L'article paru ce matin dans Ouest-France résumait assez bien la situation. Cet été, c'est aussi avis de gros temps pour les colos. Et les "jolies colonies de vacances" de P. Perret pourraient bien rejoindre définitivement l'Inventaire du Patrimoine. Une ritournelle que chantaient les grands-parents. L'affaire démarre par un recours déposé par Sud Isère auprès du Conseil d'Etat, qui a saisi la Cours de Justice Européenne, pour cause de repos minimum insuffisant (11h consécutives)dans les contrat d'Engagement Educatif.

Sud n'a pas tout faux et nous comprenons tout à fait leur revendication. Mais ce combat ne risque-t-il pas de donner à un coup de grâce à un secteur attaqué de toute part?

Né dans l'entre-deux-guerres, renforcé par le Front populaire et le Pacte social issu de la Résistance ( Sécurité Sociale), le secteur des vacances collectives et sociales est aujourd'hui dans une situation extrêmement délicate. Depuis vingt ans les colos ont subit moult assauts: rafales de nouvelles normes, accidents et incidents médiatisés, appels d'offre, baisse des aides familiales, replis ou retrait des collectivités, difficultés financières de Comités d'entreprises, mutation du tissu économique, développement de l'individualisme et du consumérisme, difficultés économique des familles...Et ce tout dernier coup, s'il est légitime, risque d'aboutir à une victoire très amère.

Dans un contexte économique déprimé, le renchérissement de 25 à 30% a hélas toutes les chances d'être fatal. Alors que l'Etat annonce qu'il diminuera ses participations financières aux collectivités locales, ces dernières vont devoir affronter une augmentation des taux d'intérêt dans le même temps. Avec les CE, les communes, les départements et les régions soutenaient encore ce secteur. Pour exemple, cet été, et comme les autres étés depuis 1977 et la victoire d'une équipe municipale d'union de la gauche, 1000 enfants du Mans seront partis en colos à la mer, à la montagne ou à l'étranger grâce au soutien à 60% de le Ville. Mais il y a fort à craindre que dans le silence et la "douceur" des lignes budgétaires de bien de collectivités, les colos vont morfler.

Pourtant, alors qu'il y a 20 ans 25% encore des enfants ne partaient pas en vacances, cet été, ils auront été près de 40%!