LA RUE DES VICTIMES DU NAZISME, n’est pas une tâche sur les couleurs de notre ville.

Merci aux riverains de cette rue d’avoir abordé ce sujet et de permettre ce débat sur notre histoire locale. En effet, doit-on effacer la trace des victimes de la barbarie nazie ?

Il y a toujours cette controverse, faire table-rase du passé ou prendre en compte l’héritage commun. Oublier Vichy, la collaboration, les tortures, la shoah ou en comprendre les origines et les conséquences pour pratiquer ensemble le devoir de vigilance.

Oui, les jeunes générations ont besoin de connaître cette période contemporaine, et ce n’est pas en effaçant ses traces que nous éduquerons des citoyens capables d’empêcher l’histoire de se reproduire.

Je reprendrais pour eux cette phrase citée en exergue du livre de Jacques Chesnier  « La Sarthe Déchirée 1939-1944 » Libra Diffusio 2008.

« Nous souhaitons que nos enfants considèrent la liberté de la vie humaine comme le bien suprême, que l’on ne puisse jamais porter atteinte au droit de vivre, au droit d’être libre. Dans la coexistence entre les peuples, l’égalité et la justice sociale doivent remplacer toutes les tendances  à l’hégémonie »

Yves Voisin, Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes : le 2 octobre 2010.


Sur la proposition d’Yves Olivier « Concilier le désir des habitants et le devoir de mémoire ».

Yves est diplomate. Il avance l’idée de choisir le nom d’un Résistant parmi ceux cités dans le livre de Joseph Estevès et d’apposer une plaque de mémoire pour remplacer ce nom de rue qui pose problème à certains habitants.

Il existe une liste importante de rues du Mans ou de lieux portant les noms de fusillés, de Déportés Résistants, de personnages d’envergures nationales (Lucie Aubrac, Christian Pineau, Marcel Paul…) mais qui se souviendra un jour qu’ils ont été des victimes de la barbarie nazie.

Prenons un seul exemple : celui du maire du Mans Henri Lefeuvre. Quels sont les habitants de cette rue qui connaissent les conditions atroces de son exécution en Allemagne dans la grange incendiée d’Isenschnibbe ? Quels sont les habitants du Mans qui en ont eu connaissance et entretiennent cette mémoire ? Et ne parlons pas des générations à venir…

Il n’y a pas de lieu de mémoire au Mans dédié aux victimes du nazisme. Seule cette rue en porte témoignage. Faut-il l’effacer ou créer un lieu à vocation de souvenir historique et d’enseignement pédagogique pour les nouvelles générations ?