Le 4 juin a eu lieu la fête interculturelle, sur la plaine du Ronceray. Le thème de 2011 était la place des femmes dans la société. Pour en parler, en plus des nombreux entretiens qui ont été mené par Radio Alpa, deux débats ont été organisés, débats auxquels j’ai participé.

Dénoncer les inégalités hommes-femmes est souvent mal vu par les hommes et par les femmes.

Les hommes, eux, ne voient pas toujours le problème. Il faut dire que dans ses formes les plus dures, ces inégalités touchent essentiellement les femmes. Elles représentent en France 80 % des travailleurs pauvres. Elles sont les principales victimes de la violence conjugale et l’on dénombre 75 000 viols tous les ans sur notre territoire.

Pourtant, celles-ci ne veulent pas être traitées en victimes et celles là sont encore souvent satisfaits de faire une vaisselle par ci, un ménage par là en pensant résoudre par une attitude individuelle ponctuelle un problème de société de fond.

D’une certaine façon, les femmes sont aussi responsables que les hommes des inégalités. Une immigrée algérienne disait au micro de Radio Alpa que les femmes françaises ont des droits dont elles ne profitent pas. L’effet d’une culture inégalitaire et sexiste de la société française, non visible est pourtant bien à l’œuvre.

Un ancien syndicaliste des métiers d’infirmièr-es et aide-soignant-es reprochait aussi aux femmes de ne pas prendre en charge leur défense. Peut-être parce que, dans un pays où les trois quarts des tâches liées à la famille et aux enfants sont confiées aux femmes, ces dernières n’ont pas la liberté d’esprit ni la volonté et le temps de s’investir et de militer.

L’animatrice du débat, de l’association « les petits débrouillards », elle, cherchait le lien entre les femmes et la politique. Pourquoi en France a-t-on si peu d’élues et si peu de femmes engagées ?

Pourquoi notre façon de faire de la politique, pourquoi les places encore et toujours occupées par les hommes, font qu’il est très difficile de faire une carrière politique pour une femme après le temps de la maternité. La loi sur la parité, qui est un premier pas, n’a pas résolu la question simple et pratique des gardes d’enfants et du partage des tâches ménagères.

Le débat a été riche et a permis de poser les questions, à défaut d’y avoir trouvé des réponses.

 

Chantal Hersemeule