Ce 13 Mai, c'était un Conseil d’Administration du Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Sarthe principalement consacré à l’installation du nouveau Président et des nouvelles instances après l’élection et le renouvellement du Conseil général de la Sarthe.

Pas de changement, le Président Jean-Pierre VOGEL est reconduit.

Cette question protocolaire n’exigeait bien sûr pas un billet sur notre blog. Mais la deuxième question de l’ordre du jour, le rapport de la Chambre Régionale des Comptes, valait quelques remarques.

Tout d’abord, c’est son boulot : la Chambre vérifie les comptes et les certifie. Elle a d’ailleurs qualifié la gestion du SDIS de la Sarthe comme bonne. Mais ensuite les magistrats de la Chambre se sont embarqués dans des appréciations concernant les effectifs de  sapeurs-pompiers.

Vous imaginez bien que, dans un climat de révision générale et forcenée des politiques publiques(RGPP), les magistrats n’ont pas parlé d’un manque de postes. Tout au contraire, ils ont remarqué que le SDIS de la Sarthe comptait trop de pompiers.

Prenant en exemple les effectifs du Centre de Degré qui rassemblent aujourd’hui 127 pompiers professionnels, la recommandation était de les réduire à 77 postes car la Chambre considérait que la caserne pouvait très bien fonctionner et assumer ses missions avec une petite cinquantaine de pompiers seulement.

Il y avait là de quoi mettre le feu aux poudres et le Président du SDISS a répondu s’appuyant sur une situation extrêmement concrète: celle de l’incendie qui a ravagé le collège du Val d’Huisne. Appliquant les chiffres conseillés par nos magistrats, il aurait manqué 17 pompiers professionnels pour circonscrire l’incendie.

On connait très bien la zone. Le collège se situe dans un secteur fortement urbanisé; Certainement que les sapeurs ,moins nombreux ,n’auraient pu éviter la propagation du feu à l’école primaire adjacente.

Tout cela pour dire qu’il règne aujourd’hui dans tous les Corps de l’Etat, dans toutes les instances chargées de bilan et d’évaluation comme la Cour des Comptes, la Chambre Régionale, les Agences de l’évaluation etc… le même climat.

Tout le monde veut être un bon élève de la RGPP et tout le monde veut absolument montrer que l’on peut supprimer ici et là des postes de fonctionnaires et faire des « économies ».

Or, pour ce qui concerne, le SDISS, il en irait de la sécurité des sarthois en cas de pépin. Notons tout de même que notre département a un réseau autoroutier important avec une étoile autoroutière à cinq branches, qu’il est traversé par une ligne à grande vitesse et accueille des événements comme les 24 Heures du Mans qui rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes. Bien sûr, tout n’a pas lieu en même temps, mais il peut y avoir des incidents extrêmement graves concomitants qui nécessitent la présence d’un nombre conséquent de fonctionnaires et de fonctionnaires du feu.

Ensuite, la Chambre se mêle d'un exercice qui ne l’a regarde pas véritablement. Elle est chargée de veiller aux bons comptes . Le bon fonctionnement concerne la Direction Départementale de la Sécurité Civile, dont les rapports, concernant le SDIS de la Sarthe ,sont toujours positifs.

Enfin, pour terminer, cette remarque me fait irrémédiablement penser aux  accidents dramatiques qui ont eu lieu dans deux maternités françaises. Dans toute une série de services publics liés à la sécurité, à l’éducation … et dans toute la fonction publique en général, on a pris hélas l’habitude de fonctionner à flux tendu, avec une vision statistique et épicière des missions  On voit très bien hélas dans les deux accidents de ces derniers jours, que l’on ne peut pas fonctionner à flux tendu et que l’on ne peut pas avoir une vision seulement gestionnaire du fonctionnement des fonctions publiques.