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Un jour, un évènement

Retrouvez dans cette rubrique un évènement important correspondant à une date marquante de l'Histoire du mouvement socialiste et républicain.

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dimanche 27 mai 2012

Un jour, un évènement : le 27 mai 1943

La première réunion du Conseil National de la Résisitance se tient à Paris, au premier étage du 48 rue du four, sous la présidence de Jean Moulin. C'est l'aboutissement d'un long travail d'unification de la résistance française, originellement fragmentée en de très nombreux réseaux non reliés les uns aux autres.

De nombreux obstacles s'opposaient à ce regroupement, des impératifs liés à la clandestinité à la méfiance existant entre les différents tendances politiques de la résistance en passant par par l'insuffisance des moyens de communication de l'époque.

Cette unification permet à la résistance de coordonner des actions de plus grande ampleur. Elle introduit également une discipline stricte et des principes d'organisation efficaces dans de nombreux maquis qui en manquaient considérablement. C'est la résistance communiste, de loin la plus structurée, qui sert alors de modèle aux autres organisations. La fondation du CNR ne met toutefois pas fin aux méfiances et aux divisions, et la résistance, si elle acquiert une coordination, ne sera jamais entièrement unifiée.

La réunion du 27 mai 1943 regroupe les représentants des huit principaux mouvements de résistance, de la CGT et de la CFTC, ainsi que des principaux partis politiques d'avant-guerre. La décision y est prise, à l'unanimité des délégués, de reconnaître De Gaulle comme unique représentant légitime des résistances intérieure et extérieure. Cela n'atteste pas une adhésion unanime à ses idées ou à sa personne, mais se justifie par des considérations politiques internationales.

Réuni en effet pour la première fois deux jours avant une rencontre de De Gaulle avec les alliés visant à discuter les conditions de l'administration de la France après la Libération, le Conseil National de la Résistance permet de faire exister une autre France que celle de Vichy, au-delà de la seule personnalité du général de De Gaulle. Dès lors, il évite à la France de subir une administration sous tutelle américaine une fois la guerre terminée. Enfin, sous l'influence des communistes, il développe progressivement un programme politique qui est à l'origine des grandes mesures sociales prises à la Libération

jeudi 26 avril 2012

Mémoire de la déportation pour bâtir l'avenir

Nous avons toujours donné de l'importance au travail de mémoire. Un peuple qui sait d'où il vient peut mieux décider où il va. C'est pour cela que nous accordons une importance aux commémorations. Il ne s'agit pas, pour nous, de juste se rappeler, mais d'utiliser le passé pour éclairer l'avenir. Dimanche 29 avril à 10 heures, nous serons donc au rendez-vous de la journée de la mémoire de la déportation dans les camps de concentration et d'exterminations nazis, Place Aristide Briand.

Cette année, pourtant, il nous semble que cette journée revêt une importance plus particulière encore que les années passées. Nous sommes encore en campagne électorale. Ce moment que nous, élus locaux, apprécions comme temps particulier d'éducation populaire, puisque le débat a lieu en grand, a été propice à bien des dérapages. Dont un a trait à la déportation. A l'issue d'un meeting, un homme politique a jugé utile de citer, pour le «réhabiliter», Robert Brasillach. Ce Brasillach n'est pas n'importe qui. Engagé dans la collaboration avec l'occupant nazi, il a animé la feuille raciste et antisémite Je suis partout. C'est à ce titre qu'il a réclamé la déportation des enfants nés de parents juifs. Vous comprendrez que cette volonté marquée de remettre en lumière un collaborateur pousse au crime me laisse un goût plus qu'amer dans la bouche.

Il faut se rappeler que ce sont des policiers français qui, sur les ordres du maréchal Pétain, ont procédé aux rafles de Français de confession juive connues sous le nom de «rafles du vél' d'hiv» les 16 et 17 juillet 1942. A l'issue de cet acte barbare, plus de 13 000 de nos concitoyens seront déportés en Allemagne. C'est le même Philippe Pétain, chef du pseudo «Etat français», qui a non seulement collaboré mais tenté de mettre à bas l'esprit du Front populaire. Ce promoteur du «vrai travail» a voulu soutirer à la classe ouvrière en lutte sa fête, le 1er Mai. Bien que journée internationale des travailleurs, le 1er Mai a, en France, un sens particulier. Il commémore aussi le massacre de Fourmies, dans le Nord, le 1er mai 1891. Ce jour-là, la troupe a tiré sur la foule des grévistes, tuant 9 personnes et en blessant 35 autres.

Il est sain de se rappeler ces épisodes de notre histoire parce qu'ils permettent de donner du sens à notre pacte républicain. Il ne s'agit pas d'une fascination morbide pour la période la plus sombre de l'histoire de notre pays mais bien d'un travail nécessaire pour éclairer notre avenir à l'heure des choix.

lundi 19 mars 2012

Un jour, un évènement : le 18 mars 1962

Depuis le 8 mai 1945 et les massacres de Sétif, l'idéal d'indépendance germe en Algérie. Il finit par éclore à la Toussaint 1954. Cette guerre qui ne dit pas son nom se termine à Evian, le 18 mars 1962.

Dès le début, les cinéastes s'emparent du conflit. Vautier, Panigel, mais aussi Godard et Cavalier. Mais la censure veille, et peu nombreux sont ceux qui voient, à leur sortie, Le combat dans l'île ou Algérie en flammes. Toute ambition de faire connaître ici ce qui se passe là-bas est étouffée dans l'oeuf. Et les Algériens eux-mêmes ne sont pas enthousiastes à l'idée que des Français puissent filmer leur Histoire, celle qu'ils sont en train d'écrire dans le sang.

A la fin des combats, la guerre invisible arrive dans les salles. En 1966, le film la Bataille d'Alger, de Pontecorvo, nettement favorable aux Algériens, est interdit en France, malgré les prix qu'il récolte. Il ressort en 1970, et ce sont alors les anciens combattants qui le font retirer des écrans. Même sort pour le film de Vautier, Avoir 20 ans dans les Aurès. Une semaine aux côtés d'un groupe d'appelés, des jeunes gens qui ne comprennent pas toujours pourquoi ils sont là. Vautier ne devrait pas montrer un déserteur. Même dix ans après, cela fait mauvais genre ! Un an plus tard, c'est Boisset et son magnifique R.A.S. Cette fois, c'est dans un bataillon disciplinaire qu'on va rencontrer la torture, et encore la mort, et toujours la désertion, et aussi la violence. Au cas où on voudrait croire que la guerre d'Algérie faisait oeuvre de philantropie. Encore une fois, les interdits se déchainent. Des financements, pourtant acquis, bizarrement remis à plus tard, des bombes dans les salles, des menaces. Et pourtant, sorti sous le manteau, le film est un succès !

Puis ce fut la Question, issu du roman d'Henri Alleg. La réalité de la torture, exposée sur les écrans quinze ans après la fin du conflit, c'est encore trop tôt pour certains. L'extrême-droite excite les passions et lance les anathèmes. Et les reprend trente ans plus tard contre Hors-la-loi de Bouchareb... Même haine déversée sur une histoire commune. Choc des mémoires, choc des images. Et si le cinéma aidait enfin à sortir du mensonge assumé ? 

lundi 5 mars 2012

Un jour, un évènement : le 5 mars 1936

La confédération générale du travail (CGT) et la confédération génrale du travail-unifiée (CGT-U) se réunifient à l'issue du 2 au 5 mars 1936. La scission s'était produite en décembre 1921, conséquence directe du congrès de Tours (décembre 1920). Déjà, le congrès de la CGT de Lille de juillet 1921 avait été le théâtre d'une vive tension entre les deux tendances (révolutionnaires et progressistes), les délégués s'affrontant physiquement. Mais la majorité confédérale, menée par Léon Jouhaux, était parvenue à recueillir 53 % des mandats. La scission de décembre 1931 fait suite à l'exclusion, par la CGT, de la fédération des cheminots.
Les premières années de la CGT-U sont marquées par des affrontements violents entre libertaires et communistes. Dès 1923 (congrès de Bourges), le courant bolchevique devient majoritaire en son sein. En 1926, suite à des évènements violents opposants libertaires et bolchéviques, les libertaires rompent avec la CGT-U, pour fonder la CGT-SR (CGT-syndicalistes révolutionnaires). La CGT-U agit en laison étroite avec le Parti communiste et adhère à l'Internationale syndicale rouge. A la Une de l'Humanité, on trouve souvent à gauche un appel du Parlement communiste et à droite un appel de la CGT-U, qui domine les secteurs des chemins de fer, du bâtiment et de l'éclairage.
Une première tentative de réunification des deux CGT-U s'était pourtant rassemblé autour du "manifeste pour l'unité syndicale", dit "manifeste des 22", également signé par des syndicalistes autonomes et des adhérents de la CGT.
Le 12 février 1934, la manifestation contre les ligues donne lieu à une convergnece des cortèges de la CGT et de la CGT-U. En mars 1936, la réunification est possible grâce au changement de stratégie du PCF, favorable désormais au Front populaire. La demande d'unité émane également de la base syndicale. Cette réunification est le préalable aux grèves victorieuses de mai-juin 1936 et aux conquêtes sociales du Front populaire (conventions collectives, institution des délégués d'atelier, hausse des salaires, congés payés et 40 heures hebdomadaires). En 1937, la CGT a quadruplé son audience et compte quatre millions d'adhérents. Cette même année, le rapport de force se modifie en faveur des ex-unitaires.

mardi 28 février 2012

Un jour, un évènement : le 28 février 1921


Inquiets de la tournure autoritaire prise par le régime soviétique, les marins de Cronstadt organisent une réunion au cours de laquelle ils formulent 15 revendications à destination du gouvernement. Loin de mettre en cause la révolution d'octobre, ils exigent la fidélité à ses principes, et notamment l'exigence d'un réel pouvoir politique des travailleurs. Ils réclament ainsi l'élection de nouveaux soviets, à bulletins secrets, et avec la participation de tous les partis socialistes.

Bien que les marins de Cronstadt soient alors unanimement considérés comme des héros de la révolution d'Octobre, à laquelle ils ont pris une part active, les autorités soviétiques refusent de prendre en compte leurs revendications. La guerre civile est encore loin d'être achevée, et l'écrasement des contre-révolutionnaires est alors leur principale priorité.

Les bolcheviks ne prônent pourtant pas encore l'écrasement du soulèvement. Ce sont les marins eux-mêmes qui prennent les armes, inquiets des rumeurs d'une attaque du gouvernement. Dès lors, il deviendra impossible au gouvernement d'écouter les revendications des insurgés. Ils pensent en effet que la révolte est influencée par des agents des puissances capitalistes, et notamment de la France, hypothèse que les historiens contemporains n'ont pas encore pu totalement écarter. Certains anarchistes (comme Emma Goldman), proposent de servir de médiateurs entre Cronstadt et le gouvernement, mais les bolcheviks refusent leurs services en exigeant que les marins rendent les armes. La décision ne fait toutefois pas l'unanimité au sein du parti communiste, et engendre même l'apparition d'une opposition, fait rarissime.

Pour des raisons qui tiennent ainsi autant aux ambiguïtés de la situation révolutionnaire qu'à d'évidentes difficultés de communication, l'affrontement devient inévitable. Isolés et mal équipés, les insurgés n'ont aucune chance. Le 7 mars, Trotski, à la tête de l'armée rouge, lance l'assaut. Le 17 mars, les insurgés sont écrasés. Pendant les décennies qui suivent, la révolte de Cronstadt devient l'objet de conflits d'interprétation cruciaux entre libertaires et marxistes. Les passions apaisées, elle reste un moment essentiel pour comprendre les contradictions dans lesquelles peut se trouver prise l'action révolutionnaire.

vendredi 17 février 2012

Un jour, un évènement : le 17 février 1859


Le 17 février 1859, les troupes françaises entrent pour la première fois dans Saïgon. Les Français sont en relation avec l'Indochine depuis le XVIIème siècle, notamment par la présence de nombreux missionnaires chrétiens. C'est l'exécution de deux d'entre eux qui fournit le prétexte d'une intervention militaire en 1858.

Celle-ci est rendue possible par la présence de troupes française en Chine à l'occasion de la deuxième guerre de l'opium. Mais là où les Français attendaient une campagne facile, ils se heurtent à une résistance âpre. Il faut attendre la fin des autres opérations militaires pour que l'arrivée de renforts leur permette de prendre le dessus. Ce n'est qu'en 1862 que la guerre s'achève. Le traité conduit à la constitution d'une colonie française en 1864.

Le rétablissement de la République en France en 1870 ne modifie pas la situation dans ce qui est devenu la colonie française de Cochinchine. En effet, les intérêts économiques, notamment dans le domaine du caoutchouc avec l'entreprise Michelin, défendent l'opération indochinoise qui doit leur ouvrir les portes du marché chinois. L'Indochine est, après l'Algérie, la colonie qui reçoit le plus d'investissements en raison de ces enjeux économiques. Derrière le discours civilisateur des élites républicaines, c'est l'exploitation du prolétariat paysan et ouvrier qui est organisé. Les conditions de vie régressent sous l'influence française. C'est dans ce cadre qu'au cours des années 1920-1930 émergent les mouvements nationaliste et socialiste.

De retour de métropole, celui qui allait devenir pour toute une génération « oncle Ho », a unifié les différents mouvements en un grand Parti Communiste Indochinois.

La seconde guerre mondiale renverse la donne. La puissance coloniale a été balayée par les troupes japonaises. Les communistes alliés aux nationalistes au sein du Viêt-Minh organisent la résistance. Ils proclament l'indépendance en 1945. En 1946, ce sont 30 ans de guerres colonialistes qui débutent pour la France et autant pour le Vietnam qui après avoir vaincu la France fera de même avec les Etats-Unis.

Comment dans ce contexte ne pas condamner avec Jean Ferrat, les propos du patron du Figaro qui proclamait : « qu'un air de liberté flottait sur Saïgon, avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh ».

mardi 14 février 2012

Un jour, un évènement : le 14 février 1747

Le 14 février 1747 est fondée l'Ecole royale des ponts et chaussées. Elle devient l'Ecole nationale des ponts et chaussées dès 1775. Cette grande école française a pour vocation la formation de cadres en ingénierie et en génie civil. C'est un outil au service de l'Etat. Celui-ci prend ainsi le contrôle sur la construction des routes, des ponts, l'un des éléments de la centralisation du pouvoir, prérogative auparavant partagée avec les seigneurs locaux ou les ordres monastiques.

Sous la Révolution et l'Empire, les enseignements et les objectifs de l'école sont modifiés pour répondre aux attentes des nouveaux régimes, mais aussi pour faire face à l'apparition de nouvelles technologies. L'industrialisation galopante révolutionne la société. Il en va de même des transports (chemin de fer, bateaux à vapeur, ...). L'école doit s'adapter.

Depuis la Révolution, les élèves sont issus de l'école Polytechnique. Mais un décret de 1851 élargit le recrutement. Une telle école s'inscrit dans un objectif de méritocratie républicaine. La IIIème République est un système qui repose sur l'idée que la justice doit permettre de diminuer les inégalités sociales en laissant jouer seulement les inégalités naturelles. La méritocratie républicaine fondée sur la compétition des seuls talents trouve naturellement sa place dans ce dispositif. Des classes préparatoires sont instituées pour améliorer le niveau des élèves accédant à l'école.

Depuis 2001, les missions de maîtrise d'œuvre exercées par les services de l'État sont soumises aux mêmes règles de concurrence que celles des bureaux d'études privés. Par conséquence, les collectivités territoriales ont désormais beaucoup moins recours aux ingénieurs des services publics. L'école a elle aussi subit de plein fouet le recul de l'engagement de l'Etat dans les grands travaux d'aménagement du territoire et nombre d'élèves délaissent la fonction publique pour pantoufler dans les grandes entreprises privées. Il est nécessaire de rendre tout son rôle à l'Etat dans le génie civil et de lutter contre les collusions entre grandes écoles publiques et entreprises privées.

lundi 6 février 2012

Un jour, un évènement : le 4 février 1794


4 février 1794, la Convention abolit l'esclavage. C'est une première dans l'histoire mondiale. Les idées abolitionnistes issues du siècle des Lumières sont largement reprises par les révolutionnaires. Et dès 1789, par l'intermédiaire de la Société des amis des Noirs, trois revendications sont portées à l'Assemblée : l'égalité des blancs et des hommes de couleur libres , l'interdiction de la traite négrière et l'abolition progressive de l'esclavage colonial.

Les débats de l'Assemblée constituante traversent les divisions politiques et bientôt deux camps s'affrontent celui des propriétaires coloniaux et les partisans de l'universalisme des droits. Ce qui fait dire à Robespierre au cours du débat« Périssent les colonies s'il doit vous en coûter votre honneur ».

L'Assemblée constituante vote finalement l'égalité par décret le 15 mai 1791, puis l'abolition de l'esclavage (en France continentale) le 28 septembre. Mais l'universalisme des idées portées par la révolution ne saurait s'arrêter aux frontières de la France métropolitaine. Car la question de l'esclavage en France concerne principalement les colonies et notamment St Domingue. En effet en parallèle des débats qui se tiennent en France, la révolte gronde à Saint Domingue. Elle est emmenée par Toussaint Louverture qui, à la tête d'une armée composée principalement de noirs, entend conquérir la liberté de son peuple : « J'ai entrepris la vengeance de ma race ». Léger-Félicité Sonthonax commissaire de la Convention au nord et à l'ouest de Saint Domingue met fin de manière unilatérale à l'esclavage le 29 août 1793. Il est suivi par Étienne Polverel le 21 septembre 1793, pour le sud de Saint Domingue. La convention n'en est cependant pas informée quand elle vote à son tour l'abolition le 4 février 1794.

Par la suite, Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage le 20 mai 1802. Il faut attendre le 27 avril 1848 pour que le gouvernement provisoire de la République l'abolisse à nouveau, sous l'impulsion de Victor Schœlcher, député de la Martinique. Désormais, selon l'article 7 du décret d'abolition immédiate de l'esclavage : « nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves » en précisant « le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ».

mardi 17 janvier 2012

Un jour, un évènement : le 17 janvier 1975


Le 17 janvier 1975, la loi Veil sur l'Interruption Volontaire de Grossesse est promulguée. Ce progrès majeur du droit des femmes à disposer de leur corps n'a été obtenu qu'après une longue lutte obstinée. Condamné par la religion, l'avortement l'est également par la loi depuis 1810. Il faut attendre 1955 pour voir la libéralisation et l'autorisation de l'avortement thérapeutique.

Dans le même temps, le mouvement féministe se développe et obtient en 1967 le vote de la loi Neuwirth autorisant la contraception. Il a fallu attendre la douzième proposition de loi pour aboutir à un vote favorable de l'Assemblée nationale. Et il faut encore attendre 1972, pour voir la publication du décret réglementant la production et la prescription de la pilule. C'est une loi datant de 1920, interdisant la contraception, qui est ainsi abolie. Cette rupture est une des conséquences des changements majeurs que connait la société au cours des années 1960.

Le mouvement féministe, notamment au sein du MLF et du Planning Familial, fait du droit à l'avortement son prochain objectif. 1971 est une date charnière dans ce combat.

Le 5 avril, différentes personnalités signent le manifeste des 343 « salopes » où elles déclarent avoir eu recours à l'avortement. Bien évidemment aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre elles.

En juillet, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir créent Choisir, une association visant à défendre les femmes accusées d'avortement. Cette même année, ce sont plus de 4000 femmes qui défilent pour revendiquer ce droit et nombreuses sont celles qui vont avorter à l'étranger.

En 1972, le combat pour le droit à l'avortement connaît une première victoire retentissante. A l'issue de plusieurs semaines de procès, Gisèle Halimi obtient l'acquittement d'une jeune fille de 17 ans poursuivi pour avoir avorté. En 1973, ce sont 331 médecins qui admettent dans un manifeste avoir pratiqué un avortement.

L'élection de Valéry Giscard d'Estaing et l'arrivée de Simone Veil au gouvernement ouvrent la voie à un changement législatif. Mais il ne faut pas s'y tromper, seul le vote massif de la Gauche pour cette loi a permis son adoption, la Droite y étant majoritairement opposée. Cette opposition demeure et aujourd'hui comme hier, le droit à l'avortement est un combat quotidien.

jeudi 5 janvier 2012

Un jour, un évènement : le 5 janvier 1307

Au cours du 7e siècle, l'importance de Paris s'accroit au rythme de l'affermissement de l'autorité royale. Elle devient véritablement la capitale économique, culturelle et politique du royaume. Le développement des fonctions de la ville s'accompagne d'une explosion démographique. Sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223), la population atteint les 50 000 habitants. 150 ans plus tard, elle dépasse les 200 000. A l'arrivée massive de marchands et d'étudiants s'ajoute la présence d'une administration devenue sédentaire par la volonté du Roi.
En 1306, cette évolution démographique se fait dans un contexte national difficile. Les mauvaises récoltes se multiplient et la guerre contre les Flamands et les Anglais se prolonge. Les difficultés financières qui surgissent incitent le roi Philippe le Bel (1285-1314) à faire fluctuer le cours de la monnaie réelle avec celle de la monnaie de compte. Fortement diminuée en 1295, sa valeur est restaurée en 1306. Ces jeux de comptes ne sont pas sans effet sur la vie des Parisiens et noamment sur le paiement des loyers. En effet, le locataire qui a conclu un bail avant la réévaluation de la monnaie se voit demandé de payer un loyer beaucoup plus élevé de celui qui a été convenu car la monnaie courante vaut alors plus d'or, d'argent ou de métal qu'auparavant. Or à l'époque, les baux sont annuels.
L'administration royale anticipant cette difficulté a pris une ordonnance pour réglementer les paiements après la réévalaution. Mais ce texte trop flou n'empêche pas les propriétaires d'exiger le paiement des loyers en monnaie forte. Les Parisiens refusent de se laisser faire et une émeute débute le 30 décembre. La foule pille et détruit les propriétés du responsable de la monnaie royale. Elle se dirige ensuite vers le Temple où se trouve le Roi. Celui-ci y est assiégé avant de déclencher une violente répression qui se traduit le lendemain par l'arrestation de nombreux Parisiens. 28 d'entres eux sonty jugés et condamnés. Ils sont exécutés le 5 janvier 1307, pendus aux quatre coins de la ville.
Malgré cette répression, le Roi tient compte des demandes du peuple et ordonne règlement les paiements après les réévaluations, mêm s'il semble que cette décision n'ait eu d'effet face à la voracité des propriétaires.

mardi 6 décembre 2011

Un jour, un évènement : le 6 décembre 1986

Dans la nuit du 6 décembre 1986, matraqué à mort par la police, Malik Oussekine, 22 ans, décède. Depuis le mois de novembre, les lycéens et étudiants se mobilisent contre la réforme Devaquet, qui instaure la sélection à l’Université et la hausse des frais d’inscription. Ils subissent régulièrement des violences policières en marge des manifestations.

Ce 6 décembre, des groupes d’étudiants évacués de la Sorbonne tentent d’élever une barricade à l’angle de la rue Monsieur-le-Prince et de la rue de Vaugirard. Des escadrons de voltigeurs, motards équipés de longues matraques permettant des interventions rapides et violentes, sont envoyés pour les déloger. Ils prennent en chasse tous les jeunes présumés « casseurs » qu’ils croisent. Malik Oussekine, étranger au mouvement étudiant, rentre chez lui au 20 rue Monsieur Le Prince. C’est alors qu’il est violement assailli par trois voltigeurs qui le trainent en dehors du hall de l’immeuble, le matraquent à terre. Peu après, le Samu transporte le jeune homme à l’hôpital Cochin où il est déclaré mort.

Les réactions du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et de son ministre délégué, chargé de la sécurité, Robert Pandraud, sont affligeantes. Ils refusent de mettre en cause la responsabilité de la police dans la mort du jeune homme. Robert Pandraud à l’origine de la réintroduction des escouades de voltigeurs déclare dans le Monde en réponse aux proches de Malik « si j'avais un fils sous dialyse je l'empêcherais de faire le con dans la nuit ». Seul le Président Mitterrand apporte le soutien de la Nation à la famille en deuil.

Suite à ce drame, le bataillon des voltigeurs est dissous. En apprenant la nouvelle, le ministre délégué chargé de la recherche et de l'enseignement supérieur, Alain Devaquet déjà fragilisé politiquement, décide de démissionner et le Premier ministre, Jacques Chirac, est contraint à retirer le projet de réforme universitaire.

Peu de jours après, une manifestation en hommage à Malik réunit dans de nombreuses villes de France des cortèges silencieux. Ils sont près d’un million – lycéens, étudiants, parents, syndicalistes… – à dénoncer le ministre de l’intérieur et la répression policière, avec sur leurs pancartes ces simples mots : « Ils ont tué Malik » et « Plus jamais ça ».

mardi 29 novembre 2011

Un jour, un évènement : le 29 novembre 1924


Suite à une décision du Cartel des gauches, alliance électorale entre les radicaux et les socialistes qui remporte les élections de mai 1924, les cendres de Jean Jaurès sont transférées au Panthéon. Après l'acquittement de Raoul Villain, assassin de Jaurès, le 29 mars 1919, l'évènement se présente comme une réhabilitation du grand dirigeant socialiste. Les passions de la guerre s'étant dissipées, et l'euphorie de la victoire laissant place à la prise de conscience des coûts humains et matériels du conflit, la ligne pacifiste défendue par Jaurès cesse d'apparaître comme une trahison pour se révéler être une bonne intuition politique.

Le 22 novembre, le corps de Jaurès est exhumé à Carmaux, devant une foule de 10 000 personnes, et transporté jusqu'à la gare dans un corbillard rouge, entre deux rangs de mineurs. Arrivé à Paris, le cercueil est emmené au Palais Bourbon, pour une veillée mortuaire. Le 29, le cercueil est conduit au Panthéon, toujours escorté par des mineurs de Carmaux. Il est suivi par une procession de 100 000 personnes, qui défilent aux cris de « Vive Jaurès » et « A bas la guerre ». Les militants communistes, eux, ne participent pas au rassemblement : ils organisent une contre-manifestation, qui rassemble également 100 000 personnes. Loin de rejeter l'hommage à Jaurès, ils dénoncent sa récupération par les socialistes, dont la majorité avait apporté son soutien à la guerre.

L'extrême-droite, de son côté, se mobilise contre l'entrée de Jaurès au Panthéon. Des articles incendiaires paraissent dans L'action française, qui qualifient Jaurès de traître, tandis qu'est organisée une manifestation de protestation au cimetière de Vaugirard. Celle-ci peine toutefois à rassembler, montrant l'estime générale dont Jaurès fait l'objet. Son entrée au Panthéon confirme cette estime, en faisant de Jaurès une figure consacrée, inattaquable. Depuis, Jaurès est victime des récupérations les plus abominables, jusqu'au Front National qui l'invoque lors de certaines de ses campagnes. Face à ces manipulations, les militants de gauche ont le devoir de rappeler le travail de mémoire qui fut nécessaire pour imposer Jaurès comme l'une des figures emblématiques de la République français

vendredi 25 novembre 2011

Un jour, un évènement : le 25 novembre 17973


En novembre 1973, la Grèce est depuis 1967 sous la férule d’une junte militaire. Commencées dès 1968, les manifestations de résistance à la dictature s’intensifient.

Du 14 au 17 novembre, 3000 étudiants appuyés par la grande majorité de la population occupent l’Ecole polytechnique et réclament des élections « honnêtes ». Le régime proclame la loi martiale, crée des tribunaux militaires d’exception et fait intervenir l’armée. Le 25 novembre 1973 marque un tournant lorsque le noyau dur de la junte, emmené par Dimitrios Lionnodis, opère un coup d’Etat interne et renverse le général Papadhópoulos. Mais cette prise du pouvoir par les plus extrémistes est le chant du cygne du régime. Sa fuite en avant nationaliste causera sa perte lorsqu’il va renverser le gouvernement chypriote en juillet 1974.

L’armée turque envahit en retour la zone nord de Chypre. Désemparée par leur défaite, les militaires et lâchée par son soutien états-unien, la junte rappelle d’exil l’ancien premier ministre Constantin Caramanlis le 26 juillet. Une fois le pouvoir en mains, celui-ci fait arrêter les putschistes de 1967

 

C’est un régime détesté par l’immense majorité de la population qui prend fin. Le régime des colonels qui a pris racine dans l’anticommunisme des oligarques locaux appuyés de l’extérieur, n’a jamais réussi à avoir des assises solides dans le pays. Depuis la guerre civile, qui en 1949 voit les mouvements communistes issus de la résistance au fascisme être éradiqués avec l’aide des Etats-Unis, les gouvernements sont coiffés par des structures parallèles d’extrême droite qui oppriment l’opposition en s’appuyant sur les lois d’exceptions.

 

Quand en 1963, les forces démocratiques remportent les élections, l’oligarchie grecque s’inquiète pour ses privilèges. Elle est soutenue par les USA à qui ne plaisent pas les velléités de réorientation de la politique étrangère grecque. Cette alliance sonne le glas du nouveau gouvernement et prépare la chute  du gouvernement légal de la Grèce. Une junte de colonels s’empare du pouvoir le 21 avril 1967 et se maintiendra en place sept ans durant.

jeudi 17 novembre 2011

Un jour, un évènement : le 17 novembre 1983

L'armée zapatiste de libération nationale (AZLN) est créée au Chiapas, par des guérillos mexicains avec le soutien des populations locales. Comme son nom l'indique, elle emprunte plusieurs de ses objectifs au révolutionnaire Emiliano Zapata (1879-1919), en revendiquant notamment une réforme agraire radicale et un respect de l'organisation indigène par le gouvernement central. Le programme initial, rédigé par le sous commandant Marcos, porte-parole du mouvement, contient 11 points : " Le travail, la terre, un toit, l'alimentation, la santé, l'éducation l'indépendance, la liberté, la démocratie, la justice et la paix ". Rapidement, le mouvement est amené à se lier avec d'autres organisations indigénistes, y compris des fractions progressistes de l'Eglise catholique qui se retrouvent dans son combat.



Bien qu'il porte le nom d'armée, le mouvement se veut essentiellement non violent. Considérant comme un échec le bilan des formes traditionnelles de mobilisation politique, l'armée zapatiste de libération nationale ne cherche pas en effet à mener une guérilla traditionnelle de mobilisation politique ou à prendre le pouvoir par les urnes, mais plutôt à organiser au quotidien, de façon, démocratique, la production et la vie des paysans au Chiapas. Pourtant, lorsqu'en 1994, l'ALENA, accord de libre échange avec notamment les Etats-Unis, entre en vigueur, les zapatistes décident de prendre les armes afin de défendre le droit des indiens du Chiapas à conserver leur organisation économique traditionelle. Après une vistoire rapide, l'AZLN dépose les armes, montrant ainsi qu'elle n'a pas vocation à être une structure militaire permanente. Ce refus de la violence, réitéré à maintes reprises, a fait de l'AZLN un des symboles du mouvement altermondialiste de ces années.

Le mouvement zapatiste montre en effet qu'il est possible de construire, ici et maintenant, des alternatives concrètes à l'ordre capitaliste. Il montre également qu'il ne saurait être question d'une voie unique menant vers le socialisme, mais qu'au contraire, la construction d'une société juste respectueuse de la souveraineté du peuple ne peut avoir lieu qu'en prenant en compte les spécificités de chaque société.

jeudi 10 novembre 2011

Un jour, un évènement : le 10 novembre 1793


Le 10 novembre 1793, la cathédrale Notre Dame accueillait la fête de la liberté, moment fort du culte de la raison.

La révolution française, fille des Lumières, a, entre 1789 et 1792, aboli l’Ancien régime et la domination politique que la noblesse exerçait sur le peuple. Œuvre de la raison, elle ne pouvait rester indifférente à l’obscurantisme religieux dénoncé par l’athéisme de Diderot, mais aussi par le déisme de Voltaire et de Rousseau. Si la liberté de conscience est garantie, pour de nombreux révolutionnaires, il est nécessaire de remettre en cause la domination de l’église catholique et plus largement du christianisme.

Des églises sont transformées en temple de la raison dès 1793. Ce culte de la raison directement issu de l’athéisme devait rassembler tous les peuples sous la devise de la liberté et de l’égalité afin de revenir aux fondamentaux de la république romaine. Il fut principalement mis en œuvre par les hébertistes. Ce mouvement donne lieu à des actes de vandalisme contre les églises et à la fermeture par la commune de Paris de l’ensemble des lieux de cultes et à la persécution des prêtres.

Opposé à de telles mesures, Robespierre préconise dès 1794 l’instauration d’un calendrier de fêtes républicaines appelé à se substituer aux fêtes catholiques. S’inscrivant dans la tradition antique, elles avaient pour but de refonder la cité et de promouvoir des valeurs issues de la pensée des philosophes des Lumières, comme l’amitié, la fraternité, le genre humain, le bonheur, qui étaient mises en pratique par la Convention lorsqu’elle élabora une nouvelle déclaration des droits, plus sociale et mit fin à l’esclavage des noirs.

Il essaya ainsi d’instituer, au travers de l’être suprême, un culte déiste sans interaction avec le monde et la destinée des hommes, mais source d’unité morale et civique, condition de la paix et du bonheur. Ce culte atteint son paroxysme le 8 juin 1794 à l’occasion de la fête de l’être suprême qui connaît un vaste succès, tant à Paris qu’en province. La contre-révolution thermidorienne met à bas cette construction et ouvre la voie à la réaction qui aboutit au Concordat de 1801.

jeudi 27 octobre 2011

Un jour, un évènement : le 27 octobre 1986


Le 27 octobre 1986, Margaret Thatcher fait entrer en vigueur un ensemble de mesures de libéralisation du London Stock Exchange. Suppression des commissions de courtages fixes, de la distinction entre « brokers » et « jobbers », de la criée (remplacée par un système informatisé), ouverture totale des firmes britanniques aux capitaux étrangers. L'ampleur et la rapidité des changements valent rapidement à cette réforme le surnom de « Big Bang ».

Derrière la métaphore scientifique, un mouvement législatif volontariste et concerté détruisant l'effort de réglementation qui suivit la crise des années 1930. Naissant aux États-Unis dans les années 1970, il gagne rapidement l'Europe et se poursuit et s’approfondit durant trois décennies : libéralisalisation des marchés financiers en France entre 1984 et 1990, abrogation du Glass-Steagall Act aux États-Unis en 1999, constitutionnalisation de la libre circulation des capitaux dans le Traité de Lisbonne en 2007, etc.

Dans la théorie libérale, tous les acteurs tirent avantage de la concurrence libre, non faussée, et généralisée sur les marchés: les investisseurs peuvent diversifier les risques et optimiser leurs portefeuilles, les entreprises trouver facilement des financements, et les États financer des emprunts pour boucler des budgets contraints par la crise économique. Au passage, la libéralisation doit même apporter une croissance forte et durable.

Las, la réalité de la finance mondialisée et déréglementée est toute autre: explosion des espaces « offshore » échappant à toute forme de contrôle étatique, multiplication des produits dérivés issus d'une ingénierie financière devenue totalement opaque à force de complexité, instabilité et risque systémique d'un marché global totalement interdépendant, bulles spéculatives et crises à répétition dont celle de 2008 n'est que le dernier avatar... et toujours aucune tentative sérieuse, chez les gouvernants, de tirer les conséquences de 30 années de toute puissance du pouvoir financier.

dimanche 23 octobre 2011

Un jour, un évènement : le 23 octobre 1956


En soutien aux mouvements réformateurs de Pologne, 20 000 Hongrois manifestent à l'appel des étudiants et de l'union des écrivains pour protester contre la domination soviétique. Les manifestants enlèvent les armoiries du parti communiste du drapeau national et défilent dans les rues de Budapest. Le cortège grossit et finit à 200.000 personnes. L'atmosphère est enthousiaste, en dépit du risque de répression.

A 20h00, les dirigeants du parti des travailleurs hongrois condamnent les revendications des manifestants. A 21h30, les manifestants décident d'appliquer eux-mêmes l'une de leurs revendications : ils renversent une statue de Staline de dix mètres de haut. Simultanément, ils tentent de prendre le contrôle de la radio nationale. Voyant la situation dégénérer, les soviétiques décident l'intervention militaire. Le 24 octobre à 2h00, leurs chars entrent dans Budapest.

Les manifestants hongrois choisissent alors de se soulever. Ils prennent les armes et réclament un retour aux véritables principes du socialisme, ainsi que la délégation du pouvoir aux conseils ouvriers. C'est ainsi qu'Imre Nagy, membre du parti des travailleurs hongrois et ancien ministre de l'éphémère république des conseils de Hongrie de 1919, prend parti pour les insurgés et devient rapidement leur principal dirigeant. Dés lors, les américains, qui avaient promis de soutenir la révolte, abandonnent les insurgés à eux-mêmes. Faute de soutien logistique, ils sont écrasés par l'armée soviétique le 10 novembre.

La mémoire de l'insurrection de Budapest fait aujourd'hui l'objet d'une récupération idéologique par la droite hongroise, qui présente les évènements de 1956 comme un refus du communisme. Sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, le gouvernement de Viktor Orban ne s'embarrasse pas de la vérité. Pour une large partie des insurgés, il s'agissait au contraire d'établir un socialisme démocratique. La gauche ne doit donc pas hésiter à se réclamer de l'insurrection de Budapest, pour rappeler que « derrière le mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme », selon les termes de Slavoj Žižek.

lundi 10 octobre 2011

Un jour, un évènement : le 10 octobre 1967


Le 10 octobre 1967, la CIA pensa en avoir fini avec Ernesto Che Guevara, et pourtant…

Né dans l’Argentine péroniste, ce jeune médecin voit sa vie basculer quand, après un périple à travers l’Amérique latine, il rencontre Fidel Castro au Mexique. Cet avocat cubain y vit en exil à la suite d’une tentative ratée de soulèvement populaire contre la dictature de Batista. Les deux hommes se lient d’amitié, et Guevara participe au débarquement des guérilleros à Cuba à bord du Granma. Au cours des 3 ans de luttes dans la forêt, Guevara s’impose par son courage et son abnégation au service des blessés et des civils. Fidel le nomme commandante et lui confie une colonne de guérilla avec mission de marcher sur La Havane. Lors de cette marche victorieuse, il s’illustre dans la bataille de Santa-Clara, qui met en évidence ses qualités stratégiques.

Ne se satisfaisant pas du socialisme dans un seul pays et souhaitant libérer le Tiers Monde de l’oppression impérialiste, il quitte Cuba pour organiser selon son expression « 2, 3 … de nombreux Vietnam » et mettre en échec les Etats-Unis et leurs alliés.

Malheureusement, il échoue au Congo, puis en Colombie, où il se fait arrêter et exécuter par l’armée sur ordre de la CIA. Mais si l’homme est mort, le mythe nait. Symbole de l’insoumission, du Tiers-mondisme, du socialisme, il inspire la jeunesse du monde entier lors des révoltes de l’année 68.

Le système capitaliste, qui marchandise tout, tente de le récupérer par le biais des T-shirt à son effigie. La photo qui y est représentée a été réalisée par Alberto Korda à l’occasion des funérailles de marins, victimes du sabotage de leur bateau par des contre-révolutionnaires, ce qui explique tout à la fois l’émotion et la colère qu’exprime le Che. Pour cette photo, Korda n’a touché aucun droit d’auteur, car il espère favoriser ainsi la diffusion des idées du Che. Par contre, il a attaqué en justice les entreprises utilisant son cliché pour de la publicité. Il n’a obtenu en dédommagement que la somme de 50 000 $, qu’il a reversé au système de santé cubain car, selon lui, « Si le Che était encore vivant, il aurait fait la même chose. »

Malgré cette récupération, le Che symbolise toujours la lutte pour un monde plus juste.

jeudi 6 octobre 2011

05 - 06 Octobre 1789

Dix mille parisiennes se mettent en marche pour réclamer du pain à Versailles où se trouvent le roi et l’Assemblée Nationale. Elles sont rejointes par vingt mille hommes de la garde nationale commandée par La Fayette qui demande au roi l’acceptation des décrets du 4 août abolissant les privilèges.

Les deux cortèges obtiennent satisfaction le 5 octobre : le roi promet par écrit de ravitailler la ville et signe les décrets. Mais rien ne se passe comme prévu le lendemain. Profitant de la négligence de La Fayette, des femmes et des hommes du peuple qui avaient passé la nuit sur place manquent de violenter la reine. La famille royale doit se soumettre à la volonté populaire qui lui demande de s’installer à Paris, au château des Tuileries. « Le boulanger, la boulangère et le petit mitron » quittent Versailles escortés par la garde nationale mais surtout par le peuple en armes.

La nouvelle Assemblée nationale s’installe aussi dans la capitale. Comme le roi a cédé sur tout, les députés de gauche sortent renforcés de ces événements face aux députés de droite. En effet, les deux camps, droite et gauche, sont apparus au cours des débats de septembre 1789 : les députés qui s’installent à la droite du roi défendent la possibilité pour celui-ci de suspendre par un veto les décisions de l’Assemblée tandis qu’à gauche siègent ceux qui refusent au nom de la souveraineté populaire.

Cette victoire de la gauche n’est pas obtenue par la seule force des parlementaires et de la garde nationale venus pétitionner auprès du roi. L’implication politique du peuple est décisive. Celui-ci comprend le danger que représente la reine qui ne cesse d’attiser la contre-révolution. C’est donc en pleine conscience qu’il ramène la famille royale à Paris : il est nécessaire de pouvoir exercer un contrôle direct sur le pouvoir royal pour sauver la Révolution. Les journées des 5 et 6 octobre 1789 ne peuvent être réduites à une insurrection de la faim qui aurait mal tourné : ces journées sont un tournant dans notre vie politique car elles lient la naissance de la gauche parlementaire et l’implication populaire.

vendredi 23 septembre 2011

Un jour, un évènement : le 23 septembre 1895

Le 23 septembre 1895, à Limoges, commence le congrès constitutif de la Confédération Générale du Travail (CGT). Réunissant les représentants de 126 syndicats indépendants, 18 bourses du travail et 28 fédérations de métiers, il vise à unifier un syndicalisme français jusqu'alors divisé et se limitant aux revendications sectorielles ou locales.

Les débats mettent au jour différentes oppositions, qui toutes ressurgiront au cours de l'histoire du syndicalisme français. Pour certains, le syndicat doit être en lien avec le parti socialiste, pour d'autres, majoritaires, il doit être un instrument révolutionnaire à lui seul. La question de l'organisation divise également : certains militants défendent une organisation verticale du syndicat, tandis que d'autres préfèrent la forme traditionnelle des bourses du travail. Voyant son orientation rejetée, la Fédération nationale des Bourses du travail, à l'origine de la création de la CGT, n'adhère pas au syndicat.

Malgré cet échec, c'est pourtant l'enthousiasme qui marque ce congrès, où la volonté de rassemblement fait passer les divergences au second plan. De nombreux compromis sont ainsi trouvés sur les questions les plus épineuses, certaines d'entre elles étant même laissées en suspens. Car l'essentiel est dans la fédération des revendications exprimées, qui obtiennent pour la plupart un franc consesnsus. Il s'agit de revendications emblémtiques de la gauche, comme la journée de 8 heures, le salaire minimal ou encore le repos hebdomadaire.

L'unification de tous les travailleurs ne peut naturellement pas s'opérer en un seul congrès. La fédération du livre et celles des cheminots occupent une place centrale dans la CGT naissante, tandis que beaucoup de métiers n'y adhèrent pas. Le congrès de Limoges a néanmoins permis de fixer des orientations claires : en se donnant comme objectif la fédération de l'ensemble des travailleurs, le syndicalisme peut passer de revendications ponctuelles à des revendications politiques. Les statuts adoptés à l'issue du congrès fixent ainsi comme objectif l' « émancipation intégrale » de tous les travailleurs. La transformation de la CGT en organisation révolutionnaire se prépare, annonçant la charte d'Amiens de 1906.

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