4 février 1794, la Convention abolit l'esclavage. C'est une première dans l'histoire mondiale. Les idées abolitionnistes issues du siècle des Lumières sont largement reprises par les révolutionnaires. Et dès 1789, par l'intermédiaire de la Société des amis des Noirs, trois revendications sont portées à l'Assemblée : l'égalité des blancs et des hommes de couleur libres , l'interdiction de la traite négrière et l'abolition progressive de l'esclavage colonial.

Les débats de l'Assemblée constituante traversent les divisions politiques et bientôt deux camps s'affrontent celui des propriétaires coloniaux et les partisans de l'universalisme des droits. Ce qui fait dire à Robespierre au cours du débat« Périssent les colonies s'il doit vous en coûter votre honneur ».

L'Assemblée constituante vote finalement l'égalité par décret le 15 mai 1791, puis l'abolition de l'esclavage (en France continentale) le 28 septembre. Mais l'universalisme des idées portées par la révolution ne saurait s'arrêter aux frontières de la France métropolitaine. Car la question de l'esclavage en France concerne principalement les colonies et notamment St Domingue. En effet en parallèle des débats qui se tiennent en France, la révolte gronde à Saint Domingue. Elle est emmenée par Toussaint Louverture qui, à la tête d'une armée composée principalement de noirs, entend conquérir la liberté de son peuple : « J'ai entrepris la vengeance de ma race ». Léger-Félicité Sonthonax commissaire de la Convention au nord et à l'ouest de Saint Domingue met fin de manière unilatérale à l'esclavage le 29 août 1793. Il est suivi par Étienne Polverel le 21 septembre 1793, pour le sud de Saint Domingue. La convention n'en est cependant pas informée quand elle vote à son tour l'abolition le 4 février 1794.

Par la suite, Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage le 20 mai 1802. Il faut attendre le 27 avril 1848 pour que le gouvernement provisoire de la République l'abolisse à nouveau, sous l'impulsion de Victor Schœlcher, député de la Martinique. Désormais, selon l'article 7 du décret d'abolition immédiate de l'esclavage : « nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves » en précisant « le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ».