Dans le Maine-Libre du 14 Mai, notre collègue, Ouafa Le Botterf,  parle à propos du Maroc d'un pays en marche vers davantage de libertés s'en réjouissant comme nous. Mais dans le même temps, Ouafa semble oublier qu'après les événements en Iran, les soulèvements des camps de sahraouis  d'El Ayoun ont tout juste précédé et préfiguré le mouvement populaire tunisien de la révolution de Jasmin. Préfigurés, car en effet la population civile sahraouie, comme les tunisiens, a agi sans consigne politique des partis politiques installés. Seulement, elle a eu à faire face à l'armée marocaine qui a écrasé le mouvement dans le sang et l'indifférence.

Démantèlement du camp de El-Ayoun : le Maroc dit non à la commission d’enquête
Après le démantèlement du camp sahraoui, des militaires en fouillent les décombres, à El-Ayoun, le 8 novembre 2010.
Après le démantèlement du camp sahraoui, des militaires en fouillent les décombres, à El-Ayoun, le 8 novembre 2010.
Reuters/MAP/Handout
Par RFI

Enfin, Ouafa se réjouit de "la marche vers davantage de libertés" depuis une ville de"l'extrême sud du pays" en oubliant que cette région a été annexée par le Royaume marocain en 1975 et colonisée depuis. Que l'ONU par la résolution 1920 demande au Maroc l'organisation, toujours refusée, d'un référendum sur l'autodétermination des sahraouis. Dakhla, ce n'est donc pas vraiment le Maroc et notre équipe municipale le reconnait comme tel en confirmant son engagement de solidarité avec le peuple sahraoui et en demandant l'application des résolutions de l'ONU. Alors, s'il faut se réjouir de davantage de libertés, il faut aller jusqu'au bout et souhaiter qu'un peuple colonisé puisse lui aussi en toute liberté s'exprimer sur son autodétermination comme le demande la communauté internationale.