Voici l'intervention de notre collègue Chantal lors de la réunion du comité retraites Le Mans-Ouest.

Pourquoi une commission égalité hommes- femmes à l’assemblée nationale ?

Dans l’esprit de beaucoup de gens l’égalité étant devenu une évidence elle doit se faire « naturellement », c’est zapper un peu vite 200 ans d’ histoire de France. Depuis la révolution française les hommes sont devenu des citoyens , les héros de la déclaration des droits de l’homme. les politiques, les règles économiques et juridiques se sont construites sans les femmes.

Code Napoléon : les femmes sont des incapables, 1848 suffrage universel (masculin),

Guerre France- Allemagne les hommes souffrent et meurent ils sont héros sur les places publiques, héros sur les monuments au morts, les femmes n’ont pas souffert, peut être même qu’à ce moment là les femmes n’existaient pas !

Les femmes deviennent citoyennes après la bataille, 1944 elle obtiennent le droit de vote, 1965 elle peuvent dépenser leur paie sans l’autorisation de leur mari. En 2010 la situation des femmes et des hommes n’est pas la même !

Leur donner les mêmes droits ne suffit pas à les rendre égaux.

Que dit la loi de 2010 sur l’égalité hommes femmes ?

2 choses : 1) les entreprises de plus de 300 salariés qui ne font pas de rapport de situations comparées seront sanctionnées (elles peuvent ne rien faire mais il faut qu’elles le disent !)

2) les congés maternité seront validés dans le montant des pensions même si ils ne donnent pas lieu à cotisation ! (ils comptaient en durée mais pas en valeur)

les inégales conséquences de la loi :

la durée d’assurance va pénaliser plus et plus durement les femmes :elles prenaient déjà la retraite un ou deux ans plus tard, ce sera donc plus difficile encore de partir à 62 ans avec une pension suffisante.

Les femmes ont des carrières plus courtes et plus hachées, elles sont victimes de la précarité : CDD en chaîne, du chômage et des temps d’arrêt pour les enfants.

Les trimestres exigés qui augmentent vont baisser les pensions des femmes : 45 % des femmes partaient à taux plein contre 85% des hommes.

Certains temps très partiels ne suffisent pas pour valider des trimestres, de plus ils donnent des pensions très faibles.

Sur le sujet de la pénibilité le rapport parlementaire souligne que les métiers féminins n’ont pas fait l’objet d’études et ne seront donc pas reconnus comme pénible.

L’avantage des femmes en France est qu’elles sont protégées par les minima sociaux !

La retraite de droits des femmes en 2004 est de 745 euro, les hommes eux ont « gagnés » 1400 euro. Ceci est amorti par les droits sociaux qui donnent 1020 euro de moyennes versés aux femmes et 1600 euro aux hommes après rééquilibrage.

Cette loi suscite de nombreuses autres questions : quel sort pour les veuves ? les femmes divorcées et séparées qui n’auront pas de droits propres ?