Après un échange avec un ami directeur d'IUFM, lors d'un déplacement, j'ai enchainé au Mans par une rencontre avec les représentants de la FSU du site. J'avais déjà lu le Rapport de la Cour des Comptes sur le sujet, mais ces deux échanges nous ont éclairés encore plus sur les dangers qui pèsent. Le tout dernier étant la loi Grosperrin.

Le texte adopté par l'Assemblée le mois dernier à l'initiative du député Grosperrin, en procédure d'urgence, en procédure d'urgence est une catastrophe. Le Code de l'éducation dit jusqu'à ce jour que la formation des maîtres est assurée par les IUFM. La loi dit maintenant qu'elle est "assurée par les établissements d'enseignement supérieur, notamment les universités". Non seulement, c'est signer un arrêt de mort d'un lieu spécifique pour apprendre un métier, mais c'est aussi tirer un trait sur la pédagogie au profit d'une formation théorique et purement universitaire. Les personnels sont atterrés par ce qui arrivent.

En plus, le texte, dans la droite ligne des politiques libérales, sans le dire, ouvre la porte aux établissements d'enseignement supérieur privés de former les instituteurs et les profs. Si l'école est le lieu et le moment où se fonde et refonde à chaque génération le peuple français, c'est bien un scandale que vient d'opérer la droite. Décidément, ces gens remettent toutes les clefs de notre République aux marchands.

Nous recevons les responsables de l'IUT du Mans dans la foulée, le tableau n'est pas meilleur. Nous en dirons quelques mots dans un prochain billet.