Le 5 janvier 1875 a lieu l'inauguration du nouvel Opéra de Paris, construit par l'architecte Charles Garnier.

L'opéra a été cible d'attentats. C'est devant l'opéra de la rue de Louvois qu'en 1820, le duc de Berry fut assassiné par M. Louvel qui voulait tuer tous les Bourbons. Le 14 janvier 1858, un attentat fomenté par des anarchistes italiens vise l'empereur Napoléon III. Les trois bombes qui explosent causent huit morts et cinquante blessés. Dès le lendemain, Napoléon III décide de la construction d'une nouvelle salle. Un concours est organisé et remporté par un jeune architecte de 35 ans, Charles Garnier. En sus du nouveau bâtiment, Napoléon III demande au baron Haussmann de créer une avenue reliant son palais des Tuileries au nouvel opéra, un dégagement qui permettra d'éviter toute nouvelle attaque terroriste.

L'impératrice Eugénie, se penchant sur les plans du futur palais Garnier, se serait écriée : "Quel affreux canard, ce n'est pas du style ni grec ni romain", à quoi Garnier répondit : "c'est du Napoléon III". Une première inauguration, celle de la façade, a lieu lors de l'exposition universelle de 1867. Puis la guerre avec la Prusse éclate. L'Empire s'effondre et personne ne se risque à finir la construction d'un bâtiment qui fait directement écho à la gloire du régime déchu. C'est seulement après l'incendie de l'opéra de la rue Le Peletier en 1873 que le chantier reprend. Le bâtiment est finalement inauguré le 5 janvier 1875, en présence du premier Président de la troisième République, le maréchal Mac Mahon, et de diverses têtes couronnées européennes. L'avenue de l'Opéra ne sera quant à elle achevée qu'en 1879. Le plafond sera redécoré en 1964 par Chagall.

En 1982, lorsque le Président Mitterand prend l'initiative de la construction d'un nouvel opéra parisien, il le veut "moderne et populaire". Son souhait n'a pas été exaucé : d'après l'enquête du ministère de la culture sur les pratiques culturelles des Français, se rendre à l'opéra demeure la pratique culturelle la plus inégalitaire.

75 % des français n'y sont jamais allés - 85 % des niveaux CAP contre 46 % des cadres. Seuls 3 % des Français se rendent à l'opéra chaque année.