Samedi 12 Juin se réunissaient les adhérents de l'association d'éducation populaire qui oeuvre dans le domaine de l'enfance depuis 1944, c'est à dire depuis la Libération. Les Francas appartiennent à toute cette mouvance née dans le sillage de la Résistance et plongeant ses racines et son inspiration dans l'esprit du Conseil National de la Résistance. Autant dire que les Francas et leur cortège de semblables ne sont pas à la fête ni en odeur de sainteté par les temps qui courent.

Et pourtant,les idées ne manquent pas. La radio Web, que le saint homme de la Résistance aurait aimée, la Guinée, les brevets de l'engagement, le génial Kamishibaï inspiré du théâtre japonais, les affiches sur les Droits de l'Enfant ...Autant d'adaptation à notre temps sans rien perdre de l'inspiration des fondateurs. Et l'hommage très sobre à Pierre De Rosa, au travers d'un petit texte intitulé "Cet été là..." et se poursuivant ainsi, "Ce sera un bel été, si tu donnes à des enfants des raisons d'espérer." était aussi émouvant, fort et fragile que les petits poèmes écrits sur les tableaux noirs d'une époque que la concurrence libre et non faussée voudrait révolue.

Et venons en au fait du moment. L'association comme toutes celles du secteur a connu une baisse de 25% de ses subventions de l'Etat en violation des conventions signées en 2008. Le Conseil Général a emboité le pas. La LOLF( Loi Organique relative aux Lois de Finance), ce puissant levier de réforme de l'Etat, comprenez son affaiblissement, a sévi avant que la RGPP( la Révision Générale des Politiques Publiques), entendez le démantèlement de l'intervention publique, ne vienne asséner ses coupes en postes de MAD. Et enfin, la réforme des collectivités territoriale qui risque d'agir avec la fin de la compétence générale et le gel des dotations, au mieux comme une épée de Damoclès et au pire comme le sabre des janissaires infligeant le coup de grâce. Triste tableau donc, en total contrepoint avec les doux propos d'espoir de P. De Rosa.

Tout cela me fais penser à "la parabole" de Marx: "Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial."