En visite dans le Cher la semaine dernière, le Chef de l’Etat a fait étalage de la démagogie qui le caractérise en prétendant « défendre le modèle français tout en essayant de convaincre qu’il doit s’adapter pour que la France reste un pays qui compte dans le monde ».

Et de pointer du doigt les collectivités locales en évoquant leurs déficits alors que les communes, les départements et les régions ont l’obligation légale d’avoir des budgets en équilibre.

En tant qu’élus locaux, nous ne sommes pas dupes. Cette tentative de culpabilisation des collectivités territoriales par le Chef de l’Etat lui évite d’évoquer la responsabilité de son gouvernement dans le déficit du budget de l’Etat, s’élevant à 148 milliards d’euros, et de justifier la rigueur envers les collectivités territoriales (gel de la Dotation Globale de Fonctionnement, transferts de responsabilités sans compensations intégrales de ceux-ci, etc.).

Rappelons que les collectivités territoriales assurent 73 % des investissements publics dans notre pays et qu’elles doivent face à des besoins sociaux dont les demandes ont explosé avec la crise économique.

Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, de l’utilisation de subterfuges par le Chef de l’Etat concerne la suppression de la taxe professionnelle (TP).

Nicolas Sarkozy a défendu cette mesure censée favoriser l’emploi en affirmant : « Comment convaincre le propriétaire d’une usine de maintenir celle-ci en France si sa récompense est de payer une taxe qu’il ne paie nulle part ailleurs ? ».

La réalité est que les entreprises ont bénéficié de milliards d’exonérations de TP ces dernières années sans que cela n’ait jamais empêché ni une délocalisation ni un plan social !

Et d’ajouter que la politique du gouvernement Sarkozy qui consiste à basculer les charges sur les entreprises vers les collectivités territoriales et les ménages n’est pas la bonne, et la manière de retourner la responsabilité sur les acteurs les plus fragilisés étant encore pire !