)

La lecture de la liste des manifestations dans les villes de France et des campements mis en place a été reçu par un long tonnerre d'applaudissements! "Qué guay!" "Bravo!" "Gracias!" "Adelante Francia!". La communion des luttes! Un autre Europe est en marche!

Une demande très applaudie (n'en déplaise à ceux qui font croire que le mouvement n'en a rien faire de la représentation parlementaire): "Envoyons une délégation au Congrès!"

"on va nous expulser cette nuit"

Depuis ce matin, la rumeur courre: "on va nous expulser cette nuit". A 19H, un membre de la coordination permanente prend le micro et nous demande toute notre attention. "Camarades, depuis ce matin nous recevons toutes et tous des sms, des e-mails nous annonçant qu'on va nous expulser cette nuit. Le seul but de ces message est de nous faire venir toutes et tous, tous les jours, jusqu'à ce qu'on ne prenne plus ces messages au sérieux. Alors du calme, ne prêtez aucune attention aux rumeurs. Nous ne nous laisserons pas faire!


Que no, que no nos vamos! (Repris en coeur par la place)"

Ouf! Je vais pouvoir dormir cette nuit! ;)

Assemblée de stratégie à long terme lundi soir

Aujourd'hui l'assemblée met du temps à commencer. Il y a tellement de points à traiter et de choses à organiser... Or beaucoup organisent ce genre d'événements pour la première fois de leur vie. Toutes et tous prennent la chose avec beaucoup de sérieux et de courage. Mener les débats d'une assemblée de près de 400 personnes, ça ne s'improvise pas. Ici, des cours de modération de débats sont prodigués. Il faut pourtant improviser un peu. Chacun-e encourage l'autre. Et ça marche plutôt bien! :)


Une question se pose: A quoi servent les groupes de travail/commissions? A faire des propositions à l'Assemblée générale? Ou bien sont-ils juste un espace de débat critique? Où doivent aller les actes écrits des propositions des groupes de travail? De l'avis général, il faut les archiver sur internet. Reste à les transmettre à la bonne commission pour qu'ils aillent sur la bonne page web... On écrit l'Histoire! Mais le faire tous ensemble quand on est des milliers, c'est pas simple!

Aujourd'hui on travaille sur la démocratie participative, les assemblées de quartier et l'assemblée générale.  
-Un jeune homme explique: "Les représentant-e-s (mandat impératif) des assemblées de quartier portent les propositions adoptées par celles-ci à l'assemblée générale. Et c'est cette dernière qui décide".

-"On peut faire autrement, dit un autre: c'est aux assemblées de quartier de prendre des décisions sur les propositions de l'assemblée générale".
-"Les questions propres à chaque quartier doivent être discutées et votées dans ce quartier; les questions générales, qui sont commune à tous les quartiers et relèvent de l'intérêt général, doivent être discutées et votées en assemblée générale" insiste un dernier.
-"Bon alors, s'exclame un autre, il nous manque juste une coordination des assemblées pour travailler les ordres du jour de l'assemblée générale, c'est tout!"

Ces deux dernières propositions ont emporté le consensus après deux longues heures de débats entre confusion, exaspération, sérieux et éclats de rires.

Construire la démocratie réelle, se réapproprier les outils citoyens... C'est pas de la tarte!!!!!
Prise de parole libre sur la fontaine de la place de la Puerta del Sol

Il est 23H. Les repas vont être servis. Mais sur la fontaine où un mégaphone est toujours disponible pour qui veut, une foule impressionnante.


Qui parle?

-Un adolescent qui s'exclame: "on est face à un truc très grand! Vous vous rendez compte de ce qu'on est en train de faire?"

-Un cinquantenaire qui tremble en évoquant la guerre civile et la résistance contre Franco."Jeunesse vaillante, libérez la patrie des nouveaux dictateurs!" s'exclame-t-il au bord des larmes.

-Un jeune homme, ému, qui déclare d'un air presqu'absent tant il semble absorbé à contempler la foule: "J'en ai la chair de poule. Depuis que j'ai une conscience sociale, j'ai toujours rêvé de ça! Continuons et changeons le système pour de vrai, mais pour de vrai"

-Une jeune femme qui appelle la foule à "inviter tout le monde à participer au mouvement"

-Un jeune qui nous explique: "je ne suis presque jamais allé voté et depuis que je suis ici je n'ai pas raté une seule occasion de le faire, parce qu'ici ma voix compte. Voter, voter et encore voter, voter tous les jours s'il le faut, voilà ce que je veux faire!"

-Une jeune femme qui a écrit son texte parce qu'elle a peur de ne pas réussir à parler. "Certains nous disent que ce qu'on fait ne sert à rie,. Moi ce que je sais, c'est que cette flamme qui s'est allumée dans chacun d'entre nous, personne ne pourra plus l'éteindre!" Lit-elle avec une force et une tendresse immenses

-Un musicien argentin qui vient témoigner au nom des piqueteros de 2001. "Nous, on a pas su continuer. Faites-le!" crie-t-il avant de nous chanter un tango acapela. Un grand moment d'émotion.

Minuit arrive. Comme chaque jour sur la place, on respecte la minute de silence pour les camarades qui ont été arrêtés dimanche dernier. Le silence se fait sur la place. Les douze coups de minuit résonnent au milieu du bruissement des mains qui s'agitent en signe de soutien selon le code adopté. Impressionnant de solennité. Et puis d'un coup, le signal est donné. La minute de silence est terminée. La foule applaudit à l'unisson en criant "el pueblo unido jamas sera vencido". Tout le monde a les larmes aux yeux...



dimanche 22 mai 2011

Vers une Revolution citoyenne en Espagne ?

 Notre camarade Céline Ménéses est en Espagne à Madrid à Puerta Del Sol. Nous publions les nouvelles reçues au fil de la journée de Dimanche avec quelques photos envoyées.

"Comme vous avez pu le voir, la décision de la Junta Electoral Central (le tribunal électoral espagnol) d'interdire les manifestations à partir de minuit pour ne pas influencer le vote de dimanche n'a pas été suivie.



Le mouvement Democracia Real Ya avait prévenu hier qu'il ne pensait pas obéir. Depuis dimanche, à chaque fois que les rassemblements ont été interdits, le nombre de militant-e-s a augmenté. Le gouvernement de Zapatero est complètement débordé.

La mobilisation devrait continuer aujourd'hui et demain. Toute la question est:
-quels résultats aux élections demain?
-que fera le mouvement lundi?

Le secteur Europe du PG est mobilisé sur le sujet et les camarades d'IU nous informent.
Je suis actuellement au Danemark (Congrès des Rouges et Verts). Je serai à Madrid demain sauf problème. Les camarades m'attendent à Puerta del Sol. Je devrais donc pouvoir vous envoyer demain des nouvelles fraîches."

Puerta del Sol

"Je suis dans le métro. J'arrive dans qq minute à l'ag de Puerta del Sol. Ici la place est comble. Des débats s'organisent un peu partout au milieu des manifestants, des badaux, des tentes et des stands improvisés.



Les mots d'ordre pullulent sur les murs: "Jamais la voix du peuple ne sera illégale", "Résistance à la dictature économique", "Ta corruption, ma perdition", "la calle no calla (la rue ne se taira pas)", "Démocratie en travaux", "que les banquiers paient la crise", ", "stoppons le nouvel ordre mondial", "ils ne le savent pas encore mais on va les dégager", "A bas le régime, vive la lutte du peuple on n'a pas peur!", "nouus somme tous Tunisie, Egypte, Libye, Maroc, Grèce, Yémen, Portugal, France, Royaume Uni, Italie"



"Il fait très chaud. Les jeunes se sont organisés. Ils passent et brumisent tout le monde.
Un seul mot face à ce spectacle: IMPRESSIONANT!"

Ce qui se décide en ce moment

"On vote sur la question suivante:
-on reste une semaine de plus?
-on ne reste pas une semaine de plus?
-on reste plus d'une semaine s'il le faut?



Résultat majoritaire: on reste une semaine et plus s'il le faut!
Et si on n'obtient pas ce qu'on veut?
Proposition: "dans ce cas on viendra au moins tous les week-end et ce qui peuvent durant la semaine"
(Les revendications sont sur votre boite mail dans un mail envoyé tôt ce matin)
Une inquiétude: la santé. Attention! Il fait très chaud et les gens sont très fatigués. Il y a eu un malaise il y a quelques minutes.les revendications de la plateforme issue de l'AG de cette nuit de La Puerta del sol..."

Revendication de la Puerta del Sol

Respect réel des valeurs de justice, de liberté, d'égalité et de pluralisme.

Limitation des allocations économiques et des privilèges des charges publiques. Incapacité permanente des personnes condamnées pour corruption à se présenter à une élection.

Modification de la Loi Électorale de manière à garantir la représentativité et la proportionnalité, veillant à ne discriminer aucune force politique ni volonté sociale, permettant l'entrée des partis minoritaires et en finissant avec le bipartisme. Non au plafond des 5%.

Approfondissement des mécanismes qui permettent aux citoyens d'exercer la démocratie directe, comme des référendums, en cas de décisions socio-économiques importantes. Simplifier les mécanismes de présentation d'initiatives législatives populaires.

Imposition de la consultation populaire obligatoire et inaliénable pour l'élaboration et l'approbation des budgets municipaux, autonomiques et étatiques.

Modification et création de mécanismes de contrôle qui assurent la stricte séparation des pouvoirs publics. Assurer l'absolue indépendance du pouvoir judiciaire.

Considération comme biens d'utilité publique des services de première nécessité pour les citoyens comme l'énergie, les réseaux de communication, l'alimentation, les transports et la banque. Interdiction, par conséquent, des monopoles et oligopoles privés en gestion de ces biens.

Droit à un travail digne, stable et de qualité. Interdiction des Procédures de Régulation de l'Emploi (ERE) dans les entreprises bénéficiaires. Droit de tout citoyen à des prestations sociales publiques assurant une vie digne.

Établissement de mécanismes citoyens de contrôle de la gestion publique qui éviteraient la corruption politique. Contrôle citoyen des activités économiques des charges publiques et établissement d'un système qui empêche l'exercice et le profit via des activités publiques et privées.

Établissement d'un système fiscal progressif. Établissement au niveau global d'un impôt sur les grandes fortunes et les transactions financières spéculatives. Disparition immédiate des paradis fiscaux.

Contrôle citoyen des pratiques des entités bancaires. Interdiction des clauses abusives, en particulier en matière d'hypothèques.

Convocation d'une Assemblée Constituante.

Commission de stratégie à long terme.

Ces dispositions ont été approuvées par l'assemblée au fur et à mesure que les gens les écoutaient. Les travaux s'organisent en une foultitude d'assemblées de travail appelées commissions.


Il y a de tout:
-commission infrastructure
-commission de stratégie à court terme
-commission des arts
-commission cuisine
-commission sociales
-commission des assemblées de quartiers
-commission lgbt
-commission du travail
-commission féministe
-commission d'extension du mouvement
-commission environnement
etc

En ce moment je me trouve dans la commission de stratégie à long terme. Ici on parle lutte contre le capitalisme. Le capitalisme version néolibérale ou version capitalisme d'Etat. Il est proposé d'en faire l'axe central de tout le mouvement. On parle aussi, réduction des droits des multinationales, socialisation des biens communs, lutte contre les expulsions de logement, interdiction des privatisations,réquisition des logements vides, abolition de l'héritage, lutte contre la publicité lutte contre le mercantilisme, l'autogestion dans les entreprises en faillite (en laissant la dette aux entrepreneurs)...


Grève générale...


Une demande aux syndicats sort de la foule: "convoquez une grève générale indéfiniment reconductible!". Mais ça ne plaît pas à tout le monde: "le mouvement et la grève doit venir du peuple, des assemblées de quartiers, les syndicats ne font pas le poids!" Attention s'exclame-t-on dans la foule: "si on fait une grève générale il faut qu'il y ait un maximum de soutiens et un minimum d'espoir. On ne fait une grève générale que si on pense obtenir ce qu'on veut!" Un autre précise: "la grève générale sera notre dernier recours, le mécanisme de défense du peuple, si on n'obtient aucune des réformes qu'on demande"

Des propositions d'actions qui rappellent l'appel et la pioche sont lancées
"Pour lutter contre le mercantilisme allons dans les centres commerciaux, sortons les affaires des magasins et jetons-les à la vue de tous dans le centre en appelant au boycott"....

Une grande école de réappropriation citoyenne de la politique dans les rues de Madrid en somme!

"Le message de solidarité venu de France par ma voix a été reçu avec beaucoup d'enthousiasme et d'émotion. L'annonce des rassemblements chaque fois plus importants en France a été reçue par un tonnerre d'applaudissements. Certains ici on l'impression qu'ils font trop peu. Ils sont là depuis une semaine. Ils ont "le nez dans le guidon". Savoir qu'on vient de France les soutenir et qu'en France on s'inspire d'eux leur donne du courage. Montrons-nous dignes de leur courage!

Beaucoup de gens ici prennent la parole en public pour la première fois. Les voix tremblent mais la rage de parler est plus forte. "Moi j'ai jamais parlé comme ça, je ne connais rien à la politique, mais ce que je sais c'est que je veux que quelque chose change et que là ça a enfin l'air possible"
La jeune femme qui s'exprime nous parle de consumérisme. Elle a la rage. Son discours sera l'un des plus applaudi.
Avant elle, une jeune immigrée a pris la parole en tremblant "je ne sais pas faire ça mais je voulais dire, ne perdons pas de vue l'idée d'une grève général, c'est trop important".

Ici tout le monde peut parler, on met en confiance ceux et celles (souvent) qui n'osent pas, qui ont peur. La censure est interdite. Le respect est la règle. Les modérateur et modératrices sont élu-e-s.
Magnifique..."

Le féminisme au coeur des discussions

"La discussion sur la grève général a tout à coup pris un cours nouveaux. Une jeune femme a proposé que cette grève incluse les travaux non rémunérés, notamment les travaux domestiques que les femmes font gratuitement. Cette intervention en a surpris plus d'un et plus d'une. "On n'est pas salariées, pourquoi on nous fait travailler gratuitement! Aucune raison! Le patriarcat a assez vécu! On n'est pas des esclaves" .

Un jeune homme s'emporte en voyant certains et certaines refuser cette proposition: "je ne vois pas d'où on se permet d'exclure qui que ce soit de la grève générale", "ma mère a été une esclave, ce n'est pas parce qu'on a intégré des normes de domination millénaires qu'on doit les accepter! Il est temps de changer!"

vendredi 20 mai 2011

Les révolutions viennent-elles du Sud ?

Depuis une semaine, une petite plateforme quasiment inconnue, "Democracia Real Ya" (démocratie réelle maintenant), réussit à mobiliser des milliers de personnes dans les villes espagnoles. Avec un slogan : "Nous ne sommes pas des marionnettes entre les mains des banquiers et des politiciens". "Démocratia real ya" a réussi la première manifestation de dimanche en la convoquant via les réseaux sociaux et par des réunions locales.

L'exemple des révolutions arabes est dans toutes les têtes. Et l'Espagne, est peut-être en proie à un bouleversement politique. Un mouvement populaire est né, jusqu'où ira-t-il ? Les slogans parlent d'eux-mêmes : "Si le peuple ne se bat pas, les politiciens ne les écoutent pas", "Votre crise, nous ne la paierons pas", "Ne votez pas pour eux". Des slogans qui viennent en écho récents des révolutions arabes et plus lointains des révolutions citoyennes d'Amérique du Sud qui avaient ouvert le bal des soulèvements contre les politiques d'ajustement du FMI.

Le PSOE est fort inquiet car ses dirigeants ont parfaitement saisi qu'ils sont les principaux visés par le mouvement du 15 mai. Les élections ont lieu dimanche 22 mai. A suivre...

En Italie, c'est la Gauche de gauche qui dimanche dernier a créé la surprise à la sortie des urnes. Non seulement Berlusconi vient de subir une défaite électorale importante mais dans son sillage la Ligue du Nord xénophobe et ultra-libérale enregistre de sérieux revers. Bonne nouvelle donc!

Mais la bonne surprise vient de Pisapia, le candidat de Rifondazione, responsable de la Commission d'enquête sur les violences policières lors du Sommet du G8 de Gênes, qui est en ballottage favorable à Milan, la ville du Cavaliéré. La Gauche de gauche est donc de retour en Italie aussi. A suivre dimanche...

lundi 16 mai 2011

"Vers davantage de libertés", ça commence aussi à El Ayoun.

Dans le Maine-Libre du 14 Mai, notre collègue, Ouafa Le Botterf,  parle à propos du Maroc d'un pays en marche vers davantage de libertés s'en réjouissant comme nous. Mais dans le même temps, Ouafa semble oublier qu'après les événements en Iran, les soulèvements des camps de sahraouis  d'El Ayoun ont tout juste précédé et préfiguré le mouvement populaire tunisien de la révolution de Jasmin. Préfigurés, car en effet la population civile sahraouie, comme les tunisiens, a agi sans consigne politique des partis politiques installés. Seulement, elle a eu à faire face à l'armée marocaine qui a écrasé le mouvement dans le sang et l'indifférence.

Démantèlement du camp de El-Ayoun : le Maroc dit non à la commission d’enquête
Après le démantèlement du camp sahraoui, des militaires en fouillent les décombres, à El-Ayoun, le 8 novembre 2010.
Après le démantèlement du camp sahraoui, des militaires en fouillent les décombres, à El-Ayoun, le 8 novembre 2010.
Reuters/MAP/Handout
Par RFI

Enfin, Ouafa se réjouit de "la marche vers davantage de libertés" depuis une ville de"l'extrême sud du pays" en oubliant que cette région a été annexée par le Royaume marocain en 1975 et colonisée depuis. Que l'ONU par la résolution 1920 demande au Maroc l'organisation, toujours refusée, d'un référendum sur l'autodétermination des sahraouis. Dakhla, ce n'est donc pas vraiment le Maroc et notre équipe municipale le reconnait comme tel en confirmant son engagement de solidarité avec le peuple sahraoui et en demandant l'application des résolutions de l'ONU. Alors, s'il faut se réjouir de davantage de libertés, il faut aller jusqu'au bout et souhaiter qu'un peuple colonisé puisse lui aussi en toute liberté s'exprimer sur son autodétermination comme le demande la communauté internationale.

vendredi 22 avril 2011

décès d'un soldat manceau en Afghanistan. Pour le retrait d'Afghanistan.

L'Afghanistan est toujours le théâtre de violences.
REUTERS/Shamil Zhumatov
Par RFI

"Un caporal du 2e Rima est décédé, mercredi 20 avril 2011, et neuf autres soldats ont été blessés, dont trois grièvement, dans l’explosion de leur véhicule blindé, à l’est de Kaboul. Il s’agit du 56e militaire français mort en Afghanistan depuis 2001."

 La dépêche d'agence est tombée, sèchement……

 Pour sa part, le Parti de Gauche 72 veut tout d'abord exprimer ses condoléances à la famille du malheureux Alexandre Rivière, mort à 22ans, et souhaiter un prompt rétablissement à ses neuf camarades.

Mais il veut aussi exprimer sa colère devant ces morts inutiles, au service d'une cause inacceptable :

-         qui ne voit que la guerre d'Afghanistan est une guerre "imbécile et sans issue", comme il avait été dit autrefois ; parce que personne, militaires inclus, ne croît à une victoire possible face à des talibans qui ont prouvé, y compris contre l'URSS ( avec l'appui des Américains…) leur supériorité dans la connaissance du terrain ? l'enlisement est non seulement prévisible, mais déjà à l'ordre du jour

-         elle est aussi ruineuse ( de l'ordre de 650 millions d'euros pour la période 2010-2015 ) à un moment où d'autres priorités devraient être posées dans notre pays ; elle met en cause y compris le budget de la Défense Nationale

-         plus encore, peut-être, elle met notre pays à la remorque de l'OTAN dans des opérations essentiellement à la remorque des USA, dont un objectis affiché est d'établir des bases militaires dans le pays

 Le Parti de Gauche 72 rappelle que le risque est grand que la France relâche son effort de défense propre et qu'elle concentre ses dépenses militaires au profit d'une approche mutualisée dirigée principalement par les Etats-Unis d'Amérique. Ceci peut compromette de bien des façons le plein exercice de la souveraineté de la France dès lors que l'autonomie de sa prise de décision et de sa capacité d'action ne sont plus garanties.

Le Parti de Gauche 72 en appelle à la fin de cette guerre impérialiste et réclame le retrait immédiat des troupes françaises d'Afghanistan.

 

vendredi 25 mars 2011

Le Sommet européen fait sa déclaration de guerre aux peuples de l'UE

Le Sommet européen n'a pas encore rendu ses conclusions mais déjà Monsieur Van Rompuy fanfaronne. Il a de quoi: l'eurolibéralisme chevronné dont il se veut le chantre vient de franchir un cap décisif de son institutionnalisation.

Le "Pacte pour l'Euro plus" a été adopté. "Plus"?  Six Etats non membres de la zone euro ont décidé de le rejoindre. Il s'agit de la Bulgarie, du Danemark, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Roumanie.

Le Pacte pour l'Euro, c'est quoi déjà?  C'est la baisse des salaires obligatoire, le règne indiscutable de la concurrence libre et non faussée dans tous les secteurs d'activités, la casse du code du travail et la constitutionnalisation de la rigueur budgétaire à la sauce libérale (coup d'arrêt aux dépenses de services publics, baisse des impôts sur les sociétés et les revenus, hausse de la tva).

 Clou du spectacle: le Mécanisme européen de stabilité a été adopté lui aussi.  Le FMI, la BCE et la Commission européenne pourront donc imposer les plans d'austérité les plus durs aux Etats déficitaires en échanges de prêts UE-FMI-créanciers privés. Ce mécanisme sera inscrit dans le traité de Lisbonne sans référendum si on ne se bât pas pour l'obtenir, la "procédure de révision simplifiée" (simple approbation des Etats membres) ayant été préférée sous prétexte d'urgence à la "procédure de révision ordinaire" (ratification par les Etats membres, ce qui permet sans ambigüité de mettre en place un référendum en France par exemple). Il s'agit tout de même de rien de moins que l'inscription du FMI dans le Traité de Lisbonne! Il y a urgence: l'UE veut que tous les Etats membres aient approuvé fin 2012!

 



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