Le Ministre de l’enseignement supérieur L. Wauquiez a affirmé que la circulaire Guéant visant à limiter l'immigration professionnelle allait être "corrigée". La circulaire en question, transmise aux préfets le 31 mai dernier visait à empêcher les étudiants étrangers de rester pour travailler en France après leurs études en imposant des critères extrêmement stricts.

Pour le Parti de Gauche, il n’y a pas de « corrections » à apporter à cette circulaire : elle doit purement et simplement être retirée !

Nombre d’associations, syndicats, collectifs de diplômés étrangers des grandes écoles se sont mobilisés contre cette circulaire. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) l’avait, dès cet été, jugé « très grave ». Alors que de nombreux rapports faisant le point sur la mobilité internationale, sur l’accueil et le séjour des étudiants étrangers, recommandent d’améliorer l’attractivité de nos universités, la circulaire Guéant-Bertrand du 31 mai va à l’opposé et applique aux étudiants la scandaleuse politique du chiffre. Obtenir l’autorisation de changement de statut n’était déjà pas simple avant la circulaire. C’est depuis devenu un Graal inaccessible. En réduisant de moitié (30 à 14) les métiers accessibles aux résidents non communautaires, le nombre des refus s’est multiplié alors que nombre d'entreprises souhaitent les embaucher dès la fin de leur cycle d’études.

Cette circulaire, qui s'ajoute à la panoplie du gouvernement dans sa traque aux immigrés démontre toute l’absurdité de leur politique : ce gouvernement qui interdit aux diplômés étrangers une première expérience professionnelle en France au sortir d'un master ou d'un doctorat aboutit in fine à dissuader encore un peu plus les jeunes étrangers de choisir la France pour y étudier. Et ce au moment même où il dit batailler pour plus de visibilité internationale pour les universités françaises sur ce qu’ils nomment « le marché de la connaissance »,

Qu’il s’agisse des travailleuses et travailleurs du bâtiment, de la restauration, des services à la personne, de la sécurité, du nettoyage ou des emplois d’ingénieurs hautement qualifiés, l’urgence est la même : ils vivent ici, ils étudient ici, ils bossent ici, ils restent ici !


Patrice Perdereau, membre du bureau national du Parti de Gauche, commission Enseignement supérieur et recherche

Danielle Simonnet, Conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti de Gauche aux Migrations