Plusieurs manifestations ont eu lieu ce weekend pour dénoncer la violence répression policière engagée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault face aux opposants à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur employant même le terme de « kystes » pour qualifier les occupants-citoyens.

Après 40 jours d’affrontement, le gouvernement a appelé « à l’apaisement » pour réemployer ensuite l’usage de la force.

Où est l’apaisement ? Le Parti de Gauche demande le retrait total des forces de police du secteur, préalable à tout « apaisement » et réaffirme son soutien aux opposants.

Le gouvernement a annoncé le report de 6 mois des travaux de défrichement avec la création d’un comité scientifique et d’une commission chargée d’ « entendre toutes les parties prenantes ». Il reconnait donc à mi-mots que ce n’était pas le cas jusqu’ici. Le collectif d’élus Cédpra appréciera, lui qui a déjà commandité une étude alternative auprès d’experts indépendants et sais la justice européenne pour un recours en matière de Loi sur l’eau (Directive européenne cadre sur l’eau).

On pourrait croire à une première bonne intention de dialogue et d’écoute. Et pourtant, après avoir annoncé la création de commission, Matignon indique que « le Premier Ministre réitère l’engagement du gouvernement à contribuer au développement économique et social du Grand-Ouest, dont le projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes est une composante », soutenu par les trois Ministres de l’Ecologie, des Transports et de l’Agriculture.

Comment croire, comme l’ont indiqué les trois Ministres, que « conforter les initiatives en faveur du respect de la biodiversité et de la préservation des terres agricoles » peut passer par le bétonnage de 1600 hectares de terres situées en plein bocage et en zone humide, riche en biodiversité ?

Comment abandonner l’actuel aéroport de Nantes Atlantique qui par sa superficie a déjà une dimension internationale ?! 

La piste de l’aéroport Nantes Atlantiques mesure 2900 mètres de long pour 45 mètres de large.

Sa superficie est de 320 hectares, c’est-à-dire quasi-égale à celle de l’aéroport de San Diego (Californie, USA) qui a enregistré, en 2011, 223 000 mouvements (décollages/atterrissages) pour acheminer 17 millions de passagers, quand Nantes-Atlantique enregistrait seulement 60 800 mouvements pour acheminer 3,2 millions de passagers. Son activité est donc loin d’être saturée.

D’autres arguments tels que le coût financier pour les collectivités territoriales et la baisse de trafic à anticiper du fait du coût croissant du pétrole permettent d’apprécier l’alternative responsable qu’est Nantes Atlantique par rapport à Notre-Dame-des-Landes.

Le Parti de Gauche réitère son refus du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et appelle à poursuivre la lutte juridique et militante pour que cet aéroport inutile, coûteux et nuisible ne voit pas le jour.