Le camp a encore grandi. C'est étrange de vivre dans un environnement aussi changeant. Ce qui la veille était ton chemin-repère est devenu un cul de sac. Les frontières n'existent pas. Le campement déborde partout!


Surprise: un cinéma en plein air trône désormais au bout de la place, près de la calle del Arenal et de ses grands magasins! Ce soir, on diffuse un documentaire sur les luttes ouvrières en Espagne. Il y a beaucoup moins de monde que du côté du Parlement populaire. Et surtout, les badauds s'arrêtent et écoutent.


Je me fraye un chemin jusqu'au mégaphone pour dire aux copains d'annoncer qu'il y avait 650 personnes à Paris ce soir et que demain un campement se montera place du Capitole à Toulouse. "Viva","Vamos Francia!" crie-t-on dans le camp. "C'est génial!" Me glisse une jeune fille de 20 ans.
Minuit. Le camp se tait pour la minute de silence habituelle. Toujours aussi impressionnante. Puis les rires, les discussions, le film, les lectures et les chants reprennent. La nuit commence sur la Puerta del Sol.