Le gouvernement s'apprête à engager une nouvelle réforme qui portera un coup fatal au système de retraite par répartition. Les réformes menées depuis 1993 et les dispositions prises ont déjà fait baisser le niveau des pensions d'environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes.

Désormais, le gouvernement Sarkozy veut aller plus loin en portant l'âge légal de départ à la retraite à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu'ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l'âge moyen de cessation d'activité est de 59 ans, ne vise qu'à baisser le niveau des pensions.

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) dessine les contours d'une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s'agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l'avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d'équilibre financier des régimes.

Une alternative à cette régression sociale existe. Le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu'il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu'en 2050.

La part des dividendes dans le PIB a considérablement augmenté en passant de 3,2 % en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d'augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s'attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d'en finir avec l'actuel partage de la richesse au bénéfice des revenus financiers.

Les niches fiscales illustrent parfaitement notre propos. En 2010, 468 niches sont répertoriées pour un manque à percevoir de l’Etat s’élevant à 75 milliards d’euros. Selon nous, le fait de les soumettre à taxation constitue un choix politique de justice et de solidarité.

Patrice PERDEREAU

Coordinateur départemental du Parti de Gauche