Depuis quelques temps, je souhaitais mettre en évidence ce lien très fort entre les mouvements de femmes et l'écologie. Ceci n'est pas visible dans les pays occidentaux.

La pauvreté des femmes y est connue mais n’induit pas une relation directe entre la faiblesse de leur patrimoine et l'obligation alimentaire et de soin qu'elles ont envers leurs familles, notamment envers les enfants.

Car en France, malgré la pauvreté, les familles ont accès à l'eau potable, à l'énergie pour le chauffage et la cuisine, à l'aide alimentaire. Même si ce n'est pas toujours satisfaisant, c'est moins pire qu'ailleurs...

Dans les pays où il n'y a pas de services publics : pas de distribution d'eau, pas d’offre de soins, de santé publique, d'éducation etc.. Les femmes en charge d'enfants sont obligées pour nourrir leurs familles,

  • de cultiver la terre,
  • de faire les corvées d'eau,
  • de faire la cuisine avec l'énergie présente et disponible,

De fait, elles provoquent de fortes mobilisations quand les terres sont prises pour des productions non vivrières, quand la réserve de bois est interdite d'accès, quand l'eau est inaccessible ou polluée.

Il semble que dans beaucoup de pays les femmes cultivent des terres dont elles ne sont pas propriétaires, mais dont leur survie dépend. Elles font donc des associations de femmes tournées vers ces préoccupations dont on les charge. Elles défendent le bien commun, voir "troisième marche mondiale des femmes sur le bien commun" ou bien les organisations en coopérative autour du micro crédit. Les femmes semblent vivre dans une "économie parallèle" qui doit se satisfaire de la place laissée par l’économie libérale. Quand la pression est invivable, elles réagissent et s’organisent..

Et donc elles protègent les arbres, voire replantent, comme les femmes du Kenya qui luttent avec Wangarai Matthai contre la déforestation. Elles revendiquent des terres agricoles pour la culture vivrière et font de l’arrachage de plantations intensives pour l’exportation comme au Brésil ou en Colombie.

Elles défendent la biodiversité en Inde : sauvegarde des espèces locales de riz contre riz OGM.

Un jour, nous remercierons toutes ces femmes du sud pour leur mobilisation. Ce sont elles qui ont raison et nous donnent des exemples de lutte.

Chantal Hersemeule