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Politique générale

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lundi 8 avril 2013

Rejet de la métropolisation des territoires en Alsace.

La Collectivité Territoriale d’Alsace qui devait fusionner le Conseil régional et les Conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ne verra pas le jour. Comme les Corses en 2003, les Alsaciens , dans leur grand bon sens, ont rejeté un projet visant à supprimer les départements, unité de base de la République française depuis 1791. Le rejet de cette fusion aura des répercussions nationales, non seulement sur les autres régions candidates, mais aussi sur le projet de loi de décentralisation dont le premier volet concernant les métropoles devrait passer devant le parlement au mois de mai. Le gouvernement devrait tirer les conséquences du signal envoyé par les électeurs alsaciens. L'acte III de la décentralisation ne peut pas en sortir indemne. La régionalisation et la métropolisation du territoire doivent être remises à plat.

                                                                                                                      

 

L’échec est sans appel, cinglant même. Alors que les sondages (voir celui de CSA ici) donnaient le OUI gagnant à 75%, c'est le NON qui l'emporte avec 55,74% dans le Haut-Rhin alors que dans le Bas-Rhin le OUI l’emporte avec 67,53 mais n’atteint que 22,9% des inscrits, soit moins des 25% requis pour que le projet soit adopté dans ce département.

La bonne nouvelle est que les citoyens alsaciens ont infligé une belle leçon de démocratie directe aux notables locaux et aux décentralisateurs qui estimaient l’affaire acquise : un projet de droite dans une région de droite, appuyé par la majorité des socialistes locaux et tacitement approuvé par le gouvernement, ne pouvait échouer. C’était oublier la défiance des électeurs à l’endroit d’un projet conçus dans la précipitation.

Première leçon : on ne réforme pas les collectivités territoriales sans une participation des citoyens à l’élaboration des projets. C’est l’une des conditions de la démocratie locale.

Second enseignement : le rejet de la CTA montre crument le gouffre qui s’est établi entre les citoyens et les belles personnes. Il transparaît non seulement dans l’abstention, mais encore dans la force du rejet.

Troisième leçon: il ancre durablement une défiance légitime des citoyens à l’égard de tout projet de régionalisation en lien avec l’Europe. La dénationalisation des politiques publiques est rejetée. Le département, fruit de deux siècles d'histoire, est  à juste titre perçu comme un échelon de proximité que la région ne sera jamais. Il est ainsi le symbole de l'unité française.

Enfin, les regroupements et la concurrence entre les territoires et les hommes sont récusés. Derrière la simplification, les citoyens entendent maintenant, et à juste titre bien souvent, moins de services publics, moins de solidarité...

La traduction positive de ce scrutin pourrait être le suivant : un appel à l’intégrité des élus, l'exigence de mettre fin aux liens entre l’argent et le pouvoir, le respect de l’égalité de tous devant la loi. Mais aussi, bien sûr, le respect de l'égalité des territoires qui doit être garantie par l'Etat républicain.

 

jeudi 4 avril 2013

L'affaire Cahuzac, c'est aussi l'affaire d'un système.

                                  

François Hollande et les responsables du PS, Ch. Counil dans notre département (http://www.ch-counil.com/article-un-outrage-a-la-republique-116773051.html  ), font ce qu’ils peuvent pour colmater la brèche en tentant de réduire l’affaire Cahuzac à la faillite morale d’un homme isolé. Cahuzac aurait agi seul, il n’aurait bénéficié d’aucune protection. Cette thèse officielle est fausse.

 

Cahuzac a d’abord été protégé par un puissant esprit de caste. Nul ne l’a exprimé aussi clairement que Pierre Moscovici. « Qu’il soit de droite ou de gauche, un ministre n’est jamais un salopard ». Il considère donc l’acte de nomination d’un ministre comme un certificat de moralité aussi inattaquable qu’une indulgence papale. C’est une idée tout à fait irréaliste.

 

Cahuzac a été protégé par le sentiment d’impunité qui habite un certains nombre de responsables politiques de cette Cinquième République finissante. En mentant devant l’Assemblée nationale, Cahuzac n’a fait qu’étendre aux ministres l’irresponsabilité que la Cinquième République reconnaît au président de la République. D’où l’urgence d’une refondation républicaine et d’une 6ème République.

Cahuzac a été protégé par la fascination qu’exerce sur les libéraux le mélange des genres public-privé. Nul n’ignorait qu’il était un conseiller ministériel passé du ministère de la Santé à des activités de conseil aux laboratoires pharmaceutiques et de patron d’une clinique capillaire. Non seulement cela ne l’a pas empêché d’être nommé ministre du budget. Mais cela lui a même donné du poids dans le dispositif social-libéral où la proximité avec les milieux d’affaires est considérée comme un atout.

Son aplomb s’explique d’ailleurs par le fait que cette pratique est considérée comme parfaitement normale et légitime dans les groupes sociaux où Cahuzac aime s’immerger. Dans certains milieux, celui qui ne fraude pas le transport collectif est un bouffon. Avenue de Breteuil, c’est celui qui paie ses impôts qui joue ce rôle.

Enfin, Cahuzac a été protégé par la naïveté de François Hollande. Le président de la République prétendait faire la guerre à la finance avec son pistolet à bouchon. Il aurait pu commencer par la faire dans son gouvernement. Quand on veut juguler la fraude fiscale on se dote d’un ministre dont on est absolument certain qu’il saura le faire. A l’évidence Cahuzac n’offrait pas ces garanties. La seule qu’il présentait était son social-libéralisme d’airain, son absence de tout scrupule à réduire les dépenses publiques et c’est cela qui en fit le héros d’un temps.

mardi 2 avril 2013

EELV – PG 72 veulent faire avancer les idées écologistes

Une rencontre entre le PG 72 et EELV 72 s’est tenue début mars, à l’image de la rencontre entre les deux partis au niveau national.

Le PG a présenté le texte issu de ses premières assises de l'écosocialisme qui se sont tenues en décembre 2012, et auxquelles ont participé divers acteurs de l'écologie politique.

Ce texte présente un projet politique qui réalise la synthèse d'une écologie anticapitaliste et d'un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. Il est soumis à débat et proposé à toutes les organisations et individus qui se reconnaissent dans les thèses développées.

EELV a pour sa part présenté son « Manifeste pour une société écologiste ». Ce manifeste revendique l'autonomie idéologique et programmatique de l'écologie politique, et trace les contours d'un projet de société alternatif.

Les deux textes montrent une large convergence de vues. Tous deux insistent sur le lien indissociable entre impératif écologique et justice sociale, sur la remise en cause profonde du modèle libéral dominant, et sur la nécessité que le changement de société implique l'ensemble des citoyen-ne-s du pays.

Dans la continuité des échanges au niveau national, le PG 72 a proposé le lancement conjoint d’ateliers de l’écologie concrète. Des thèmes tels que le transport et les déplacements, l’énergie, la filière bio et les circuits courts, la lutte contre l’envahissement publicitaire ou encore l’obsolescence programmée, pourraient faire l’objet de réflexions en lien avec les acteurs du territoire.

Enfin, les deux organisations ont fait un point de situation en vue des élections municipales. Elles ont convenu que pour le moins, elles œuvreraient, quelles que soient leurs stratégies arrêtées respectivement, pour que les instances aient une représentation pluraliste et pour que les thématiques écologistes soient très présentes.

vendredi 29 mars 2013

François Hollande brigue la succession de Parisot ?

Suite à l'intervention de F. Hollande sur France 2, Patrice Perdereau, Co-Président du groupe des élus Progressistes (PG), a été sollicité pour réagir à chaud dans l'édition du Maine Libre du vendredi 29 mars.  en voici les principaux passages :

                                             

" Ce fut une très bonne soirée pour les entreprises, une excellente soirée pour le Medef. D’ailleurs, on peut se demander si François Hollande ne prétend pas à la succession de Laurence Parisot…. En revanche, c’est une très mauvaise soirée pour les salariés. Ils ont appris que la TVA va augmenter, que l’âge de la retraite sera repoussée, que les riches ne paieront pas davantage d’impôts. Et qu’un CDI attend les chômeurs à Pôle Emploi. François Hollande a prononcé deux phrases terribles : « je ne veux pas être sanctionné sur les marchés financiers », soit un démenti formel à son fameux discours du Bourget et à sa campagne électorale. Et l’autre phrase : « je ne suis pas là pour être en contradiction avec mon prédécesseur ». Alors qu’il a été élu sur le principe de la rupture avec Nicolas Sarkozy. Ce soir, François Hollande a divisé la gauche. Il n’est pas dans la rupture mais dans la fracture. On connaît donc la ligne directrice de son mandat. A rechercher les faveurs de ceux qui ne voteront jamais pour lui, le trou d’air dans lequel il se trouve va se creuser."


jeudi 28 mars 2013

Un beau congrès du Parti de Gauche.

Le 3e Congrès du Parti de Gauche s’est terminé dimanche. Il fut un immense succès. 1000 délégués et invités se sont retrouvés pendant trois jours à Bordeaux. Dimanche, un meeting de Jean-Luc Mélenchon a rassemblé 5000 personnes. 

Un congrès du PG est devenu une grosse machine. Très grosse. Les chiffres le prouvent, Maryvonne a brassé 12 tonnes de matériel militant à distribuer, la librairie a manié une tonne de livres, le service d’ordre a mobilisé plus de cent camarades, sous la houlette de mes camarades Raymond et Benoit. Il y avait neuf cent délégués dans la salle, élus par les organisations de base du parti, il y avait soixante-quinze délégations étrangères, et cent cinquante pour les délégations françaises syndicales et associatives.

Voici un mois que j'assure la préparation de ce temps fort et pendant ces 3 jours j'ai porté la coordination générale. J'en suis sorti épuisé, mais satisfait de l’ensemble des travaux et du message clair qu’il en sort. Nous sommes une force autonome, en désaccord avec la politique du gouvernement, candidate au pouvoir avec une majorité alternative.

Je n'ai que très peu suivi nos travaux, et que dire des 14 camarades représentant les 5 comités sarthois? Tout juste entrevus, même pas eu le temps de partager un repas! J'ai honte... Mais, certains moments vont rester gravés. La séquence internationale, notamment quand fut évoquée la mémoire de Chokri Belaïd, ou bien ce moment symbolique, que nous avons minutieusement préparé avec mon camarade Delapierre, lorsque l’œillet fut adopté comme symbole du parti. Cela fut fait en référence à la révolution portugaise de 1974. Raison pour laquelle le chant « Grandola Villa Morena » a été entonné et devint le fil rouge du congrès, à tel point que j’en entends encore les notes suaves.

Tout le monde sait qu’au Parti de Gauche les symboles culturels fonctionnent comme des identifiants collectifs forts. Ils forment une langue originale. Bout à bout, ils font sens. Un congrès du parti ce sont autant les textes qui s’y adoptent que les affects collectifs qui s’y construisent.

Les œillets évoquent une révolution citoyenne. Celle qui, en 1974, abolit la dictature Salazar, mit fin aux guerres coloniales portugaises. Certes sa dynamique interne a été stoppée en cours de route. Quoiqu’il en soit, le lien entre notre époque et la révolution des œillets de 1974 a d’abord été fait dans la rue par la nouvelle génération de protestataires. « Grandola Vila Morena » se chante dorénavant dans la péninsule à toutes les manifestations et commence à se chanter partout dans le monde où l’on veut dénoncer la dictature de la finance, du FMI et ainsi de suite. « Grandola Vila Morena » est beau et grave comme ce que nous voulons faire. Voici un lien vers une version à voix féminine et un autre à voix masculine.

Et puis, lorsque le temps me le permettait, j'ai vu sur twitter que quelques petits barons solfériniens, mal informés, ont jugé pertinents de lancer contre nous quelques honteuses attaques. Ils ont perdu crédit et honneur car on n’instrumentalise pas le nécessaire combat vigilant contre l’antisémitisme pour des raisons mesquines, surtout en s’appuyant sur des propos déformés (voir le blog du journaliste de Politis Michel Soudais). Sans quoi on l'affaiblit et on le banalise. 

il faudra un jour, revenir sur la façon dont parlait la gauche dans les années 30, celle de Léon Blum, puisque la référence à ces années est devenu le tic de langage de l’entourage d’Harlem Désir. A l'époque, les forces regroupées dans le Front Populaire dénonçaient "les 200 familles" qui incarnaient la domination sans partage d"un capitalisme sur l'ensemble des rapports sociaux. Au passage, moi ce qui « me rappelle les années 30 » c’est parfois le vocable du Ministre de l’intérieur,  Manuel Valls, au sujet des Roms. Mais à cela, nos barons, n’y voient rien à redire.

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mercredi 27 mars 2013

Elections municipales 2014 : tribune du groupe des élus Progressistes - Parti de Gauche

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 Tribune

Le choc d’austérité conduit par la droite et Nicolas Sarkozy a provoqué un rejet tel que François Hollande a fait campagne sur des engagements capables de rassembler la gauche : « combattre le monde de la Finance » et « renégocier le TSCG ». Bien des nuances, plus progressistes et écologistes ont pu s'exprimer, mais ces engagements fondaient néanmoins une ligne rassembleuse pour la gauche. Elle l'a d'ailleurs emporté.

Aujourd’hui, chacun est bien obligé de constater que le gouvernement a plutôt tendance à poursuivre une autre voie en s’inclinant devant les marchés financiers, les banques, le MEDEF et les institutions européennes. 

Ainsi, François Hollande fait malheureusement le choix de diviser la gauche, ce qui le place devant une vraie responsabilité : celle de ne pas choisir le soutien aux travailleurs, aux salariés, à ceux qui souffrent le plus de la situation, les désignant même parfois comme responsables de leurs difficultés.

D'ailleurs, à l'Assemblée Nationale et au Sénat, ces renoncements produisent déjà leurs conséquences, et les parlementaires du Front de Gauche, rejoints par d'autres refusent à juste titre de voter un certain nombre de textes en rupture avec les engagements du candidat Hollande.

En essayant de nous faire avaler la potion amère de l’austérité, déjà prônée et mise en place par Blair, Schroeder, Papandréou, Monti et compagnie, il s’obstine à appliquer un remède qui ne fonctionne pourtant nulle part, et déçoit de plus en plus à gauche, bien au-delà des 4 millions d’électeurs du Front de Gauche qui ont contribué à sa victoire.

Pour preuve, avec le Pacte de Compétitivité, il débloque 20 milliards pour les entreprises, mais promet une saignée des dépenses publiques. Cette dernière se traduira -entre autres- par une baisse « historique » des dotations (5 milliards d'euros de moins aux collectivités locales) et donc à une baisse des investissements locaux entrainant à son tour une baisse de l’emploi local. L'Association des Maires des Grandes Villes de France l'évalue à une perte de 10 000 emplois dans le BTP.

En tant qu’élus locaux Front de Gauche opposés aux politiques d’austérité, une vraie question nous est donc posée : comment construire et s’engager en faveur d’un programme municipal de gauche, de maintien et de développement des services publics, de transition écologique dans un tel contexte ?

Ayant agi aux côtés de Robert Jarry, nous mesurons combien l’échelon municipal a pu être celui du développement des solidarités (CCAS, centre de vacances, maison de retraite, crèche, régie de l’eau…). Et, nous ne voulons pas que Le Mans tombe dans le piège de l’austérité. Nous voulons au contraire, dans ce contexte difficile, que Le Mans maintienne et développe des solidarités nouvelles, et que face à l’urgence environnementale, Le Mans engage vraiment la transition écologique.

Nous pensons donc que le débat mérite d’être ouvert.

Maryse BERGER, Anatole COMPAORE, François EDOM, Chantal HERSEMEULE, Patrice PERDEREAU, Claude PICAULT, Yves VOISIN

 

mardi 12 février 2013

Affaire Findus : la nécessaire réorientation du système alimentaire français

Cette affaire Findus, aussi désolante soit elle, vient au moins encourager tous nos efforts d’élus afin de convaincre qu’il faut utiliser la restauration collective des collectivités comme un levier local afin de réorienter modestement le système alimentaire français.

Avec cette affaire, on voit que la traçabilité c’est formidable ! Il n’aura fallu que quelques jours pour savoir que les lasagnes à la viande de cheval-déguisé-en-bœuf ont été fabriquées au Luxembourg par Tavola, société liée à Comigel, le fournisseur de Findus, à partir d’une viande vendue par Spanghero, une entreprise établie à Castelnaudary et chapeautée par la holding Poujol. Spanghero aurait acquis la viande auprès d’un trader chypriote, qui a sous-traité la commande à un autre trader résidant aux Pays-Bas. Ce dernier se serait procuré la viande auprès d’un abattoir en Roumanie. Quelle transparence !

Bientôt vous connaîtrez le nom du cheval que vous avez mangé. La modernité est en marche. Elle irradie nos usines agroalimentaires et nos abattoirs. Le président de l’Association nationale des industries alimentaires explique ainsi que le test ADN est la seule façon pour les professionnels de différencier la viande de bœuf de celle de cheval.

Mais comment faisaient les bouchers d’autrefois pour ne pas se faire refiler des rosses peu recommandables. Peut être qu’ils touchaient la viande ? Un crime contre l’hygiène !

L’Union Européenne n’a jamais osé prétendre sérieusement qu’elle défendait les travailleurs. Mais en échange des sacrifices qu’elle leur réclamait, elle a toujours clamé qu’elle les protégeait farouchement en tant que consommateurs. Hélas la qualité de la nourriture n’est apparemment pas davantage que le progrès social compatible avec la concurrence libre et non faussée et la maximisation de valeur pour l’actionnaire dont elle fait sa loi suprême.

Dans cette cascade de sous-traitance transfrontalière, il faut bien que chacun gratte quelque-chose. Apparemment il y en a un qui a gratté un peu fort. Et la main invisible du marché est restée désespérément aveugle sur la qualité finale du produit. C’est le premier ministre britannique qui a levé le « scandale du horsegate ». Le même défendait la semaine dernière la casse du budget européen. Cela fera moins de fonctionnaire tatillons. Un ministre français affirme qu’il « découvre la complexité des circuits et de ce système de jeux de ‘trading’ entre grossistes à l’échelle européenne ». On l’aurait compris du ministre des anciens combattants mais lorsque c’est Stéphane Le Foll qui fait cet aveu, on est assez inquiet concernant le système mis en place par l’UE.

La seule solution pour la sécurité alimentaire ; c’est de relocaliser : utiliser prioritairement la viande produite dans chaque pays, tout en renforçant le dispositif de traçabilité et de contrôles aujourd’hui totalement affaibli dans le cadre de la politique de démantèlement des services publics. Cela permettra de réels contrôles sur ce qu’on mange et les éleveurs pourront vivre de leur travail.

Il est temps de revenir à une agriculture paysanne au service des paysans et des consommateurs. C’est ce qu’en tant qu’élus municipaux, nous essayons de défendre dans le comité de pilotage circuits-courts, labels de qualité et biologiques.

dimanche 20 janvier 2013

L’égalité est une et indivisible

Revenons sur la manifestation du 27 en soutien au « mariage pour tous » et argumentons pour convaincre de faire l’effort de se mobiliser.

Pas assez de monde samedi, Place de la République, pour monter en puissance en vue de la manifestation du 27 janvier. Peu ou pas d'élus socialistes, à part Christophe Counil. On peut déplorer une certaine inertie du PS alors qu’il dispose de tous les moyens lui permettant d’agir pour réussir une mobilisation de masse. On le déplore d’autant plus qu’il savait que le choc serait rude et qu’il y aurait une forte mobilisation des opposants au projet de loi. Rien n’a été pensé ni organisé de façon globale et cohérente. Tout est à la va comme je te pousse. Que ce soit pour la bataille d’influence dans la rue ou pour la bataille parlementaire où les amendements sur la PMA déposés et retirés aggravent l’impression désastreuse de marche à reculons.

Tous les êtres humains sont semblables par des besoins qui fondent des droits universels. De là nous tirons notre adhésion à l’idée de l’égalité absolue en droits des êtres humains. Dès lors nous considérons que la bataille qui se livre dans l’arène sociale à propos des droits des travailleurs est la même que celle qui se mène à propos du mariage et de l’adoption. Dans cette bataille, qui veut l’égalité à un endroit la veut toujours à l’autre. Inversement, qui ne veut pas l’égalité des droits civiques finit toujours par s’opposer aussi à l’égalité des droits sociaux. La bataille pour l’égalité des droits est une et indivisible. 

Dans la question de la liberté du mariage homosexuel, il n’est donc pas question pour nous de faire preuve de « tolérance » ni même de bienveillance à l’égard des homosexuels mais bien de reconnaître un fait de la raison : tous les êtres humains sont égaux et doivent par conséquent avoir les mêmes droits. C’est aussi pour cette raison que nous ne saurions nous contenter de nous battre pour une loi qui serait vue comme une simple expérimentation. En tant qu’elle revendique et assume l’égalité absolue en droit des êtres humains, notre tâche est de convaincre la société que la lutte pour l’égalité des droits civiques est la même que la lutte pour l’égalité des droits sociaux. Plus forte sera l’adhésion de la société à cette égalité civile, plus forte sera la pression qui pèsera sur les conservateurs en matière sociale.  

samedi 12 janvier 2013

Manif de Droite.

                                                                                                

Les 4 parlementaires UMP sarthois et le Président du Conseil Général annonçaient cette semaine par voie de presse qu'ils seraient à la manifestation contre le Mariage pour Tous. La secrétaire départementale de l'UMP, battue à plate-couture en juin dernier pour cause de droitisation du discours et de clins d'oeil au FN, précisait qu'elle prendrait le car de Conlie.

                                  

Aucun argument sérieux n'a été apporté, par tous ces gens, au fait qu'il faudrait refuser à un couple homo les mêmes droits qu'aux couples hétéros. Non, en fait ils emboitent le pas de ceux qui inscrivent cette manifestation dans l'histoire des manifs de droite. Le 13 janvier doit être pour eux une réplique du 24 juin 1984, une vague semblable au 30 mai 1968. Il manque à leur liste l'écho des rassemblements de Pétain, mais même sans M. LePen, l'extrème-droite française, qui plonge ses racines dans l'entre-deux-guerres, l'occupation et la collaboration, sera bien présente en costards-cravattes, et fera entendre cet écho là aussi.

Crucifiée au mois de mai par les urnes, la Droite prépare dans la rue sa "résurrection", portée par une vague du peuple de droite. Elle l'espère d'autant mieux que le Président de la République lui donne le sentiment qu'il hésite et que le gouvernement n'a pas grand-chose à refuser au patronat et aux coalisés de la fortune et des "bonnes moeurs". Il a reculé sur la PMA, alors qu'elle est le prolongement des mêmes droits pour Tous. Il préfère la confrontation sociétale à la confrontation sociale avec la Droite, sur les questions dures de l'emploi et de la répartition de la richesse. La sortie de Jérome Cahuzac cette semaine face à J-L Mélenchon, à propos de la lutte des classes, n'est pas un dérapage de fin de débat, mais un message à la Droite et aux bourgeois. La Droite elle, l'a bien entendu et c'est pourquoi elle ne lâchera pas les crocs pour autant!

                                                      

lundi 7 janvier 2013

Cécile ROL-TANGUY à Marolles-les-Braults

Dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la Déportation, Cécile ROL-TANGUY, 94 ans, grande figure de la résistance, épouse du colonel ROL-TANGUY, l’homme qui a conduit la libération de Paris à la tête des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), est venue témoigner, mercredi matin, au collège Jean-Moulin auprès des élèves de 3ème.

Une initiative de sa petite fille Cécile PLET ROL-TANGUY et de Patrice CHAMOUX, professeur d’histoire.

Parmi les élèves se trouvaient Lila, son arrière-petite-fille, qui est inscrite au concours national de la Résistance sur le thème « communiquer pour résister ».

Devant la quarantaine d’élèves attentifs et émus, Cécile ROL-TANGUY a raconté ce que fut sa vie durant la Seconde Guerre mondiale.

Cécile ROL-TANGUY est entrée dans la Résistance dès 1940, dans la communication. «  Je savais taper à la machine, mais je me cachais dans un placard pour ne pas faire de bruit », évoque-t-elle avec beaucoup d’émotions.Elle était égalementchargée de distribuer les journaux et les tracts, en les cachant dans le landau de son bébé.

Durant toutes ces années de guerre, elle a été l’unique agent de liaison de son mari, responsable des Francs tireurs parisiens. « Je suis entrée volontairement dans la Résistance et j’y suis restée par dignité personnelle », explique Cécile ROL-TANGUY.

« Avez-vous eu peur ? » interroge une collégienne. « Je n’ai jamais eu peur car j’avais accepté de le faire. J’avais peur, après coup mais jamais sur le moment », répond la Résistante avec une très forte émotion.

 

« Avez-vous eu l’idée de cesser de résister ? » demande une autre. « Jamais ! Mais pourtant mon amie Nicole me disait t’es folle de vivre comme ça, et avec le landau ». A l’évocation de son amie, déportée et morte à Auschwitz, les larmes parlent sur le visage de Cécile ROL-TANGUY. Elle pense aussi à tous ses copains qu’elle n’a jamais oubliés.

« Et si c’était à refaire ? » demande une collégienne. « Je suis trop vieille, mais je pourrais encore aider », déclare la Résistante.

« Qu’elle était votre motivation ? » interroge un garçon. « C’était l’occupation, la chasse aux Juifs, les enfants cachés, le nazisme… Il fallait résister », lâche Cécile ROL-TANGUY.

« Pensiez-vous survivre ? » demande encore un autre. « On ne vit pas avec la peur, il fallait être très strict avec la sécurité, être toujours aux aguets », se souvient-elle.

Après toutes ces émotions partagées avec les élèves, Cécile ROL-TANGUY a enchaîné sur les autres combats qu’il a fallu mener à la Libération : l’avortement, ou le droit de vote des femmes notamment.

 

Article du Ouest-France en date du vendredi 14 décembre 2012

 

 

Mr ROL-TANGUY (1908-2002) était ouvrier métallurgiste, syndicaliste et communiste. Il s’est engagé dans les brigades internationales en Espagne. Il a épousé Cécile LE BIHAN en 1939. Clandestin de 1940 à 1944, il fut responsable de l’OS et des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Chef des FFI de la région Ile-de-France, il mobilisa les parisiens le 18 août 1944. Aidé par sa femme Cécile, membre de son Etat major, il fut le chef de l’insurrection. Il signa, en accord avec Leclerc, un exemplaire de la convention de reddition le 25 août 1944.

Après la guerre, il choisit la carrière militaire et est devenu compagnon de la Libération.

Source : Comité d’histoire de la Ville de Paris

 

Yves VOISIN

jeudi 3 janvier 2013

Le Mans Métropole passe à 14 communes

Depuis le 1er janvier 2013, Le Mans Métropole s’est agrandi en accueillant cinq nouvelles communes : Aigné, Champagné, La Milesse, Ruaudin et Saint Saturnin. Bienvenue à elles ! Et bienvenue aussi à toutes celles qui souhaitent venir rejoindre l'agglo! Car cela a été une des surprises des travaux de la Commission Départementale de l'intercommunalité, d'autres communes aimeraient rejoindre la Métropole et l'avouaient tout bas encore, lorsque les réunions plénières étaient terminées...Visiblement, elles font face à des oppositions qui brandissent la "grosse ville du Mans", disons le aussi, bien ancrée à gauche...Ce clivage est ancien, même si ses tenants ont perdu des plumes avec l'entrée de 5 nouvelles communes.

Avec cette évolution, le territoire élargi de notre métropole à 14 communes compte à présent 201 855 habitants et s’étend sur 218 km2. Cela représente une hausse de la population de 7,2 % et de la superficie de 38,3 %. Un seuil symbolique vient d'être franchi, et dans les années qui viennent, l'agglo mancelle pourra penser à construire avec d'autres encore un pôle métropolitain. Ce penchant à la polarisation est parfois un peu pénible mais cela pèse de plus en plus sur les cartes des dynamiques territoriales et de l'attractivité. Alors autant y penser!

Les nouvelles communes vont voir certaines de leurs compétences être transférées à la Communauté Urbaine, telles que l’urbanisme, voirie, circulation, déchets et les transports collectifs avec la Setram. Les ordures ménagères ont déjà été ramassées cette semaine par les services de la Métropole et les nouvelles lignes de bus sont aussi en fonction.

Nous allons veiller à ce que l’harmonisation fiscale se mette en place progressivement entre toutes les communes de la métropole. C'est une ancienne demande de la part de notre groupe, que les communes aient les mêmes taux et contribuent à même hauteur à la communauté de coopération intercommunale.

Sur la compétence eau en particulier, le groupe des élus Progressistes-Parti de Gauche souhaite qu’une Communauté Urbaine de l’eau soit enfin créée, ce qui constituerait une politique ambitieuse de l’approvisionnement en eau par sa cohérence spatiale et technique.Nous souhaitons aussi qu’une tarification sociale de l’eau soit mise en place afin de conduire une politique à la fois volontariste, socialement solidaire et écologiquement responsable.

lundi 10 décembre 2012

Intervention de Maryse Berger lors du Débat d'Orientations Budgétaires pour l'année 2013

Le débat sur les orientations budgétaires (DOB) de la Ville du Mans pour l'année 2013 s'est tenu lors du Conseil municipal du jeudi 6 décembre. Pour le groupe des élus Progressistes - Parti de Gauche, Maryse BERGER a débuté son intervention  en effectuant un premier rappel : la suppression de la taxe professionnelle a entrainé un transfert massif de l’impôt local sur les ménages.

Au niveau national, la réforme s’est traduite par 7,5 milliards d’euros d’allègements, surtout pour les PME. L’industrie - secteur automobile notamment - a plutôt mieux profité de la réforme que les autres secteurs, ce qui était le but recherché.

Pourtant un effet pervers non prévu est apparu, sans toutefois être corrigé : le secteur social privé comme les maisons de retraite privées ou les cabinets médicaux ont été les grands gagnants de cette réforme avec plus de 80 % d’allègements...

En conséquence, depuis 2010, le produit de l’impôt local repose directement à 77 % sur les ménages au travers de la Taxe d'Habitation et du Foncier bâti, et indirectement au travers des impôts d’Etat pour payer les compensations.

Comme le rappelle souvent et à juste titre le Maire du Mans, il faut avoir en tête que les fameuses « dotations d’Etat ne sont que des remboursements d’impôts supprimés ».

A cla suppression de la Taxe Professionnelle s'ajoute le fait que les collectivités locales sont une fois de plus appelées à participer à l’effort de redressement des comptes publics, au nom de la trop fameuse règle d’or (ou "règle de plomb"). Et pourtant, elles sont responsables de moins de 10 % de la dette publique et réalisent plus de 70 % de l’investissement public qui est indispensable à une relance économique. Avec l’Espace Culturel, notre investissement se situe encore à un haut niveau, à 56,7 millions d’euros, après les 37 millions de 2012. Tant mieux pour l’économie locale !

Déjà lors du DOB 2011 pour l'année 2012, Maryse BERGER avait souligné le caractère non seulement injuste mais aussi contre-productif de la diminution des capacités financières des collectivités territoriales, et l'a réitéré pour l'année 2013 ! Sur ce point, c'est la "continuité dans le changement" !!

Ainsi, au stade actuel de l’examen de la Loi de Finances, la perte de recettes évaluée à 0,631 millions d’euros courants, sans tenir compte d’une inflation estimée à 1,75 %. L’année dernière, la perte s'élevait à 830 000 euros. En deux ans, c’est l’équivalent de trois points d’impôts de perte, à laquelle il y aura à ajouter les conséquences non encore mesurées de l’augmentation des taux de TVA.

Malgré ces éléments défavrorables, la gestion, à la fois de la dette et des charges de fonctionnement, permet à la Ville du Mans de dégager un autofinancement couvrant les ¾ des ses investissements. Tant mieux car les difficultés pour trouver des crédits concernent moins notre ville que d’autres collectivités territoriales. Il n’empêche qu’un pôle public financier sera le bienvenu, afin que ne se renouvelle pas le scandale quasi -enterré de Dexia. Ceci dit, la maîtrise des coûts de fonctionnement tout en maintenant l’offre de  services à la population va bientôt connaitre une limite : depuis plusieurs années tout le monde fait des efforts de gestion et les marges de manœuvre diminuent tellement que bientôt budget et compte administratif risquent de coïncider.

En conclusion, les orientations budgétaires pour 2013 vont nous permettre de construire un budget fortement contraint mais qui assure le maintien d’un niveau de services publics de qualité et de proximité indispensables à une plus grande justice sociale, encore à peu près adapté aux demandes de la population.

Notre collègue François EDOM, quant à lui, a présenté le projet de construction d’une grande salle dédiée au tennis de table au Conseil municipal qui l’a validé lors du conseil du jeudi 6 décembre 2012.

La réalisation de cet équipement est devenue incontournable suite à l’incendie qui a détruit le complexe Davaze en 2005, provoquant le relogement du club de l’Association sportive Gazelec (ASGM) dans le gymnase de Victor-Lair, et des difficultés à répondre aux besoins de tous les utilisateurs.

D’un montant de 2,8 millions d’euros, cet équipement, financé par les collectivités territoriales et la Fédération Française de Tennis de table, verra le jour dans la zone du Ribay/Pavillon, près de l’Université, où une réserve foncière de 4650 m2 est disponible.

 

jeudi 15 novembre 2012

Communiqué de presse au sujet de la fermeture de l'usine Candia au Lude

 

Le Mans, mercredi 14 novembre 2012

 

 Communiqué de presse du Parti de Gauche 72 : Non à la fermeture de Candia au Lude

Issu du regroupement de plusieurs coopératives régionales, le groupe Sodiaal a présenté jeudi 8 novembre en Comité Central d’Entreprise «  un projet de réorganisation industrielle et logistique » qui comprend la fermeture de trois des huit sites de production, dont Le Lude, et la suppression de 313 emplois sur un total de 1 465 de sa filiale Candia. Le groupe envisage « le regroupement de la production de la société Candia sur cinq sites de conditionnement de lait de consommation à l’horizon 2014, au lieu de huit actuellement » afin de « renforcer » l’entreprise dans le secteur du lait de consommation.

Cette annonce dramatique pour les salariés du Lude et pour la population du bassin ludois fait hélas écho à la manifestation des producteurs de lait sarthois qui, le 19 septembre dernier, devant le groupe coopératif Sodiaal, dénonçaient la baisse des prix d’achat les étranglant.

En fait, c’est tout le secteur agroalimentaire, producteurs et salariés, qui est pris dans la tourmente de la financiarisation des secteurs agricoles et agro-alimentaires et de la concurrence impitoyable au sein même de l’Union Européenne.

On promettait une Europe bouclier, une Europe sociale mais le secteur laitier français, avec au premier chef la filiale Candia, se trouve sévèrement impacté par la concurrence sauvage de laitiers européens principalement allemands. Comme si cela ne suffisait pas, la grande distribution française, nous apprennent les syndicalistes du groupe, vient leur prêter main forte en exerçant une pression insoutenable, au travers des MDD (marques de distributeurs), en allant se fournir en dehors des frontières et non auprès des producteurs locaux. Ces marques qui représentaient 1/3 du volume il y a dix ans, pèsent prés de 45% en 2012 !

Pour conserver ses marges importantes, la grande distribution, qui n’est pas délocalisable, régit le marché par des appels d’offres inversées qui fragilisent et détruisent les économies locales.

Rappelons enfin, que la filiale Candia réalisait encore l’an passé, en 2011, dix millions d’euros de profits et que, si 2012 s’annonce déficitaire, le groupe Sodiaal lui restera largement excédentaire.

Une rencontre a déjà eu lieu avec Stéphane Le Foll, le Ministre de l’Agriculture. Audit contradictoire et étude d’impact sont promis. Pourquoi pas ? Mais le diagnostic est bien connu du ministre et les solutions envisageables, donc !

La concurrence intra-européenne doit être combattue par des convergences sociales par le haut, comme un salaire minimum qui annulerait le dumping social dans l’Union Européenne. Les licenciements au sein d’un groupe (Sodiaal) qui fait des bénéfices peuvent être interdits. Les sénateurs ont adopté une loi proposée par le Front de Gauche. Elle doit maintenant arriver devant l’Assemblée Nationale.

Il faut aussi défendre, à proximité des lieux de production, la localisation des activités agro-alimentaires qui soutiennent l’emploi local. Introduire une taxe écologique évitant au lait acheté par la grande distribution d’avoir à faire des centaines de kilomètres en camion entre les lieux de production, de transformation et de distribution.

Enfin, il est aussi temps de remettre à plat le fonctionnement de ces grosses coopératives qui n’ont de coopérative que le nom.

Oui, c’est vrai !, c’est une autre politique qu’il faut mettre en œuvre.

Le choix peut en être fait, dans l’année, s’appuyant sur le vote des français ayant majoritairement fait le choix du changement. L’usine du Lude et bien d’autres sites en France y retrouveraient de la sérénité.

 

Patrice PERDEREAU, Coordinateur départemental

 

 

lundi 1 octobre 2012

Non au traité d'austérité pour une Europe solidaire

4 cars au départ du Mans, ce dimanche 30 septembre. Un dimanche qui va faire date ! Certes, c’est un chouïa moins que pour la Bastille, le 18 mars dernier (5 cars), mais le très long cortège qui a défilé sur près de 5 kms entre Nation et place d’Italie, témoigne d’un mouvement d’une même ampleur.

Ce dimanche, ce n’était plus une « insurrection citoyenne » pour chasser Sarkozy, mais une levée militante en masse qui commence à mettre le peuple français en marche contre les politiques austéritaires.

Le socle politique de la gauche a donc commencé à se réunir hier. Car ceux qui ont manifesté dimanche ont mis Sarkozy et la droite dehors en mai dernier, et ne veulent pas voir la politique de la droite s’imposer tout de même.

Quand nous mettions Sarkozy & Co dans nos chamboul’tout pendant la campagne Présidentielle, c’était pour se débarrasser de cette bande et de sa politique. Alors, voir revenir le Traité Merkozy, sans qu’une virgule n’ait été changée, a de quoi susciter cette réaction pour rappeler qu’une majorité a existé pour battre la droite et existe aujourd’hui pour battre l’austérité.

Elle existe aussi dans chacune des institutions du pays. Le bloc, associant EE-LV, des parlementaires socialistes et le Front de Gauche, figure déjà le cœur d’une autre majorité pour une autre politique. Une majorité qui s’oppose à l’austérité. Une majorité qui unit et rassemble les peuples. Car le même mouvement, qui veut faire barrage à l’austérité en France, est en construction partout en Europe.

Deux Europe se font face, celle de la finance, campée depuis longtemps, et l’Europe sociale en construction dans les urnes et dans les manifestations populaires.

Cette mise en mouvement européenne contre l’austérité et pour une refondation progressiste est importante pour faire pièce au cauchemar « bleu marine » prospérant partout sur le désespoir.

Dans des conditions très différentes de la crise des années 30, c’est la même partie qui se joue.

A la gauche, au bloc qui s’ébauche entre le Front de Gauche, EE-LV et une partie des socialistes, de construire le cœur d’une majorité alternative afin d’engager une sortie progressiste à la crise.

C’est l’état d’esprit qui régnait dans les cœurs, gonflés à bloc, des militants sarthois de retour de Paris ce dimanche.

Patrice PERDEREAU

samedi 29 septembre 2012

Un jour, un évènement : le 29 septembre 1938

Le 29 septembre 1938, les démocraties libérales européennes capituelent face au diktat allemand et signent les accords de Munich.

Depuis le Traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919, de nouveaux pays ont vu le jour en Europe sur les ruines de l'empire austro-hongrois. Parmi eux, la Tchécoslovaquie. Ce pays rassemble deux peupels, les Tchèques et les Slovaques en vertu du principe wilsonien du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Mais les frontières incluent de nombreuses minorités, notamment les Allemands des Sudètes.

Dès 1918, certains refusent ce découpage et demandent leur rattachement à l'Allemagne. Jusqu'en 1935, il ne s'agit que d'une minorité. L'arrivée au pouvoir d'Hitler puis l'Anschluss (réunification de l'Allemagne et de l'Autriche) en 1938, remettent la question des Sudètes au centre de la géopolitique européenne.

Hitler annonce en septembre 1938 qu'il annexera la région des Sudètes le 1er octobre au nom du même droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La France et la Grande-Bretagtne sont mises au pied du mur, car la Tchécoslovaquie est leur allié. Face à la menace de la guerre, Mussolini joue les intermédiaires et Hitler organise à Munich une conférence de la dernière chance.

La France de Daladier refuse une guerre avec l'Allemagne sans le soutien de la Grande Bretagne. Pourtant l'Allemagne n'a pas le potentiel militaire pour résister à l'armée française. Mais le sentiment pacifiste est très prégnant dans la société française fortement traumatisé par la boucherie de 14-18 et qui répond à l'idée : "plus jamais ça". La France abandonne donc son allié et cède à Hitler la région des Sudètes. Au lieu de la réprobation populaire à laquelle ils s'attendaient à faire face, Daladier et Chamberlain sont accueillis en héros à) leur retour dans leur pays respectifs.

Rares étaient ceux qui condamnèrent ces accords. Ainsi Winston Churchill déclara : "Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre." En France, Blum évoque "un lâche soulagement et la honte" en ratifiant les accords. Seuls les communistes votent conjtre la ratification des accords.

Face à la menace des fascismes, les principes sont des digues que les Républicains doivent lever et garder étanches.

lundi 24 septembre 2012

TSCG: F. Hollande doit entendre la gauche!

Le Monde - 25 septembre 2012 

 

Le week end dernier, le Conseil Fédéral d’EE-LV s’est prononcé contre la ratification du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), tel qu’il est présenté, en s’appuyant notamment sur le fait que : « Les politiques simultanées et coordonnées d’austérité comme unique réponse politique ne peuvent que conduire l’Europe vers une récession économique qui fera empirer le problème de la dette souveraine plutôt que de le résoudre » (Déclaration de Paris par le Parti Vert Européen ; 18 nov 2011)

Pour les membres d’EE-LV, le TSCG, comme seule réponse, est donc un traité inadapté et facteur potentiel d’aggravation des tensions sociales. Il restreint de manière très défavorable la possibilité de politique de relance basée sur la transition écologique.

En ce sens, nous saluons le vote extrêmement large du Conseil Fédéral d’Europe Ecologie- Les Verts contre le traité européen.  C'est selon nous un événement politique d'ampleur. Majoritairement, un des deux partis de la coalition a rompu la solidarité politique gouvernementale. En soi ce n’est pas rien. Mais il s’agit d’un texte qui va être à l'origine de toute l'orientation du gouvernement pour les mois à venir

Le fait marquant, qui positionne cette formation pour l'avenir, pour les majorités politiques que nous pourrions constituer, c'est qu’Europe-Ecologie-Les-Verts ait dit « non » au traité européen. Ce vote met aussi la gauche du PS au pied du mur. Il devient plus difficile selon nous de se dédire quand une partie de la majorité gouvernementale et une aussi forte partie de la gauche parlementaire est aussi résolue. Car le « oui » et le « non » au traité européen ne sont pas une opinion parmi d’autres à propos de politique étrangère ! C’est une ligne d’ensemble dans chacun des deux cas. Elle concerne l’avenir de l’Europe et la conduite de la politique générale en France.

Cet acte important qui intervient après l’engagement de plusieurs parlementaires socialistes dans le même sens, montre que le refus du TSCG est majoritaire à gauche. François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent l’entendre et ne pas s’allier avec la droite pour faire passer en force ce texte.

Nous l’avons toujours exigé. Un texte aussi important que celui-ci nécessite un débat national qui doit précéder la tenue d’un référendum et le vote de tous les citoyens.

 

mardi 18 septembre 2012

Pour une Europe de la souveraineté populaire : NON au Traité européen !

Le résultat du sondage Ifop (divulgué le 17 septembre 2012) révèle un constat implacable : si le Traité de Maastricht devait être revoté, 64 % des français voterait contre. A cela s’ajoute le non de 2005 au libéral Traité Constitutionnel Européen sur lequel Nicolas Sarkozy s’est assis en 2008 avec le Traité de Lisbonne.

Si les Français ne souhaitent pas sortir de la zone euro, ils veulent néanmoins que la France agisse pour transformer l’Union Européenne en profondeur.

Il existe une majorité de français et une majorité politique de gauche qui ne souhaite pas voir une Europe libérale, mais plutôt une Europe sociale des peuples.

Fort de ce non majoritaire, le chef de l’Etat F. Hollande aurait dû et devrait mettre un point d’honneur à proposer une autre politique européenne à Angela Merkel que celle de Sarkozy. Il n’en est rien malheureusement à ce jour !

A la crise qui secoue notre continent ne sort comme solution unique l’austérité de masse qui ne fait qu’aggraver cette crise.

Et le gouvernement s’apprête à faire passer le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) au Parlement sans consulter les Français via un référendum. Il reste cependant un moyen de procéder à un référendum puisque le Parlement dispose de la capacité de proposer une motion référendaire.

Car le TSCG remet très clairement en cause la souveraineté populaire de notre pays, il est inacceptable en l’état. S’il est ratifié par le Parlement début octobre, ce sera un basculement majeur pour notre pays.

L’alternative sociale existe pourtant ! Elle consiste notamment à ce que le gouvernement refuse le diktat des marchés financiers, à rediscuter la dette et à répartir plus justement l’impôt sur les revenus.

Face à cela, la mobilisation doit être la plus large possible et rassembler toutes les composantes du non à l’Europe libérale pour aboutir à une grande manifestation le dimanche 30 septembre à Paris.

Patrice PERDEREAU

mercredi 12 septembre 2012

Dimanche soir, Hollande a plié !

Comme à la mêlée, lorsque le pilier droit rompt, le beau jeu devient impossible...

Le pilier est un roc qui tient son équipe. Lorsqu’il flanche, c’est toute l’équipe qui se retrouve à genou…..   Le Président de la République est le pilier du changement et bien qu’arrivé sur le plateau de Chazal avec le torse bombé, F. Hollande a hélas plié.

Il a plié trois fois !

Il a d’abord cédé sur le récit de la 5ème République. « Son » premier ministre a maintenant un rôle d’animateur et de coordinateur de l’équipe gouvernementale, tançant les ministres novices et inexpérimentés. Voilà  le Président fixant le cap et l’agenda et s’ordonnant la règle de venir régulièrement devant les télés …. Il affirme au passage être le seul à fixer les objectifs.

Circulez, la cinquième République se porte bien, et l’hyper- présidentialisation est acceptée par la gauche au pouvoir.

Ensuite, il s’est cintré, gondolé, baissé devant le dogme austéritaire qui saigne l’Europe et ses peuples. Il annonce l’administration d’une potion bien indigeste pour l’économie réelle du pays. Cette politique qu’il nomme le redressement est l’annonce d’un plan puissance 2. (30 milliards de ponction alors que le plan Fillon n’en prévoyait que 15)

Pour tous les services publics, mis à part l’éducation, la justice et la police, les effectifs diminueront.

Pour les salariés de PSA, un plan social exemplaire sera mis en place avec un « effort important » pour assurer leur reclassement….Ainsi la disparition de l’usine d’Aulnay est actée.

Pour les classes moyennes, l'impôt sur le revenu sera augmenté dès la troisième tranche, c’est-à-dire dès le que seuil du SMIC est atteint. La refonte de la CSG, annoncée en filigrane, amputera les salaires si, comme on le pressent, les entreprises économisent 50 Mds d’euros pour le financement de la sécurité sociale.

Pour la troisième fois, F. Hollande s’est courbé au point même de s’agenouiller devant la fable de la compétitivité ! En acceptant  la fiction du coût du travail, la légende de la rigidité du marché de l’emploi, il accepte les fictions patronales ! Pourtant, toutes les statistiques sérieuses montrent que le prix du travail en France est bien situé par rapport à celui de l’Angleterre ou de l’Allemagne ! Selon les statistiques de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) de juillet 2012,  la part des contrats à durée déterminée n’a jamais été aussi forte au point de culminer à 80% des embauches !

En reprenant le terme « agenda », F. Hollande puise directement son inspiration auprès de G. Schroëder et de son agenda 2012. Rappelons au passage qu'il a conduit à la victoire A. Merkel et sa politique désastreuse qu’elle impose à l’Europe.

En fléchissant ainsi devant la poussée de la première ligne adverse que représente le Medef, Hollande vient d’engager la France dans une politique de recul, enfoncé par la pression idéologique des libéraux.

A défendre derrière notre ligne, des perches sont offertes à l’adversaire qui n’a plus qu’a transformer l’essai en réclamant d’avantage d’austérité, de privations et de restrictions .

C’est ce que fait le Medef appuyé sur ces deux piliers que sont la compétitivité et la casse du compromis social de 1945.

François EDOM

 

mardi 28 août 2012

Estivales citoyennes du Front de Gauche

Du 24 au 26 août sur le campus de l’université de Grenoble à Saint Martin d’Hères, plus de 1300 camarades ont participé à cet événement politique de la rentrée, dont 10 sarthois, bel effort !

Dans un joyeux capharnaüm avec un grand nombre d’ateliers aux horaires et au lieu parfois changeant, nous avons échangé, débattu, construit avec l’ensemble des composantes du Front de gauche, sur l’Europe, l’emploi, la démocratie, l’écologie, les rapports entre les syndicalistes et les politiques, la santé ou encore les droits des femmes et des migrants ….. Toute la journée de samedi, j’ai animé l’atelier « Luttes étudiantes dans le monde contre la marchandisation de l’Université ». Un atelier très international car outre Maèlle, Céline and me, participaient des camarades du Québec, du Bloco portugais, d’Izquierda Unida espagnol et en duplex, notre camarade grec, Stavros de Syrisa.

Je suis aussi intervenu dans un atelier sur l'agriculture biologique et la restauration scolaire avec notre ami JY Aubry.  A noter aussi le franc succès rencontré par le petit ouvrage sur  « les radicalités concrètes », auquel Maryse et moi avons participé, qui nous sera bien utile pour les municipales.
Trois meeting nous ont permis aussi de préparer les argumentaires de rentrée, de rappeler nos propositions concrètes et actuelles : une loi d’amnistie pour les syndicalistes condamnés sous Sarkozy, une loi contre les licenciements boursiers, une mobilisation de masse contre le traité Merkel Sarkozy approuvé par Hollande, …….

Dans la chaleur de l’ambiance mais aussi de la météo ! Deux questions existentielles ont irriguées les dialogues sur les pelouses et autour de verres : le positionnement stratégique du Front de Gauche face au gouvernement actuel et notre nouvelle manière de fonctionner.
Comment devenir une construction politique inédite ?

Depuis sa fondation, le Front de gauche a vécu une succession de rendez-vous électoraux : les européennes, les régionales, les cantonales, la présidentielle et enfin les législatives, augmentant son score à chaque scrutin. D’une alliance électorale, il entend devenir une construction politique inédite. La transformation est cependant loin d’être simple. Il faut innover et trouver, dans la durée un fonctionnement de plus en plus collégial, même en place des formes de participation qui ne mettent personne sur la touche
L
’élan électoral avait suscité des enthousiasmes et entraîné des milliers d’adhésions, au PCF et au PG et au… Front de gauche, même s’il n’est pas possible statutairement de le faire actuellement. C’est justement l’un des points qui provoquent des réactions. Faut-il ou non créer une carte du Front de gauche ? Appartiendrait-il aux comités locaux de les accueillir ? Et quelle sera la place des sans-parti ?

 La réunion du Conseil National de campagne devant les participant, le dimanche matin, a commencé à apporter des réponses consensuelles. J’ai été frappé par le peu de demandes que le Front de Gauche fonctionne comme un nouveau parti politique, avec des adhésions…J’ai surtout retenu que beaucoup souhaitaient que le fonctionnement à la base, avec les assemblées citoyennes, conserve sa capacité à élargir, à débattre et à préparer des prises de décisions. Sans le dire, chacun sent bien qu’une nouvelle forme politique est entrain de voir le jour et qu’il faut lui donner toutes ses chances avant de lui donner la forme, plus traditionnelle, du parti avec son principe d’ «un adhérent, une voix ».  Il faut lui permettre de décider démocratiquement tout en respectant chacune des composantes dans ce qu’elle considère de plus essentiel de son identité. Nous avons réussi à le faire pour désigner un candidat à la présidentielle, des candidats par ailleurs, pour  présenter un programme capable sur les questions qui font débat, comme le nucléaire, de trouver des équilibres qui demeurent opérant politiquement. C’est tout cet acquis qui a présidé à la premièreréunion publique sereine du Conseil National du Front de Gauche. Et c’était une gageure !

mardi 10 juillet 2012

Les méthodes de Suez-Lyonnaise des Eaux - Communiqué de presse du Parti de Gauche

Le Parti de Gauche a découvert avec stupéfaction les méthodes déployées par la société Suez-Lyonnaise des Eaux pour nuire à l’action d’un de ses élus, Gabriel Amard, Président de la communauté d’agglomération "Les Lacs de l’Essonne", s’est en effet retrouvé au cœur d’une manœuvre visant à discréditer son projet de passage en régie publique de l’eau, qui a vu jour le 1er janvier 2011 pour la commune de Viry-Chatillon.

Cette manœuvre, dévoilée par le journal Marianne, démontre une fois de plus l’absurdité de confier à une multinationale la gestion d’un bien commun de l’humanité, et les dérives que l’appât du gain et la recherche permanente du profit peuvent entraîner.

Le Parti de Gauche s’inquiète également du rôle joué dans cet affaire par Antoine Boulay, à l’époque directeur du cabinet d’information travaillant pour Suez  et aujourd’hui chef de cabinet de Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture. 

Cette intervention interroge sur la position réelle du Parti Socialiste en faveur de la gestion publique de l’eau. Cette révélation intervient d’ailleurs alors que se pose de nouveau la question d’un passage en régie publique d’une des plus grosses communautés d’agglomération de la Région parisienne, Est-Ensemble, gérée majoritairement par des élus socialistes.

Le Parti de Gauche entend ne pas se laisser intimider par ces procédés crapuleux et poursuivra son combat pour un retour en régie publique de l’eau.

Gabriel Amard, par ailleurs secrétaire de La Gauche par l’Exemple, association des élu-e-s du PG, continue son combat contre le lobbying de la fédération des majors privés de l’eau et à ce titre participe aujourd’hui même dans les Landes à la création du réseau des gestionnaires publics de l’eau  « France eau publique », aux côtés des élus et techniciens du bas Rhin , de la Vienne , du Nord , de Franche Comte, de Moselle, de Paris et des Landes . 

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