Cette semaine, nous consacrons notre rubrique "Questions à..." Thierry BOUET, secrétaire de la CGT NTN à Allonnes

 

1. A l’appel de la CGT, une marche des salariés de NTN contre la précarité a eu lieu le samedi 20 octobre. Pouvez-nous nous expliquer les raisons de cette marche ?

Avant tout, ce rassemblement fait suite aux différentes démarches que nous avons eues pour interpeler notre direction sur l’abus de l’emploi précaire sur notre site d’Allonnes.

- Bien sûr, interpellations et déclarations dans nos instances représentatives, suivie de tracts d’informations à destination des salariés afin de les sensibiliser.

- Nous avons adressés un courrier à tous les candidats de notre circonscription à l’occasion de la campagne législative, afin qu’ils tiennent comptes de la situation de l’emploi à NTN-TE et de l’électorat. D’ailleurs, nous constatons que tous (à gauche) n’ont pas répondus. Il y a à dire aussi là dessus, mais je ne veux pas dévier de ma mission principale.

- Pour soutenir cette revendication, une pétition a été diffusée bien au-delà de nos murs qui a recueilli plus de 1400 signatures (dont plus de 400 salariés de NTN-TE), que nous avons remises au préfet de la Sarthe le 05 octobre dernier.

 L’évolution des intérimaires ne cesse de croitre depuis la crise de fin 2008, début 2009. Les salariés partant en retraite ne sont pas remplacés. Le nombre de salariés licenciés ou départ volontaire déguisé fait que les effectifs n’évoluent guère.

Depuis cette même période, la direction à mis en place une nouvelle organisation en « Lean » qui à des effets dévastateur sur les conditions de travail, le climat dans l’entreprise. Alors que nous avons des moyens industriels qui ne nous permettent pas de satisfaire les besoins de nos clients, nous n’avons pas d’investissement sur les besoins capacitaires immédiats et nous cumulons des retards de livraison chez la plupart de nos clients. Les résultats sont que nous subissons beaucoup de pression de la structure managériale suite au travail dans l’urgence et ce qui engendre des conséquences de défaut qualité. Nous sommes dans une spirale qui peu avoir pour conséquence, le non renouvellement des projets et la pérennisation du site.

2. Pouvez-vous nous donner des chiffres concernant l’évolution du nombre de statuts précaires dans le groupe depuis quelques années ?

Nous n’avons pas de données sur le niveau de précarité dans le groupe NTN, car NTN n’est pas constitué d’un CCE. Chaque entreprise est indépendante, mais rend des comptes à la maison mère, au Japon. NTN Transmissions Europe à Allonnes est l’entreprise qui gère les Ressources Humaines, la comptabilité, la maintenance… de la forge de Crézancy proche de Château Thierry. Seulement l’une est juridiquement en S.A et l’autre en S.A.S.

Pour ce qui est de l’évolution de la précarité, à Allonnes, si on prend seulement la situation depuis la crise de 2009, nous avons en 2010 une moyenne de 194 intérimaires, 255 intérimaires en moyenne sur l’année 2011 et 238 intérimaires en moyenne sur les 10 mois de l’année 2012.

Alors que la législation limite à 15% maximum le recours au travail temporaire à NTN-TE cela représente 34% de l’effectif global mais surtout, nous atteignons un triste record de plus de 64% de précaires sur un secteur comme le montage transmissions.

3. Cette politique de précarisation menée par la Direction est-elle due à une baisse de l’activité ?

Depuis plusieurs années nous sommes face à une direction qui fragilise le site d’Allonnes en multipliant les réorganisations du travail dans le but d’augmenter les profits du groupe. Seulement, c’est tout le contraire qui ce produit.

Nous avons de plus en plus de constructeurs qui nous sollicitent pour de nouvelles activités auxquelles nous répondons favorablement. Et c’est tant mieux…

Le problème, c’est que les investissements ne sont pas à la hauteur des enjeux commerciaux. Notre direction fait supporter aux salariés toutes les hausses de coût : Hausse matière, outillages et personnel supplémentaire précaire, liés à l’augmentation de notre activité.

Le résultat est que nos moyens industriels actuels ont beaucoup trop de référence de produits à fabriquer. Du coup, les opérateurs change deux à trois fois de référence de pièces par équipe. Ceux qui réduit encore un peu plus notre capacitaire journalier et donc engendre toujours plus de retard sur les commande clients.

La direction de NTN-TE n’a de cesse de faire peur aux salariés sur ces craintes pour l’avenir notre activité et ceux depuis 2009. Prétexte pour ne pas améliorer le pouvoir d’achat des salariés réduire au stricte minimum légal les plans de formation et de promotion, etc.…

Non, la seule raison depuis que Renault à ouvert les portes du marché Européen au groupe NTN Corp., est de tisser sa toile et de faire le plus de profit possible.

En dix ans, NTN à acheté une forge comme dit tout à l’heure. Projet qui était initialement prévu à Allonnes. Racheté l’infrastructure qui fabrique des transmissions d’une société Allemande IFA. Elle s’appelait IFA-AT. Racheté une usine au Brésil à un concurrent où NTN-TE détient 3%. Suite au rachat de toute l’activité de SNR (filiale 100% Renault), NTN avec la participation des services techniques de NTN-TE ont développés en Roumanie, sur le site de Sibiu une activité transmissions pour fabriquer la majeur partie de l’activité pour le groupe Renault (Dacia, Nissan, Renault).

Aujourd’hui notre activité est de plus en plus délocalisé vers se site qui continu à ce développer et s’agrandir.

La précarité à NTN-TE existe seulement pour plus facilement réduire les effectifs sur le site d’Allonnes quand les usines des pays low-coast seront prêtes à accueillir nos lignes de production.

Ensuite, la direction dira aux politiques et pouvoir public, que l’emploi à été maintenu à Allonnes sans plan sociale, et cela malgré la crise…