Comme le personnel de la clinique, c'est par la presse que nous avons appris le rachat de l'immobilier du Pôle Santé Sud, ainsi que de 8 autres cliniques privées françaises, par une filiale de la Caisse des Dépôts (CDC), banque para-publique. Cela est vraiment choquant que le personnel soit ainsi informé. Mais le Groupe CMCM, qui avait déjà connu des grosses difficultés, il y a quelques mois, avec son directeur, est coutumier de relations peu amènes avec le personnel...

Mais, là n'est pas le fond de notre interrogation à propos de ce rachat. Le directeur actuel de l'établissement parle "d'une opération purement immobilière qui n'interfère en aucun cas sur l'exploitation", le terme est emblématique, assurée par le groupe privé VEDICI. Cette vente dit -il, "doit générer une rentrée de trésorerie...pour leur permettre de se développer". C'est poursuit-il une sorte "d'externalisation des murs" !!!

Pour lui, l'outil immobilier que constitue la clinique et son matériel de haut niveau, est un moyen dans le secteur de la santé de faire des profits et de rétribuer des actionnaires. Cela est assez choquant car la santé devrait échapper au secteur lucratif, mais soit ! Mais surtout, que viendrait faire la Caisse des Dépôts (CDC), bras armé de l'Etat, dans une telle affaire ?

Car rappelons que la CDC, institution financière publique, placée sous le contrôle direct du Parlement, doit exercer des activités d'intérêt général pour le compte de l'Etat. Nous avons été un peu surpris de l'explication donnée par le directeur de VEDICI et nous en espérons d'autres plus convaincantes dans les semaines à venir, qu'une simple arrivée de trésorerie publique pour que les affaires juteuses puissent continuer à se développer alors que la santé publique doit relever des défis d'une toute autre nature. Nous interrogerons les parlementaires sarthois dans les jours qui viennent à ce sujet.

Qu'une institution financière publique, dans un secteur aussi important pour le bien commun qu'est la santé, détiennent de l'immobilier n'est pas pour nous choquer. On pourrait même imaginer à l'avenir, que ce genre de participation faciliterait le passage du privé lucratif vers du non lucratif et pourquoi vers un nouveau pôle hospitalier public? Cela ne serait pas aberrant au sud de l'agglomération mancelle, à proximité des quartiers d'habitat social, et répondrait à toutes les interrogations soulevées au moment de la constitution du Pôle Santé Sud.