La première réunion du Conseil National de la Résisitance se tient à Paris, au premier étage du 48 rue du four, sous la présidence de Jean Moulin. C'est l'aboutissement d'un long travail d'unification de la résistance française, originellement fragmentée en de très nombreux réseaux non reliés les uns aux autres.

De nombreux obstacles s'opposaient à ce regroupement, des impératifs liés à la clandestinité à la méfiance existant entre les différents tendances politiques de la résistance en passant par par l'insuffisance des moyens de communication de l'époque.

Cette unification permet à la résistance de coordonner des actions de plus grande ampleur. Elle introduit également une discipline stricte et des principes d'organisation efficaces dans de nombreux maquis qui en manquaient considérablement. C'est la résistance communiste, de loin la plus structurée, qui sert alors de modèle aux autres organisations. La fondation du CNR ne met toutefois pas fin aux méfiances et aux divisions, et la résistance, si elle acquiert une coordination, ne sera jamais entièrement unifiée.

La réunion du 27 mai 1943 regroupe les représentants des huit principaux mouvements de résistance, de la CGT et de la CFTC, ainsi que des principaux partis politiques d'avant-guerre. La décision y est prise, à l'unanimité des délégués, de reconnaître De Gaulle comme unique représentant légitime des résistances intérieure et extérieure. Cela n'atteste pas une adhésion unanime à ses idées ou à sa personne, mais se justifie par des considérations politiques internationales.

Réuni en effet pour la première fois deux jours avant une rencontre de De Gaulle avec les alliés visant à discuter les conditions de l'administration de la France après la Libération, le Conseil National de la Résistance permet de faire exister une autre France que celle de Vichy, au-delà de la seule personnalité du général de De Gaulle. Dès lors, il évite à la France de subir une administration sous tutelle américaine une fois la guerre terminée. Enfin, sous l'influence des communistes, il développe progressivement un programme politique qui est à l'origine des grandes mesures sociales prises à la Libération