Comme l'an passé, c'est une nouvelle fois l'affluence pour la Nuit des Chercheurs au Carré Plantagenêt. Aux questions posées, bien légitimes: à quoi ça sert? Y aura-t-il un marché pour vos découvertes? J'ai préféré la réponse de Gérard Férey, chimiste récompensé de la Médaille d'or du CNRS en 2010. De retour au Mans le temps d'une conférence, le créateur du Département de Chimie de l'IUT propose une réponse en rupture avec l'air du temps qui veut une science immédiatement utile et valorisable sur le plan économique:

"L'idée de mes recherches sur les solides poreux n'a au départ rien à voir avec la science. Elle a été le fruit d'une frustration d'étudiant et d'une fascination pour l'Opart de Vasarely qui m'ont incité à chercher une résonance entre art et science...

Quelques 20 ans après, non seulement ils ont été créés, mais leur formation a ensuite été expliquée pour atteindre des arrangements moléculaires sur mesure, doués de propriétés remarquables qui trouvent actuellement des applications dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et de la santé."

G. Férey illustre bien par ce propos le problème actuel du pilotage de la recherche scientifique en quête de résultats rapides, de pistes très finalisées et d'appel à projets sur 3 années...Résultat, plus de véritable saut scientifique et technologique depuis une bonne dizaine d'années...

Bon, il y avait de multiples animations autour des sciences "dures" et humaines. J'ai bien aimé l'atelier des linguistes sur l'innovation en éducation et l'ouverture interculturelle. Les micro-algues quant à elles, ont rencontré un macro-succès faisant rêver au changement de casting dans le domaine de l'énergie avec les bio-carburants.