Le 28 nivôse an VIII, Napoléon Bonaparte, qui souhaite relancer l'économie et augmenter la quantité de monnaie en circulation, édite un décret stipulant la création de la Banque de France.

La Banque est organisée sous la forme d'une société par a ctiopns, au capital de trente millions de francs, dont une partie est souscrite par le Premier Consul et son entourage, les deux cents actionnaires les plus importants, "les deux cnets familles", constituant l'Assemblée Générale. La banque obtient un droit d'émission de billet, d'abord limité à Paris et sous condition de garantie de contre-partie-or. Ce droit d'émission qui s'étend dans le pays lui donne le rôle d'une banque centrale. En contrepartie de son privilège d'émission, l'Etat lui impose un certain nombre de charges dont le public et le Trésor sont les bénéficiaires. Le rythme des recettes publiques ne correspondant pas à celui des dépenses de l'Etat, ce dernier peut appel à la banque, en vue de faciliter l'exécution du budget.

Rapidement, Napoléon renforce l'autorité de l'Etat sur la direction de l'établissement qui est assurée par un gouverneur nommé par l'Etat. Désormais "la propriété de la Banque est à l'Etat et au Gouvernement autant qu'aux actionnaires". Ce lien entre l'Etat et la Banque de France se renforce en 1936 avec une réforme des statuts de la Banque de France, qui limite le rôle de l'Assemblée générale, tandis que les pouvoirs publics se voient dotés de moyens d'intervention plus directs dans sa gestion. Puis avec sa nationalisation en 1945 qui permet de retirer aux intérêts privés toute part dans la gestion de l'Institut d'émission et de renforcer le contrôle de l'Etat sans pour autant diminuer le rôle du gouverneur ni réduire son autonomie de gestion.

La loi du 4 août 1993 interdit à la banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l'acquisition de titres de leur dette. La Banque de France a dû céder le monopole de la définition de la politique monétaire de la France à la Banque Centrale Européenne qui, loin de respecter la volonté populaire, se soumet aux agences de notation sous prétexte "d'indépendance".