Intervention de Maryse BERGER lors du Conseil Municipal du jeudi 21 mars 2013

 

La délibération nous propose de reporter en 2014 la mise en œuvre locale de la réforme des rythmes scolaires.

Nous sommes d’accord, et pourtant nous sommes favorables aux 4,5 jours et à des journées d’apprentissage plus courtes pour les élèves, dans la mesure où elle respecte mieux le rythme des élèves.

Ceci étant dit, la manière dont est pensée cette réforme nous pose en revanche quelques problèmes !

Parce qu’elle marque une rupture avec un principe fondamental pour nous, celui selon lequel le scolaire relève du domaine de l’Etat, et le post et le péri-scolaire du domaine de la commune.

D’une certaine manière, il y a là la remise en cause du caractère national de l’école. D’autant plus qu’à travers le projet éducatif territorial (PEDT), encore flou dans l’acte III de la Décentralisation, on accentue la territorialisation de l’école.

Encore une fois, nous constatons que l’Etat cherche à transférer aux collectivités territoriales des missions qui ont un coût, sans en apporter les compensations financières adéquates.

Car les sommes évoquées sont tout même importantes pour notre collectivité. Comme le mentionne la délibération, cette réforme impacterait notre budget à hauteur de 1 642 000 €, soit 3 points d’impôts.

Au-delà même des problèmes financiers directs, la délibération souligne à juste titre les difficultés que poseront le positionnement des temps d’activités et le positionnement des locaux. Ainsi, pour le sport par exemple, je peux vous indiquer que la gestion des gymnases va devenir acrobatique.

Cette réforme aurait été intéressante si l’Etat avait permis aux CAF et aux municipalités de financer les moyens humains et associatifs susceptibles de développer des activités éducatives riches pour les enfants, hors temps scolaires.

C’est tout le contraire qui est fait puisque l’aide apportée le serait pour une année seulement et couvrirait à peine la moitié du coût réel, alors que dans le même temps, nos budgets subissent une ponction que notre Maire a lui-même qualifié d’historique, via la baisse de la Dotation Globale de Financement dès 2014.

Alors, oui à l’attention portée à l’égard des rythmes des élèves,

Oui à la poursuite de la concertation élargie,

Mais, pour le groupe des élus Progressistes-Parti de Gauche, aucune réforme de cette ambition et de cette ampleur ne peut être réalisée dans le cadre de l’austérité.

Nous demandons au gouvernement de consentir des efforts financiers pérennes aux municipalités, puisqu’il considère l’éducation comme un enjeu pour l’avenir de notre pays, puisqu’il fait de l’éducation sa priorité de mandature.