Lundi soir nous étions très nombreux à prendre connaissance de la situation des deux familles arméniennes convoquées le lendemain au Commissariat. Nous leur avons proposé  de nous rendre à la convocation à leur place. Elles ont accepté. Mardi donc, dés 9h, nous étions encore un grand nombre présents et demandant à être reçus par le commissaire responsable de la sûreté urbaine. Toute autorité fait attendre. Nous avons attendu, jusqu'à 10h30. L'entretien fut plutôt cordial et nous a permis de voyager au sein du Code de procédure pénale. Nous avons appris que le chef de famille a été convoqué pour "garde à vue et mise en rétention" en application d'une procédure judiciaire et avec cette "clarté" afin de ne pas tendre un piége . Nous avons découvert encore, que le Sans Papier est en "infraction continue", qu' "il porte le délit sur lui" . En toute clarté, j'ai compris  que la machine se met en place, que l'étau se resserre pour atteindre l'objectif, plus crûment le chiffre. Mais dérrière cette "clarté" se cache une tragique réalité humaine. Sans la solidarité qui s'est exercée, je ne m'empèche pas de penser aux enfants qui le soir auraient demandé à leur mère: "Où est papa ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Qu'a-t-il fait de mal ? " . Les petits, le soir, n'ont pas posé ces questions, notre action a bloqué la procédure. Mardi donc, la France a respecté l'article 23 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, les familles sont demeurées unies: grâce à nous, grâce au réseau de solidarité. Nous attendons maintenant une rencontre avec le Préfet afin de lui demander de mettre en marche une procédure de régularisation.