Le Sommet européen n'a pas encore rendu ses conclusions mais déjà Monsieur Van Rompuy fanfaronne. Il a de quoi: l'eurolibéralisme chevronné dont il se veut le chantre vient de franchir un cap décisif de son institutionnalisation.

Le "Pacte pour l'Euro plus" a été adopté. "Plus"?  Six Etats non membres de la zone euro ont décidé de le rejoindre. Il s'agit de la Bulgarie, du Danemark, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Roumanie.

Le Pacte pour l'Euro, c'est quoi déjà?  C'est la baisse des salaires obligatoire, le règne indiscutable de la concurrence libre et non faussée dans tous les secteurs d'activités, la casse du code du travail et la constitutionnalisation de la rigueur budgétaire à la sauce libérale (coup d'arrêt aux dépenses de services publics, baisse des impôts sur les sociétés et les revenus, hausse de la tva).

 Clou du spectacle: le Mécanisme européen de stabilité a été adopté lui aussi.  Le FMI, la BCE et la Commission européenne pourront donc imposer les plans d'austérité les plus durs aux Etats déficitaires en échanges de prêts UE-FMI-créanciers privés. Ce mécanisme sera inscrit dans le traité de Lisbonne sans référendum si on ne se bât pas pour l'obtenir, la "procédure de révision simplifiée" (simple approbation des Etats membres) ayant été préférée sous prétexte d'urgence à la "procédure de révision ordinaire" (ratification par les Etats membres, ce qui permet sans ambigüité de mettre en place un référendum en France par exemple). Il s'agit tout de même de rien de moins que l'inscription du FMI dans le Traité de Lisbonne! Il y a urgence: l'UE veut que tous les Etats membres aient approuvé fin 2012!