Hier soir s'est tenu un Conseil municipal important puisqu'était voté la vidéosurveillance et la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance, et discuté l'orientation budgétaire de la ville pour 2013.

Sur la vidéosurveillance, Patrice Perdereau est intervenu en précisant qu'il est difficile d’entrer sereinement dans ce débat, tant la sécurité est devenue un enjeu de communication politique auquel le groupe des élus Progressistes-Parti de Gauche n’adhère pas du tout.

Patrice Perdereau a réaffirmé ce qui fait unanimité, ce qui appartient même au registre des causes universelles : la volonté de lutte contre les atteintes aux biens et aux personnes qui est d’abord une mission régalienne et non territoriale.

Par ailleurs, il a confirmé l'engagement du groupe des élus sur le rapport de stratégie territoriale parce qu’il conjugue bien, prévention et sanction en vue de cet objectif.

Selon ce rapport, les chiffres de la délinquance, tous faits confondus, ne sont pas très encourageants pour 2011. Mais comme il est souligné, ce contexte n’est pas sans rapport avec des choix politiques nationaux qui ont conduit ces dernières années à des baisses importantes d’effectifs dans la police et la gendarmerie ».

Au Mans il manque une trentaine de policiers, et la municipalité intervient régulièrement depuis plusieurs années auprès du Ministère de l’Intérieur pour que cette situation soit révisée.

Aujourd’hui, en s'inscrivant dans le récent dispositif ZSP, 480 postes pour 64 zones, notre ville peut espérer retrouver une partie des renforts jamais obtenus  au moment de l’ouverture du centre pénitentiaire des Croisettes.

Le dispositif ZSP laisse cependant perplexe car le dispositif d’exception parviendra au mieux à un simple rattrapage d’effectifs. Malgré cela, Patrice a précisé que le groupe en voulait beaucoup au Ministre de l’Intérieur qui se dessine un profil sécuritaire, probablement pour l’avenir, à bon compte et sur le dos de tous les efforts des maires et acteurs territoriaux.

Le groupe des élus Progressistes - Parti de Gauche donne la priorité à la présence des forces de police sur le terrain exactement comme il l'est indiqué : « si sur le long terme, la priorité est donnée à la prévention de la délinquance à travers la lutte contre l’échec scolaire, la mobilisation en faveur de l’emploi et la préservation de l’ordre public ; à plus court terme, la priorité est de renforcer la présence des forces de l’ordre sur la voie publique afin de traiter les phénomènes d’incivilité, d’enrayer la délinquance des mineurs et d’intensifier la lutte contre les trafics. »

 

Sur la vidéosurveillance, dans le centre-ville du Mans, le groupe reste opposé à la vidéosurveillance. Pourquoi ?

 

D’abord parce que la Ville du Mans n'a pas à poursuivre la politique nationale sécuritaire engagée depuis 2002 par Mr Sarkozy, à travers un discours aussi martial qu’inefficace puisqu’il a voulu justement promouvoir les caméras comme palliatifs à la diminution drastique des effectifs publics de la police et de la gendarmerie.

D’ailleurs le Ministre actuel de la ville, François Lamy, en a bien saisi toutes les limites puisqu’il diminue de 60%  les crédits alloués à cette technologie par le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance. Rappelons que dans la Loi de Finances 2010, 55 millions d’euros avaient été alloués au développement de la vidéosurveillance, tandis que 28 millions d’euros d’économies étaient réalisés par la suppression de 1390 postes de policiers et 27 millions par la suppression de 1354 postes de gendarmes !

Ensuite, parce que, dans notre contrat de mandature de 2008, avec nos partenaires de la majorité, cette question n’a jamais été abordée. Nous ne sommes donc pas liés par un programme conjointement annoncé, affiché et assumé.

Un autre point est celui de la maîtrise du coût de la vidéosurveillance pour les années à venir car le Conseil municipal n'a pas voté pas une expérimentation mais une démarche sinon définitive, pour le moins durableUne conviction qui s’appuie sur des villes qui ont fait à un moment le même choix.

Et le groupe des élus Progressistes - Parti de Gauche pense en effet que le budget dédié à la vidéosurveillance augmentera de manière inéluctable dans les années à venir.

Déjà lors du Conseil de quartier centre-ville, au moment où avait été présenté le dispositif de vidéosurveillance, des habitants estimaient qu’il fallait élargir la zone couverte à la place des Comtes du Maine ainsi qu’à la rue Nationale !

Ainsi, ils regrettaient que le dispositif pensé n’était que de la vidéosurveillance, et donc du visionnage d’enregistrement d’images à posteriori, et non pas de la télésurveillance et du visionnage de flux d’images en direct par des agents visionneurs.

D’ailleurs, ceci nous permet de soulever une autre question. Si ce n’est pas directement le rôle d’agents d’une municipalité de visionner les images et, donc de contribuer à l’élucidation des enquêtes judiciaires ? Et que cela ne relève pas des missions régaliennes de l’Etat et de l’action de la Police Nationale ?

Alors, pourquoi les collectivités devraient-elles équiper et financer en lieu et place de l’Etat ?

Enfin, le groupe des élus fonde aussi son opposition au système de vidéosurveillance parce qu'il nous ne croit pas vraiment à son efficacité en matière de prévention ou de dissuasion, étant donné le type de problèmes rencontrés dans le centre-ville, liés surtout à l’hyper alcoolisation.

Peut-être les caméras peuvent-elles contribuer à la résolution d’enquêtes, mais de façon marginale. Si elles peuvent rassurer certaines personnes dans un premier temps, les mêmes se rendront probablement vite compte qu’elles ne protègent pas contre les agressions et le reproche pourra être fait au Conseil municipal d’entretenir une illusion.

Et de conclure que les villes empoisonnées par l’insécurité ont d’abord eu des résultats dans la lutte contre l'insécurité grâce à la présence humaine, à l’exemple de grandes villes qui ont fait chuter le nombre des faits et des homicides.

 

Concernant la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance, Maryse Berger a jouté, pour ainsi faire écho au débat sur la vidéosurveillance, que la politique de la ville produit également de la sécurité.

Avant d'entamer le débat sur les orientations budgétaires de la Ville du Mans pour 2013, Maryse Berger a exprimé son regret de voir que le Conseil municipal ait consacré peu de temps au débat sur les actions de prévention vis-à-vis de la vidéosurveillance.

 

Chantal HERSEMEULE, notre collègue déléguée aux Droits des Femmes, a rappelé que les enquêtes de victimation de l’Observatoire National de la Délinquance montre que la majorité des victimes d’agressions aux personnes dans l’espace public sont des hommes. Conernant les femmes, le risque majeur vient de leur entourage. Sur les 75 000 viols commis dans notre pays (estimation officielle), les ¾ sont commis par des personnes connues de la victimes et dans 90% des cas, les femmes ne portent pas plainte. L’élucidation par les caméras est donc anecdotique dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Et de rappeler que le budget annuel alloué aux caméras équivaut à trois fois celui du plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes pour 2011-2013.

 

Vous trouverez ci-dessous la revue de presse relative au Conseil municipal du jeudi 6 décembre :

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