C'est au bout d'un long combat et face aux attaques des mouvements religieux et aux insultes d'une partie de la droite que Simone Veil, Ministre de la Santé de Giscard-d'Estaing parvient à imposer la légalisation de l'avortement.

L'avortement est alors strictement interdit en France depuis 1920, et même déclaré "crime contre l'Etat" en 1942, les femmes y ayant recours étant condamnées à la peine de mort. Ce sera d'ailleurs le cas de Marie-Louise Giraud, guillotinée en 1943. Mais un mouvement d'évolution de la société s'amorce grâce au combat des féministes qui obtiennent la légalisation de la contraception en 1967 avec la loi Neuwirth. En 1971, 343 femmes signent, malgré les poursuites encourures "le manifeste de 343 salopes".

Toutes déclarent avoir recouru à l'avortement au cours de leur vie et réclament le droit d'avorter en tout légalité. Parmi ces signatures figurent celles de personnalités intellectuelles ou artistiques, telles que Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Françoise Sagan...Le scandale n'est est que plus retentissant.

C'est Simone Veil qui engage la bataille parlementaire, et c'est face à une droite divisée et avec le concours de l'ensemble des parlementaires de gauche que l'Assemblée Nationale vote la loi Veil. Elle est promulguée le 17 janvier 1975 pour une période de 5 ans, puis rendue définitive en 1979. Il faut cependant attendre le vote de la loi Roudy, permettant le remboursement de l'avortement, sous l'impulsion du gouvernement d'Union de la Gauche en 1982, pour que ce droit devienne réellement effectif pour toutes les femmes.

Inégal en Europe, le droit à l'avortement est en France encore régulièrement remis en cause. Que ce soit par les intégristes religieux n'hésitant pas à avoir recours au harcèlement des personnels et des femmes, comme c'est le cas à l'Hôpital Tenon (Paris, 20e) depuis 1987. Ou par la droite et l'extrême droite qui tentent de la réduire, en prônant par exemple son non-remboursement. Et aujourd'hui, la diminution du nombre de structures pratiquant l'IVG entraîne indiscutablement une menace sur le droit des femmes à l'avortement en en réduisant l'accès.