Nous avons, pour partie, fondé, notre opposition à la vidéosurveillance parce que nous préférons le renforcement de la présence humaine à la technique. Nous sommes donc plutôt satisfaits qu’à l’initiative du Maire du Mans, le Préfet, la Procureure et le Ministre de l’Intérieur reconnaissent qu’il faut plus de postes de policiers au Mans. Pour autant, que Le Mans rejoigne, lors de la 2ème vague, la liste des 49 zones de sécurité prioritaires nous laisse perplexes.

Tout d’abord, ayons à l’esprit que ce dispositif concentrera 480 nouveaux postes pour 64 zones, en 2014 seulement. Rappelons aussi que 8000 postes de gardiens de la paix ont été supprimés ces cinq dernières années. Enfin, depuis l’ouverture de la prison des Croisettes, à l’extérieur du Mans, les transferts de détenus ont amputé les effectifs manceaux de 10 équivalents temps plein.

Attendons donc un peu, mais il y a fort à craindre que l’estampille « ZSP » ne soit au mieux qu’un rattrapage et au pire un saupoudrage. Même si tout poste nouveau est le bienvenu.

Par ailleurs, on avait cru comprendre lorsque Le Maire a fait l’annonce de la candidature du Mans au dispositif, lors d’un Conseil Municipal, que le zonage concernerait la ville entière et non des quartiers particuliers.

Or aujourd’hui, nous apprenons que ce sont les quartiers qui sont retenus et les premières réactions (Ouest France du 16 novembre 2012) montrent que, s’il y a effectivement des attentes en terme de présence de la police nationale dans ces secteurs, chacun craint néanmoins une stigmatisation renforcée.

Nous souhaitons qu’en terme d’image, cela ne ruine pas les efforts réalisés par la politique de la ville, par la rénovation urbaine et par la réussite éducative. D’ailleurs, ce glissement sémantique de l’éducatif et de l’urbanité au registre sécuritaire nous inquiète.

Nous sommes ensuite très surpris que le périmètre du centre ville ne soit pas retenu, car tous les efforts du Préfet, de la Procureure et des élus socialistes manceaux ont porté, ces derniers mois et ces derniers jours encore, sur ce périmètre, afin de nous convaincre qu’il y fallait une rupture avec la politique de tranquillité publique poursuivie jusqu’à ce jour par notre majorité.

Et ceci, parce qu’il y avait urgence au centre ville. On nous propose donc de franchir un « rubicon » et d’introduire les premières caméras de vidéosurveillance alors même que cela ne figurait dans aucun programme municipal en 2008 (majorité et opposition).

Manuel Valls et Stéphane Le Foll lui-même, puisqu’on nous apprend que le Ministre de l’Agriculture s’est penché sur le dossier, ont dû juger sur la foi des éléments fournis, que le centre ville n’était pas prioritaire.

Enfin le Maire du Mans, dans le sillage de Robert Jarry, a toujours veillé à construire une image positive du Mans et à inscrire notre ville et nos quartiers dans tous les réseaux valorisants. Jean-Claude Boulard proposant même de faire évoluer le nom des quartiers prioritaires (Bords de l’Huisne …) afin de lutter contre les représentations péjoratives.

On espère que tous ces efforts ne seront pas ternis par la nouvelle estampille « ZSP ». En tout état de cause, les élus Parti de Gauche n’y contribueront en rien.

Ceci nous amène à la réflexion suivante : n’eût-il pas été préférable de revenir tout simplement à la police de proximité ?

Les indicateurs dont ont disposé les services de l’Etat pour trancher en faveur de l’appellation « ZSP » pour certains quartiers, pouvaient tout bonnement servir à renforcer quantitativement et qualitativement, la présence de la Police Nationale dans ces secteurs sans apposer l’estampille « ZSP ».

Avec 64 zones maintenant, l’opération « ZSP » prend le risque de finir en saupoudrage. Il ne faudrait donc pas que ce dispositif sécuritaire devienne au final une opération d’auto-promotion du Ministre de l’Intérieur. Que son image de « père fouettard de la République » ne se construise sur le dos des efforts réalisés par les maires et les élus locaux, les habitants, les associations, les éducateurs, fonctionnaires et travailleurs sociaux de notre ville et de nos quartiers.

 

Pour le groupe des élus Progressistes-Parti de Gauche

Patrice PERDEREAU