Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Un jour, un évènement

Retrouvez dans cette rubrique un évènement important correspondant à une date marquante de l'Histoire du mouvement socialiste et républicain.

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 5 juillet 2013

Un jour, un évènement : le 5 juillet 1932

Le 5 juillet 1932, Salazar devient président du Conseil portugais. Cet économiste de famille modeste accède à l'oligarchie portugaise à l'occasion de ses études universitaires. Profondément réactionnaire, il considère que la famille est la condition du progrès. Dès 1919, il s'opposeà la république portugaise, à l'époque ouvertement anticléricale. La chute du régime parlementaire organisée par les généraux en 1926 fait de lui un recours lorsque la crise économique met le pays au bord de la banqueroute. Il obtient les pleins pouvoirs économiques et met en place une politique favorable à l'oligarchie, austérité et contrôle de la monnaie. En un an, il réduit le déficit public, au prix d'importants sacrifices dans les dépenses publiques.

En 1933, il met en place une réforme institutionnelle qui lui confère les pleins pouvoirs : l'estado novo. Sa devise est "Dieu, Patrie et Famille". L'oligarchie a trouvé son défenseur et le cadre institutionnel de son développement. Salazar interdit les syndicats, la presse libre, instaure le parti unique en s'appuyant sur l'Eglise catholique.

Economiquement, Salazar favorise le corporatisme, inspiré des encycliques pontificales. Soulevant l'enthousiasme de l'extrême droite française, il s'avère un inspirateur de la Révolution nationale du Maréchal Pétain. Pour assurer la survie de ce régime autoritaire, il met en place une politique à la triste réputation, connue principalement sous le nom de PIDE. Celle-ci exerce une surveillance sans pitié sur la population, le moindre soupçon d'opposition entraine une incarcération dans les prisons du régime où la torture était pratiquée de mainière courante.

Son soutien au général Franco lors de la guerre d'Esapgne s'avère décisif dans les premiers moisdu coup d'état. Il ouvre ses ports aux armes allemandes et italiennes, fournit des moyens de communication et plus de 12 000 hommes. Entretenant de bonnes relations avec les deux camps lors de la seconde guerre mondiale, i l n'est pas inquiété à la fin de celle-ci. Au contraire, il intègre l'OTAN dès 1949, bien qu'il dirige une dictature sanglante.

Seule la Révolution des oeillets permet de mettre un terme à ce régime en 1974.

vendredi 28 juin 2013

Un jour, un évènement : le 28 juin 1931

A l'heure où les nombreux manifestants en Espagne contre l'austérité demandent de plus en plus souvent le passage à la République, les élections du 28 juin 1931 rappellent comment l'Espagne essaya de sortir de la grande crise de 29 par le haut, avec des réformes économiques, sociales et institutionnelles. Convoquées pour former l'Assemblée constituante de la Seconde République espagnole, ces élections aboutirent à la victoire du Front popualire qui remporta la majorité des sièges à l'Assemblée. Un processus qui donna naissance, quelques mois plus tard, à une Constitution républicaine et laïque.

La Seconde République Espagnole succédait à plus de soixante ans de monarchie, mais aussi à près de dix ans de dictature du génréral Primo de Rivera qui avait pris le pouvoir le 15 septembre 1923 par un décret royal d'Alphonse XIII. En 1930, face à une crise économique importante, ce dernier demanda au général sa démission. Mais cela ne calma pas la population espagnole, de plus en plus séduite par les idées républicaines. La République était considérée comme le seul moyen de moderniser le pays. Elle fut proclamée, deux jours après les élections municipales du 12 avril 1931 qui avaient vu la défaite du camp monarchiste. Un gouvernement provisoire fut mis en place par Niceto Alacala Zamora, en attendant la rédaction de la nouvelle constitution.

La rédaction de la constitution qui suivi la victoire du Front populaire, prit plus de six mois. Elle fut approuvée le 9 décembre 1931. L'Espagne y était décrite comme une "République démocratique de travailleurs de toutes les classes". Inspirée par la troisième République française, cette nouvelle constitution du pays était laïque. En effet, on y trouve l'interdiction de l'exercice de l'enseignement religieux, la suppression de la rétribution publique du clergé et la dissolution des organisations qui ne reconnaissent pas l'autorité civile. La nouvelle constitution instaura également le suffrage universel, avec le droit pour les femmes d'être électrices et éligibles. La liberté d'association fut accordée, permettant l'essor des syndicats et de nombreuses mesures en faveur des couches les plus populaires.

vendredi 21 juin 2013

Un jour, un évènement : le 21 juin 1791

Le 21 juin 1791, une luxueuse berline s'arrête au relais de poste de Sainte-Menehould. Le valet de l'équipage ne semble pas inconnu à l'aubergiste. Où a-t-il pu avoir déjà vu ce visage ? Une pièce de monnaie, un Louis, qu'il vient de recevoir de ces visiteurs lui éclaircit la mémoire. Il est convaincu d'avoir reconnu le Roi. Il se lance à la poursuite de la voiture et la fait arrêter par les autorités révolutionnaires à Varennes. Le Roi démasqué, bloqué à Varennes, puis rejoint par les émissaires de l'Assemblée, doit faire demi-tour.

Sur le chemin du retour, la Garde nationale forme la haie, mais la crosse en l'air, comme pour un enterrement. La consigne : "Quiconque applaudira le roi sera bâtonné, quiconque l'insultera sera pendu" était inutile.

La fuite du Roi marque une rupture déterminante. Pour une grande partie du Peuple, la mythologie royale s'effondre. Si ce rejet du Roi est variable selon les régions, il est net à Paris dont la population manifeste sa désapprobation lors du passage du cortège royal par un silence lourd de sens. En quelques jours, l'idée républicaine passe du statut de vague possibilité théorique à celui d'une alternative concrète. Condorcet (1743-1794), républicain convaincu, prononce le 8 juillet une déclaration qui fait date : De la République, ou un Roi est-il nécessaire à l'établissement de la liberté ? Des adresses remontent des provinces et des pétitions sont rédigées pour exiger la mise en place d'une République. Pour la première fois, un mouvement populaire se dessine en sa faveur. Cependant, celui-ci se heurte à l'opposition farouche de la majorité de l'Assemblée.

Malgré la trahison royale, l'Assemblée décide de défendre la monarchie quoi qu'il en coûte. Elle entérine le mensonge de l'enlèvement du roi et organise la répression contre les républicains.

Lorsque ceux-ci déposent leur pétition au Camps de Mars le 17 juillet, la troupe, sous les ordres de La Fayette (1757-1834), tire sur le peuple. L'unanimisme de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 est bien loin. La question républicaine divise le mouvement révolutionnaire. Après une courte parenthèse, la République redevient un mot tabou. Mais en cherchant à rejoindre les armées étrangères, le Roi s'est perdu et a signé la fin inéluctable de la monarchie.

samedi 15 juin 2013

Un jour, un évènement : le 15 juin 1963

Le 15 juin 1963, Carrefour ouvre le 1er hypermarché français à Sainte-Geneviève-des-Bois en Ile-de-France. Le magasin fait plus de 2600 m2 et compte 400 places de parking, une pompe à essence et de grands chariots à roulettes. C'est surtout la première fois qu'un magasin propose une aussi large variété de produits sous une même enseigne et dans le même magasin : des produits frais, de l'épicerie, du bazar, du textile et de l'électroménager.

Présenté comme le un nouveau modèle de commerce " tout sous le même toit", le fonctionnement de ces usines à vendre" repose sur un modèle de gestion spécificque : le large assortiment et choix de produits, associé à de nouvelle techniques de marketing (diffusion de musique dans les rayons) pousse à la consommation. L'importance des volumes traités permet de réduire les coûts de structure et de fonctionnement par rapport aux commerces traditionnels. Ces économies d'échelles autorisent des réductions des prix de vente sans entamer les marges. Enfin ces usines situées en périphérie des villes bénéficient de voies d'accès et de parkings qui favorisent un fort taux de fréquentation.

Le modèle est rapidement suivi par les concurrents de Carrefour et l'on compte plus de 12 000 magasins de grande distribution (hypermarchés et grands commerces spécialisés) en 2009. Au delà d'un nouveau mode de consommation, c'est tout un système économique qui est perturbé. Les producteurs (notamment dans l'agro-alimentaire) sans marge de négociation face à la position dominante des grandes enseignes dans le réseau de distribution, sont soumis à la concurrence de l'importation malgré son coût écologique. La politique de l'offre qui y est développé nécessite sans cesse de nouvelles réductions de coût dont les travailleurs de la grande distribution (plus de 600 000, majoritairement des femmes) sont les premières victimes : bas salaire, temps-partiel imposés, travail le dimanche....De plus en plus grands, ces magasins poussent au développement de zones commerciales en périphérie des villes modifiant profondément le rapport à la ville et favorisant le "tout voiture".

La grande distribution apparaît comme le versant commercial d'un modèle économique socialement et écologiquement insoutenable.

mercredi 12 juin 2013

Un jour, un évènement : le 12 juin 1790

Au début de l'année 1789, le Comtat Venaissin manqua de blé suite à une récolte insuffisante. Après plusieurs soulèvements populaires, un parti patriote se constitua contre l'autorité papale.

Il faut rappeler que la population du comtat était sous la domination du pape depuis que le roi de France Philippe III le Hardi l'avait cédé au pape Grégoire X en 1274. Face à l'inefficacité des mesures décidées par le légat du pape, la conjoncture s'aggrava. Au début de l'année 1790, la foule attaqua le palais apostolique, forçant le vice légat à abandonner une partie de ses privilèges.

Les Etats généraux du comtat eurent lieu, et les délégués décidèrent de prendre le nom d'Assemblée représentative du Comtat Venaissin. Le 10 juin, des aristocrates furent arrêtés pour avoir tenté un coup de force. En réaction à ces évènements, la municipalité vota le rattachement d'Avignon à lma France le 12 juin 1790. Il fallut toutefois attendre le 21 septembre 1791 pour qu'il soit acté par un vote de l'Asssemblée nationale constituante.

L'affaire du Comtat Venaissin est considérée comme l'une des premières manifestations de ce que l'on appellera plus tard le droit des peuples à disposer d'eux mêmes. Inspirés par les évènements qui avaient lieu dans le royaume de Francedepuis l'année 1789, les patriotes manifestèremnt leur volonté de s'émanciper de la tutelle papale. Le processus ressemble à celui qui eut lieu en France. Il montre l'importance de la Grande Révolution dans la diffusion des idées de Liberté et d'Egalité partout en Europe. Ce sont ces idées qui plus tard mèneront à la proclamation de la République.

C'est également en leur nom que Robespierre fut amené à soutenir les patriotes d'Avignon. Dans un discours prononcé à la constituante, il dit :"Ce n'est pas sur l'étendue du territoire avignonnais que se mesure l'importnace de cette affaire, mais sur la hauteur des principes qui garantiuseent les Droits des Hommes et des Nations. La cause d'Avignon est celle de l'Univers".

L'incorruptible avait compris l'importance de ce moment dans l'histoire de l'émancipation des peuples, et la nécessité de soutenir les revendications populaires contre tout arbitraire.

 

mardi 4 juin 2013

Un jour, un évènement : le 4 juin 1932

Dans un Chili qui, après plusieurs années de dictature, est confronté à une série de coups d'Etat et où chaque groupe politique tente d'imposer sa conception du pouvoir, un groupe de militaires rebelles prend le 4 juin 1932 le contrôle du palais présidentiel et proclame la République Socialiste du Chili. La formulation la plus synthétique des objectifs du nouveau gouvernement tient dans la phrase suivante : "donner à manger au peuple, donner des vêtements au peuple, donner un logement au peuple, en entandant par "le peuple" l'ensemble des citoyens sans distinction de classe ni de parti." Ces objectifs doivent être atteints notamment par les moyens de l'annulation des dettes et de la redistribution agraire.

Le 16 juin, une grande manifestation ouvrière a lieu pour soutenir le gouvernement dont le discours et les premières actions suscitent l'enthousiasme du prolétariat chilien. Dans la crainte d'un durcissement de l'orientation révolutionnaire de la république socialiste, un autre groupe d'officiers prend à son tour le contrôle du palais présidentiel, séquestrant plusieurs ministres. La république socialiste prend ainsi fin après seulement 12 jours. S'ensuit une période de plusieurs mois d'anarchie, pendant laquelle les coups d'Etat se succèdent et les mesures autoritaires se multiplient. La censure de la presse est rétablie, et l'état d'urgence décrété.

La nature réellement " socialiste" de l'éphémère république chilienne a été l'objet de controverses, aussi bien à l'époque qu'ultérieurement. Si le coup d'Etat fait suite à d'importantes mobilisations populaires, il n'en reste pas moins dirigé par des militaires, et sa forme rappelle davantage la tradition caudilliste de l'Amérique Latine que les révolutions démocratiques caractéristiques du mouvement ouvrier. Le parti communiste chilien dénonce ainsi les promesses de la junte comme fallacieuses, appelle au pouvoir des soviets et à la constitution d'un gouvernement ouvrier et paysan.

Durant les 12 jours de son action, la junte aura pourtant amnistié tous les condamnés pour délits poltique, annulé les dettes contractées auprès de la Caja de Credito popular et promis l'élection d'une Assemblée constituante. Dans la mémoire de la gauche chilienne, la république socialiste reste donc largement perçue positivement.

dimanche 26 mai 2013

Un jour, un évènement : le 26 mai 1896

Le 26 mai 1896 Charles Dow et Edward Jones, 7 ans après avoir fondé le Wall Street Journal, publient l'indice "Dow Jones Industrial Average". Conçu comme un outil permettant d'anticiper les investissements industriels les plus rentables, la création de ce premier indice boursier marque une étape dans la financiarisation du capitalisme.

Les sociétés industrielles sont alors mal représentées sur les marchés boursiers mais l'on peut prévoir pour celles-ci des potentiels de bénéfices bien supérieurs aux autres, grâce notamment aux gains de productivités et aux économies d'échelle. Les profits spéculatifs anticipés sont importants et en voie d'augmentation, Charles Dow prévoit d'ailleurs que "le marché des valeurs industrielles deviendra le grand marché spéculatif des Etats-Unis".

La liste des valeurs composant l'indice est à plusieurs reprises révisée, pour s'éloigner de plus en plus de la réalité économique et de sa base industrielle. L'indice ne renferme plus aucune entreprise de l'industrie du transport ni de l'industrie des services publics et seule la General Electric est restée dans la liste des 30 valeurs retenues depuis sa fondation.

Symbole de la déconnexion entre capitalisme financier et l'économie réelle, cet indice est, comme les autres, soumis aux fluctuations aléatoires de la Bourse. Ainsi le 6 mai 2010, une vente en cascade est déclenchée mécaniquement par des logiciels de courtage ultra-rapides suite à un algorithme défectueux. En l'espace de quelques minutes, le Dow Jones perd 10 %, soit 862 milliards de dollars qui disparaissent. Le rapport des autorités de régulation américiane reconnait que " l'exécution automatique d'un important ordre de vente peut provoquer des mouvements de ventes extrêmes".

Des propositions de régulation des marchés boursiers sont cependant repoussées et des systèmes de suspensions automatique de la Bourse mis en place en cas de chute brutale des cours. Ceux-ci n'empêchent pas un nouveau décrochage le 24 avril 2013. Le Dow Jones perd 143 points, soit 136,5 milliard de dollars entre 19h07 et 19h10 suite à un tweet factice annonçant l'explosion de deux bombes à la Maison Blanche. La fameuse "main invisible" a semble-t-il perdu tout contrôle.

vendredi 24 mai 2013

Un jour, un évènement : le 24 mai 1743

Le 24 mai 1743, à Boudry, ville prussienne proche de Neuchâtel (en Suisse actuelle), naît Jean-Baptiste Marat, un descendant d'immigrés espagnols et sardes. Rien ne le prédestine à devenir Français, ni un révolutionnaire des plus intransigeants au service du Peuple parisien.

Après des études au collège, il rejiont la France comme précepteur avant de commencer une formation de médecin. Continuant son périple, il s'installe en Angleterre, où il exerce la médecine entre Londres et Newscastle. C'est dans ce pays qu'il se sensibilise à la politique, en publiant plusieurs ouvrages philosophiques. Il contribue à la campagne électorale de John Wilkes pour devenir Lord Maire de Londres. John Wilkes affirmait des positions radicales en faveur de la liberté de la presse, l'inviolabilité parlementaire et le droit des classes moyennes à élire leurs représentants. Après un séjour aux Provinces-Unies puis en Ecosse, où il obtient enfin officiellement son diplôme de médecin, il s'installe à Paris en 1775. Il y exerce la médecine et mène de nombreuses expériences scientifiques.

Rattrapé par la révolution Française, il reprend son activité de publiciste et se livre, dès août 1789, à une critique cinglante du projet de constitution issue de l'Assemblée Nationale. Le 12 septembre, il publie l'Ami du Peuple, dans lequel il défend la cause notamment des "citoyens passifs", ces citoyens exclus de toute vie politique en raison de leur pauvreté. Défenseur des opprimés, il mène campagne pour l'émancipation des esclaves. Il s'oppose également aux Brissotins sur la question de la guerre. Face à eux, Marat promeut l'idée d'une guerre défensive. Enfin, soucieux d'un procès juste et équitable pour le roi, il compte parmi les députés qui votèrent la mot sans appel ni délai. Il mène la lutte contre les Brissotins de manière virulente, notamment après avoir été élu à la présidence du club des Jacobins le 5 avril 1793. Mis en accusation par la Convention pour un appel à l'insurrection, il est triomphalement acquitté lors de son procès devant le tribunal révolutionnaire. Ses ennemis ne purent le vaincre qu'en l'assassinant lâchement. Il devint immédiatement un martyr de la révolution. Immortalisé par Jean-Louis David, il demeure l'un des grands défenseurs des droits du Peuple.

mercredi 1 mai 2013

Un jour, un évènement : le 1er mai 1891

La ville de Fourmies, à la frontière belge, s'est fortement développée à la fin du XIXème siècle grâce à l'industrie lainière. Elle compte alors 15 000 habitants, en majorité des ouvriers qui dès le primtemps s'impliquent dans la préparation du 1er mai, récemment institué comme "journée internationale de revendication des travailleurs". Une série de meetings et de réunions établit huit revendications principales qui seront portées par les travailleurs en grève le 1er mai : journée de 8 heures, création d'une Bourse du Travail, versement de la paie tous les huit jours...

Les patrons répliquent par une adresse très vive affichée le 29 avril et signée par tous les entrepreneurs, sauf un, dénonçant "les meneurs étrangers" et les "théories révolutionnaires" et menaçant de licenciement les grévistes. Parallèlement, ils alertent la Mairie sur les risques de "débordement" et obtiennent deux compagnies d'infanterie en renfort.

Le 1er mai, à 9 heures, la plupart des ouvriers de la ville sont en grève, et une seule filature reste en activité. Des ouvriers grévistes s'en approchent afin de les inciter à cesser le travail et quatre manifestants sont arrêtés par la gendarmerie. Cependant le reste de la journée se déroule sans incident et en début d'après-midi, le maire de Fourmies promet de relâcher à 17 h les ouvriers arrêtés le matin. Mais à 18 h, les grévistes n'ont toujours pas été libérés. Près de 200 manifestants arrivent alors sur la place de l'église et font face aux 300 soldats. Quelques cailloux volent, la foule pousse et sans sommation le commandant Chapus donne l'ordre d'ouvrir le feu. La fusillade va faire une trentaine de blessés et neuf morts, principalement de jeunes ouvriers, dont une enfant de 11 ans. Les neuf fusillés de Fourmies seront inhumés le 4 mai devant une foule émue de trente mille personnes.

Une proposition d'amnistier tous les manifestants du 1er mai de Fourmies est déposée par les radicaux, les socialistes et les boulangistes peu après. Défendue par Jaurès et Clémenceau, elle sera finalement repoussée. Tandis que Culine et Lafargue, militants du Parti Ouvrier, tenus responsables, seront condamnés à des peines de prison pour "provocation à l'émeute".

samedi 27 avril 2013

Un jour, un évènement : le 27 avril 1848

Le décret d'abolition de l'esclavage, impulsé par le sous-secrétaire d'Etat à la marine et aux colonies Victor Schoelcher, est signé par le gouvernement provisoire de la République.

D'abord aboli sous la première République, l'esclavage avait ensuite été rétabli en 1802 par Napoléon, revenant progressivement sur les conquêtes politiques de la Révolution. Evoquée en terme de vagues sous la monarchie "libérale" de Louis Philippe, l'abolition de l'esclavage est mise à l'agenda du gouvernement républicain dès son entrée en fonction.

Le décret qui contrecarre d'importants intérêts économiques se heurte à une vive opposition des milieux esclavagistes notamment dans les colonies. De nombreuses mesures administratives sont prises pour en limiter les effets. Pour éviter des troubles excessifs, l'abolition ne s'applique ni à l'Algérie, pourtant déclarée partie intégrante de la République, ni aux esclaves d'éventuelles futures colonies. Par ailleurs, une loi d'indemnisation des propriétaires d'esclaves est votée en 1849.

Le décret n'empêche pas l'esclavage de continuer à exister de fait dans de nombreuses possessions françaises, sur lesquelles le gouvernement de la République ne peut exercer qu'un contrôle lointain. Par la suite, le second Empire, s'il ne rétablit pas formellement l'esclavage, ne met pas un zèle particulier à faire appliquer les décrets d'abolition. C'est uniquement sous la troisième République que ceux-ci peuvent pleinement faire effet, grâce à une administration à la fois efficace et dévouée à leur mise en oeuvre.

Inachevée en 1848, l'abolition de l'esclavage ne signifie bien souvent que la substitution d'un régime d'exploitation à un autre. La France reste une puissance coloniale, et continue à élargir son empire. Pour autant, la dénonciation de la "République coloniale" oublie que lutte contre l'esclavage et républicanisme ont historiquement toujours marché de pair. Egalitaire par essence, la République abat les barrières entre les hommes et trahit ses valuers fondamentales lorsqu'elle contribue à les ériger ou à les maintenir.

A ce titre, la date du 27 avril 1848, si elle n'est qu'une étape dans un processus long et complexe, a d'abord valeur de symbole.

jeudi 4 avril 2013

Un jour, un évènement : le 4 avril 1968

Martin Luther King, leader emblématique du mouvement pour les droits civiques des noirs américains, est assassiné dans des circonstances mystérieuses. Présent à Memphis pour soutenir une grève d'éboueurs noirs, il est abattu à la terrasse de son motel, sans qu'aucun témoignage fiable ne puisse être recueilli. Deux mois plus tard, James Earl Ray, un militant ségrégationniste, est arrêté et avoue le meurtre de King. Il se rétracte trois jours après. Ce retrait, le climat de violence sociale et politique prégnant, ainsi que plusieurs contradictions dans la version officielle de l'évènement, ont contribué à alimenter les thèses les plus variées.

Si des zones d'ombres subsistent sur le plan factuel, personne ne doute qu'il s'agisse d'un assassinat politique. Figure d'une haute autorité morale, lauréat du prix Nobel de la paix en 1964, Marther Luther King dérangerait la frange conservatrice de l'opinion américiane. Son assassinat déclenche une vague d'émeutes raciales qui fait plusieurs morts. Il apporte également une exposition médiatique inattendue à la grève des éboueurs, qui se termine par la satisfaction de leurs revendications. L'oraison funèbre lue lors de ses funérailles, auxquelles assistent plus de 300 000 personnes, est un sermon qu'il a lui-même enregistré préalablement, dans lequel il appelle à "nourrir les pauvres" et à "servir et aimer l'humanité".

Pour Martin Luther King, le mouvement des droits civiques s'inscrit dans un cadre plus large, celui de l'émancipation humaine. C'est pourquoi, après la signature par le président Lyndon Johnson du civil rights act et du voting rights act, qui reprennent les principales revendications du mouvement noir, King s'oriente vers d'autres combats. Militant pour le retrait des troupes américaines du Vietnam, ainsi que pour une politique de lutte contre la pauvreté, il se déclare partisan d'un socialisme démocratique, affirmation courageuse dans un pays idéologiquement domimé par le libéralisme. En mourant, Luther King entre dans l'Histoire, et son action est peu à peu vidée de ses dimensions les plus subversives, qui renvoient à une autre histoire des Etats-Unis, celle de la révolte et des luttes sociales.

vendredi 1 février 2013

Un jour, un évènement : le 1er février 1793

Au lendemain de l'exécution de Louis XVI, la république française apparaît encore plus menaçante aux monarchies européennes. Elle représente un péril politique par la propagation révolutionnaire qu'elle suscite. Elle est également un danger économique. Les volontés d'annexion des territoires libérés et la contrôle d'Anvers exacerbent la concurrence pour la suprématie économique avec l'Angleterre qui, en retour, multiplie les mesures hostiles (renvoi de l'ambassadeur le 24 janvier). La France s'engage le 1er févreier 1793 contre la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies, puis contre l'Espagne en mars. Suivent les souverains italiens...Peu à peu, c'est toute l'Europe monarchique à l'exception de la Suisse et des Etats scandinaves qui entre en guerre contre la France révolutionnaire en formant sous l'impulsion britannique la "première coalition".

La situation française est difficile. Sur le plan intérieur, la levée de 300 000 hommes ordonnée par décret par la Convention sert de prétexte à l'offensive contre-révolutionnaire en Vendée. Les paysans, soutenus par les prêtres réfractaires, se refusent à aller combattre loin de chez eux et la noblesse organise l'insurrection. De même, sur le front, la situtation se dégrade. Après s'être emparé de Breda en Hollande, le général Dumouriez est défait à Liège et perd la Belgique. Il rentre alors en contact avec le général Autrichien Cobourg lui proposant de faire marcher ses troupes sur Paris pour y rétablir la monarchie. La trahison de Dumouriez précipite la fin de la Gironde qui se révèle incapable de faire face au double péril intérieur et extérieur qui menace la Révolution.

Les Montagnards, appuyés par le mouvement populaire, imposent les premières mesures de salut public qui permettent de redresser la situation. Le décret de la levée en masse du 23 août, qui stipule que "dès ce moment, jusqu'à celui ou les ennemis auront été chassés du territoire, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées", permet d'organiser quatorze armées de la République. Et, à la fin 1793, sous l'implusion des mesures radicales du gouvernement révolutionnaire, le territoire français est entièrement libéré.

dimanche 27 janvier 2013

Un jour, un évènement : le 30 janvier 1875

L'amendement Wallon est adopté le 30 janvier 1875 par l'Assemblée nationale, après que sa formulation a fait l'objet de longues discussions. Il stipule que "le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est élu pour sept ans. Il est rééligible." Il consacre la nature républicaine du régime, initialement pensée comme provisoire, et initie la série des lois constitutionnelles de 1875. Pour comprendre comment Henri Wallon, député monarchiste, devient celui qui entérine le régime républicain, il faut se replonger dans les rapports de forces entre les tendances politiques de l'époque.

Les élections de 1871 se sont tenues après la chute du second empire en situation de guerre. Elles ont porté sur deux enjeux inextricables : la nature du régime et la poursuite de la guerre, défendue par les républicains contre les monarchistes. Dans un pays aspirant majoritairement à la paix, les monarchistes ont emporté une large majorité à la chambre, qui adopte un agenda fondé sur le rétablissement de l'"ordre moral".

La nature républicaine du régime apparaît alors menacée. Toutefois, la majorité royaliste est divisée. De surcroît, la proclamation de la Commune de Paris, en 1871, réprimée dans le sang, fait craindre une insurrection en cas de rétablissement de la monarchie. Aux élections intermédiaires, et notamment aux municipales de 1874, la nette percée républicaine montre que la victoire des monarchistes trouvait essentiellement sa source dans le désir de paix. Les républicains parviennent à imposer progressivement leurs conceptions constitutionnelles.

La peur de l'agitation pousse les monarchistes à se ranger aux conceptions républicaines. Dans le même temps, les républicains se font moins radicaux, notamment sur le plan social. La République ainsi proclamée est donc pensée comme un instrument de maintien de l'ordre plutôt que de transformation révolutionnaire. Elle offre pourtant un espace à l'expression des antagonismes de classe et aux revendications socialistes, espace qui sera utilisé par la gauche au cours des décennies suivantes.

vendredi 18 janvier 2013

Un jour, un évènement : le 18 janvier 1800

Le 28 nivôse an VIII, Napoléon Bonaparte, qui souhaite relancer l'économie et augmenter la quantité de monnaie en circulation, édite un décret stipulant la création de la Banque de France.

La Banque est organisée sous la forme d'une société par a ctiopns, au capital de trente millions de francs, dont une partie est souscrite par le Premier Consul et son entourage, les deux cents actionnaires les plus importants, "les deux cnets familles", constituant l'Assemblée Générale. La banque obtient un droit d'émission de billet, d'abord limité à Paris et sous condition de garantie de contre-partie-or. Ce droit d'émission qui s'étend dans le pays lui donne le rôle d'une banque centrale. En contrepartie de son privilège d'émission, l'Etat lui impose un certain nombre de charges dont le public et le Trésor sont les bénéficiaires. Le rythme des recettes publiques ne correspondant pas à celui des dépenses de l'Etat, ce dernier peut appel à la banque, en vue de faciliter l'exécution du budget.

Rapidement, Napoléon renforce l'autorité de l'Etat sur la direction de l'établissement qui est assurée par un gouverneur nommé par l'Etat. Désormais "la propriété de la Banque est à l'Etat et au Gouvernement autant qu'aux actionnaires". Ce lien entre l'Etat et la Banque de France se renforce en 1936 avec une réforme des statuts de la Banque de France, qui limite le rôle de l'Assemblée générale, tandis que les pouvoirs publics se voient dotés de moyens d'intervention plus directs dans sa gestion. Puis avec sa nationalisation en 1945 qui permet de retirer aux intérêts privés toute part dans la gestion de l'Institut d'émission et de renforcer le contrôle de l'Etat sans pour autant diminuer le rôle du gouverneur ni réduire son autonomie de gestion.

La loi du 4 août 1993 interdit à la banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l'acquisition de titres de leur dette. La Banque de France a dû céder le monopole de la définition de la politique monétaire de la France à la Banque Centrale Européenne qui, loin de respecter la volonté populaire, se soumet aux agences de notation sous prétexte "d'indépendance".

lundi 14 janvier 2013

Un jour, un évènement : le 17 janvier 1975

C'est au bout d'un long combat et face aux attaques des mouvements religieux et aux insultes d'une partie de la droite que Simone Veil, Ministre de la Santé de Giscard-d'Estaing parvient à imposer la légalisation de l'avortement.

L'avortement est alors strictement interdit en France depuis 1920, et même déclaré "crime contre l'Etat" en 1942, les femmes y ayant recours étant condamnées à la peine de mort. Ce sera d'ailleurs le cas de Marie-Louise Giraud, guillotinée en 1943. Mais un mouvement d'évolution de la société s'amorce grâce au combat des féministes qui obtiennent la légalisation de la contraception en 1967 avec la loi Neuwirth. En 1971, 343 femmes signent, malgré les poursuites encourures "le manifeste de 343 salopes".

Toutes déclarent avoir recouru à l'avortement au cours de leur vie et réclament le droit d'avorter en tout légalité. Parmi ces signatures figurent celles de personnalités intellectuelles ou artistiques, telles que Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Françoise Sagan...Le scandale n'est est que plus retentissant.

C'est Simone Veil qui engage la bataille parlementaire, et c'est face à une droite divisée et avec le concours de l'ensemble des parlementaires de gauche que l'Assemblée Nationale vote la loi Veil. Elle est promulguée le 17 janvier 1975 pour une période de 5 ans, puis rendue définitive en 1979. Il faut cependant attendre le vote de la loi Roudy, permettant le remboursement de l'avortement, sous l'impulsion du gouvernement d'Union de la Gauche en 1982, pour que ce droit devienne réellement effectif pour toutes les femmes.

Inégal en Europe, le droit à l'avortement est en France encore régulièrement remis en cause. Que ce soit par les intégristes religieux n'hésitant pas à avoir recours au harcèlement des personnels et des femmes, comme c'est le cas à l'Hôpital Tenon (Paris, 20e) depuis 1987. Ou par la droite et l'extrême droite qui tentent de la réduire, en prônant par exemple son non-remboursement. Et aujourd'hui, la diminution du nombre de structures pratiquant l'IVG entraîne indiscutablement une menace sur le droit des femmes à l'avortement en en réduisant l'accès.

samedi 5 janvier 2013

Un jour, un évènement : le 5 janvier 1875

Le 5 janvier 1875 a lieu l'inauguration du nouvel Opéra de Paris, construit par l'architecte Charles Garnier.

L'opéra a été cible d'attentats. C'est devant l'opéra de la rue de Louvois qu'en 1820, le duc de Berry fut assassiné par M. Louvel qui voulait tuer tous les Bourbons. Le 14 janvier 1858, un attentat fomenté par des anarchistes italiens vise l'empereur Napoléon III. Les trois bombes qui explosent causent huit morts et cinquante blessés. Dès le lendemain, Napoléon III décide de la construction d'une nouvelle salle. Un concours est organisé et remporté par un jeune architecte de 35 ans, Charles Garnier. En sus du nouveau bâtiment, Napoléon III demande au baron Haussmann de créer une avenue reliant son palais des Tuileries au nouvel opéra, un dégagement qui permettra d'éviter toute nouvelle attaque terroriste.

L'impératrice Eugénie, se penchant sur les plans du futur palais Garnier, se serait écriée : "Quel affreux canard, ce n'est pas du style ni grec ni romain", à quoi Garnier répondit : "c'est du Napoléon III". Une première inauguration, celle de la façade, a lieu lors de l'exposition universelle de 1867. Puis la guerre avec la Prusse éclate. L'Empire s'effondre et personne ne se risque à finir la construction d'un bâtiment qui fait directement écho à la gloire du régime déchu. C'est seulement après l'incendie de l'opéra de la rue Le Peletier en 1873 que le chantier reprend. Le bâtiment est finalement inauguré le 5 janvier 1875, en présence du premier Président de la troisième République, le maréchal Mac Mahon, et de diverses têtes couronnées européennes. L'avenue de l'Opéra ne sera quant à elle achevée qu'en 1879. Le plafond sera redécoré en 1964 par Chagall.

En 1982, lorsque le Président Mitterand prend l'initiative de la construction d'un nouvel opéra parisien, il le veut "moderne et populaire". Son souhait n'a pas été exaucé : d'après l'enquête du ministère de la culture sur les pratiques culturelles des Français, se rendre à l'opéra demeure la pratique culturelle la plus inégalitaire.

75 % des français n'y sont jamais allés - 85 % des niveaux CAP contre 46 % des cadres. Seuls 3 % des Français se rendent à l'opéra chaque année.

lundi 26 novembre 2012

Un jour, un évènement : le 25 novembre 1911

Convaincu de la trahison des idéaux révolutionnaires par le nouveau président du Mexique, Emilano Zapata proclame ce qui devient le "plan d'Alaya", le 25 novembre 1911.

Après des élections truquées qui voient la victoire de Porfirio Diaz, le candidat vaincu, Francisco Madero, appelle à la Révolution. L'un des premiers à répondre est Emiliano Zapata, originaire de l'Etat de de Morelos au sud. Le soutien de ce dernier est décisif pour la victoire et c'est pourquoi il obtient le grade de général. Après le triomphe de la Révolution, Madero est élu Président et prend le pouvoir le 7 janvier 1911. Très rapidement, les promesses s'envolent...

Le nouveau Président convoque Zapata et lui ordonne de dissoudre son armée et de rendre les armes. Zapata refuse car il considère que si le peuple n'a pas obtenu gain de cause aves les armes, cela sera d'autant plus vrai après les avoir rendu. La nomination d'un gouverneur favorable aux grands propriétaires terriens et l'échec de la réforme agraire entraînent une nouvelle mobilisation de l'armée de Zapata.

C'est dans ces circonstances qu'est rédigé l'appel. Il détaille l'idéologie de Zapata et la résume dans une formule choc : " Reforma, Libertad, Justicia y Ley !".

Le plan propose de rejeter le Président actuel en l'accusant - à raison - de perpétuer les pratiques agraires de l'administration précédente. Il demande l'organisation de nouvelles élections. Mais l'essenteil réside dans la réaffirmation du caractère paysan de la Révolution et de l'impérieuse nécessité d'imposer une réforme agraire pour partager les terrains que se réservent les grands propriétaires d'haciendas, ainsi que que de rendre à leurs légitimes propriétaires les terres volées sous la dictature.

Une telle proclamation accroit fortement la popularité de Zapata et l'armée de libération du sud, qu'il dirige, voit ses effectifs grandir rapidement. Ce plan sert de base à toutes les négociations qu'entreprend Zapata. Il réussit à imposer le plan de son Etat, mais son assassinat compromet son application. Si une réforme agraire a lieu, elle n'a pas eu l'ampleur de celle souhaitée par Zapata.

C'est sur cette base que l'armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos se soulève en 1994.

vendredi 7 septembre 2012

Un jour, un évènement : le 7 septembre 1930

Le 7 septembre 1930 est inauguré la 1ère fête de l'Humanité, imaginée par Marcel Cachin alors directeur du journal. Conçue comme une manifestation de "solidarité prolétarienne", son objectif est de diffuser l'Humanité et de dégager des bénéfices pour assurer son financement. La première édition qui se déroule à Bezons est de faible ampleur. On dénombre 1000 participants et sa portée reste limitée puisqu'on ne compte qu'un seul stand non-francilien, celui de la ville d'Alès. Cependant, rapidement elle se développe en accueillant concerts, spectacles, et des stands de plus en plus variés.

L'évènement deveient le rendez-vous des solidarités internationales dès 1936 avec le soutien aux républicains espagnols et l'apparition des premiers stands internationaux. La Fête est également un lieu de convergence des luttes sociales, mais c'est surtout la politique qui s'inscrit, avec au commencement le combat pour l'unité de la classe ouvrière symbolisée alors par le Front Populaire. Chaque édition de la Fête apparaît alors comme un marqueur de son temps.

Après 5 années d'interruption, c'est près d'un million de participants qui s'y retrouve en 1945, exprimant la reconnaissance du rôle du PCF dans la Résistance et la Libération.

Durant toute la guerre froide, la visibilité de l'URSS y est très forte. Avec la célébration du Spoutnik en 1958, la venue de Youri Gagarine, le premier cosmonaute, qui suscite l'enthousiasme, l'hommage à la Révolution d'Octobre en 1967, la présence des Choeurs et danses de l'Armée soviétique en 1968... Et de manière parrallèle, les figures de la contestation américaine sont régulièrement invitées comme Joan Baez en 1971.

Avec la signature du programme commun de gouvernement (1972), l'union de la gauche redevient le thème central de la Fête. Communistes, socialistes, radicaux de gauche se côtoient et échangent dans des débats qui prennent de plus en plus d'ampleur au sein des stands.

En 2011, pour la première fois un dirigeant non communiste, Jean-Luc Mélenchon, prend la parole sur la grande scène, signe fort de l'engagement du PCF vers le Front de Gauche : la Fête est encore fidèle à ses objectifs d'unité ouvrière et de front politique unique.

 

jeudi 14 juin 2012

Un jour, un évènement : le 14 juin 1777

Le congrès des Etats-Unis d'Amérique approuve comme drapeau le "star and stripes" - littéralement étoiles et bandes. George Washington dit alors : "Nous prenons les étoiles du ciel, le rouge de notre pays d'origine (l'Angleterre) avec des bandes blanches en guise de séparation, montrant ainsi que nous sommes séparés d'elles, et les bandes blanches passeront à la postérité comme symbole de liberté". Le drapeau se compose en effet de treize bandes horizontales rouges et blanches d'égales largeurs et d'un carré supérieur de couleur bleue parsemée de clinquantes étoiles blanches à cinq pointes, alignées sur neuf rangées horizontales. Les 13 bandes représentent les 13 états fondateurs ; les étoiles représentent quant à elles les états actuellement parties à l'Union. En 1777, on en comptait uniquement 13 ; on en dénombre 50 depuis 1959, date de rattachement d'Hawaï aux Etats-Unis.

Durant la Guerre de Sécession, de 1861 à 1865, les états confédérés s'unirent en un nouvel état indépendant qui se dotât d'un drapeau de 1877. Cette confusion semait le trouble sur les champs de batailles, et les états confédérés en changèrent deux ans plus tard, en 1863. Mais ce nouveau drapeau, blanc, ressemblait à un drapeau de reddition ; il fut donc à nouveau modifié quelques mois plus tard.

Le salut au drapreau effectué jusqu'en 1942 , dit serment de Bellamy, trop proche du salut hitlérien, fut remplacé sous Roosevelt par un nouveau salut, la main posée sur le coeur. Le serment d'allégeance au drapeau fut quant à lui approuvé par un acte du Congrès datant du 22 juin 1942. Chaque 14 juin, les Etats-uniens fêtent le "jour du drapeau" ; il est férié dans certains Etats fédérés et le Président publie chaque année une proclamation appelant à son respect.

Brûlé ou encensé, le drapeau états-unien est le symbole de l'hyperpuissance de cette nation. Le 21 juillet 1969, Buzz Aldrin le planta sur le sol lunaire ; la polémique fut vive - certaines voix avaient réclamé que soit planté le drapeau des Nations Unies - et le Congrès fut contraint de justifier cet acte : "Ce geste est un geste symbolique et de fierté nationale et il ne doit pas être interprété comme une déclaration d'appropriation nationale."

lundi 4 juin 2012

Un jour, un évènement : le 4 juin 1814

Le roi Louis XVIII signe la charte constitutionnelle. En avril, il avait refusé de renoncer au principe de légimité royale. Il avait rejeté un projet de Constitution, rédigé par le Sénat, qui déclarait que le Peuple français appelait librement au trône Louis-Stanislas-Xavier de France lequel serait proclamé roi lorsqu'il aurait accepté la Constitution.

La Charte de 1814 marque un retour en arrière considérable de la souveraineté du peuple, au profit du monarque. En effet, ce n'est pas une constitution mais une charte, que le roi daigne octroyer à ses sujets. L'adjectif "constitutionnelle" est une bien faible concession faite par Louis XVIII. Cette charte est l'oeuvre d'une commission de rédaction de 22 membres nommés par Louis XVIII et comprenant trois commissaires royaux, neuf sénateurs et neuf membres du corps législatif. Le principe monarchique est restauré sans détour : "l'autorité tout entière réside en France dans la personné du Roi". Le Roi est le seul chef suprême de l'Etat, il détient seul l'initiative des lois. Les amendements législatifs ne peuvent être adoptés qu'avec son accord. Aucun impôt ne peut être levé sans son consentement et toute justiceémane du roi. Si ce texte proclame l'égalité, il prévoit pourtant que "la noblesse ancienne reprend ses titres" et que "la nouvelle conserve les siens".

D'après la Charte, la Chambre des pairs, dont les membres sont nommés par le roi et dont tous ceux qui appartiennent à la famille royale sont membres de droit, est évoquée avant la chambre des députés. Les députés sont quant à eux élus pour cinq ans au suffrage censitaire ; le renouvellement de la chambre se fait par cinquième tous les ans, afin d'éviter des-à-coups.

Le legs de la Révolution se retrouve dans les libertés individuelles : liberté d'expression, droit de propriété. Mais ces droits ne sont plus des droits naturels : ils sont une concession du souverain (le roi). "Chacun professe sa religion avec égale liberté (...) cependant, la religion catholique est la religion de l'Etat." Le droit de propriété, présent dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, est réaffirmé. Enfin, la dette publique est garantie : toute espèce d'engagement pris par l'Etat avec ses créanciers est inviolable.

- page 1 de 5