Les femmes aussi ont traversé l’histoire, certes à des places assignées, mais elles aussi ont fait beaucoup pour la nation et ne sont pourtant pas reconnues par la postérité. Il est juste et nécessaire de leur rendre hommage, car la deuxième raison qui entraîne à donner des noms d’humains à nos lieux de passage et à nos lieux de vie est de montrer le respect que l’ on doit à ceux et celles qui nous ont précédés et dont on accepte l’héritage.

Comment choisir ces noms ?

Aujourd’hui 2 constats :

1 – Déjà majoritaires dans les fonctions à responsabilités, l’omniprésence des hommes est encore renforcée dans les médias.

Une commission sur l’image des femmes dans la publicité et les médias mise en place par Madame Létard et présidée par Madame Reiser a encore conclu à un décalage entre l’investissement des femmes dans la politique, les entreprises, le sport, les associations et le faible écho de cet investissement dans les médias. L’image des femmes dans les médias est souvent réduite à des photos dénudées sur des affiches grandes comme des immeubles où elles sont traitées comme des marchandises. Les femmes sont toujours posées en potiches, et pas représentées comme citoyennes engagées, actrices de la société au quotidien.

2 - Les femmes sont sous représentées dans l’espace public. Les noms donnés aux nouveaux espaces et lieux de passage ou de vie sont toujours majoritairement des noms d’hommes, par le phénomène de tautologie : il est plus facile de répéter quelque chose de déjà dit que d’innover ! Il n’y a pas de femmes célèbres car même quand les femmes font des choses bien pour la collectivité, tous et toutes trouvent cela normal et ne méritant pas trop d’honneur. On se retrouve avec des espaces sportifs Pierre de Coubertin dans des milliers de communes françaises et très peu qui portent le nom d’Alice Milliat. (Sait-on que Pierre de Coubertin a interdit le sport aux femmes tandis qu’Alice Milliat a crée des fédérations sportives féminines ?).

Il faut donc, pour afficher notre volonté d’égalité entre les femmes et les hommes, favoriser les noms de femmes dans les nouvelles dénominations et choisir aussi des noms de femmes qui ont œuvrés dans des domaines traditionnellement réservés aux femmes.

Cela permettra à la fois de reconnaître comme indispensable la contribution des femmes au développement de notre société et de valoriser les secteurs d’activités où elles sont repliées.

Sur le Mans comment avancer ?

Les espaces sportifs peuvent honorer de nombreuses championnes et de nombreux engagements pour le sport. Alice Milliat déjà citée, mais aussi Suzanne Lenglen, ou Colette Besson ou Catherine Destivelle ou Elodie Bouchet …..

Dans le cadre de l’histoire, il n’y a pas que Jeanne d’Arc. Dans toutes les guerres des femmes se sont engagées pour combattre, y compris déguisées en homme, par engagement pour leurs pays, par sentiment d’appartenance à une nation, par courage et solidarité. Il faut demander aux historiens et aux historiennes de retrouver ces femmes et les sortir de l’anonymat.

Le nouveau musée archéologique pourrait porter le nom d’Aliénor d’Aquitaine, s’il était encore disponible. Quel honneur fait-on à cette femme libre en réduisant son identité à un prénom, et en résumant sa vie à son rôle de mère ? Pourquoi donner son prénom au pôle femme-mère-enfant ? Certes elle a mis au monde de nombreux enfants et les a protégés et défendus y compris contre un roi, leur père. Mais elle a eu également un rôle politique et intellectuel important : elle a crée autour d’elle une cour cultivée en rupture avec les manières frustes de la cour de France.

Il y a, par ailleurs, dans le personnel médical un grand nombre de femmes médecins ou infirmières qui se sont dévouées à la santé des femmes de manière plus active qu’en mettant beaucoup d’enfants au monde.

Il y a une médiathèque Aragon  »genre masculin » et un Espal « hors genre ». Pour équilibrer, la nouvelle bibliothèque, située au Ronceray, doit porter un nom de femme.

La proposition de 2 élues municipales de lui attribuer le nom de Simone de Beauvoir paraît très pertinente. En effet, Simone de Beauvoir aurait eu 100 ans en 2008 et nous pouvons encore fêter cet anniversaire et faire honneur à cette femme comme à notre ville en reconnaissant l’immense apport de Madame de Beauvoir au bonheur des femmes et donc des hommes.

Rien n’est évident dans cette démarche de féminisation de notre environnement, car nous sommes au contraire entièrement conditionné par une histoire au masculin, une télé au masculin, des stéréotypes sexistes inconscients. Nous ne changerons les choses qu’avec une réelle volonté politique et une réflexion permanente sur cette question de l’égalité.

Comment on devient Simone de Beauvoir

titre d’un article du monde2 de janvier 2008 –

naissance 9 janvier 1908

juillet 1929 elle est deuxième à l’agrégation de philosophie (21 ans)

1943 roman « l’invitée »

1945 Le sang des autres

publication du journal des temps modernes avec Sartre, et d’autres auteurs.

1949 publication du deuxième sexe (20 000 exemplaires en une semaine ! !)

1954 Prix Goncourt pour « les mandarins »

1958 début des mémoires d’une jeune fille rangée

à part les publications de romans elle s’engage dans de nombreux combats dont la défense de Djamila Boupacha pendant la guerre d’Algérie, contre la guerre au Vietnam, pour le droit à l’avortement etc…