Le traitement médiatique du 1er mai serait-il un formidable révélateur ? La médiacratie aurait-elle choisi son camp, tant l’effet ciseau a semblé évident ce mercredi ? La presse télé a vraiment donné l'impression, avant se rattraper un peu en soirée, d'être passée du côté de la dédiabolisation de Madame Le Pen, en contrebalaçant sa complaisance à l’égard du Front national par des attaques à l’égard de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche.

Pour la médiacratie, le 1er mai, journée internationale de revendication des travailleuses et des travailleurs, serait désormais le rassemblement annuel du Front national. Ce traitement éclaire un peu la collusion oligarchique et les intérêts communs de classe  du FN et des belles personnes.

Voyons un peu et étayons notre propos:

-13h, sur France-Inter, commentant le rassemblement du Front national en direct de la statue de Jeanne d’Arc (un journaliste de terrain …),  livrait ces propos irréels : « un regroupement donc sage un peu comme le FN ». A ce niveau, ce n’est plus de la dédiabolisation, c’est du prosélytisme !

-Et enfonçant le clou pour décrire le cortège : «un rassemblement plutôt sage sans dérapages verbaux ». Pour ce Mooonsieur, des slogans comme « La France aux français » ou « On est chez nous », ce ne sont pas des dérapages. Ah mais quand c’est la bande des puissants, des oligarques et des financiers qui est montrée du doigt, c'est un tout son que l'on entend. Par contre, quand le FN et ses sbires crachent sur les arabes, c’est « sage et sans dérapages verbaux »!


Les médiacrates  cherche donc à museler le Front de Gauche avant le 5 mai et à laisser aboyer Madame Le Pen en croyant préserver le système. La réponse à leur entre-soi  sera apportée par « des citoyens qui ne s’en laissent pas conter mais qui entendent qu’on leur rende des comptes » selon la formule de Condorcet. Tel est le peuple qui déferlera sur eux sous la forme d’une marée citoyenne dimanche entre Bastille et Nation.

La presse locale quant à elle, a  beaucoup mieux rendu compte des multiples rassemblements qui ont eu lieu à travers le pays. Grâce à elle, on a appris que 160 000 personnes ont rejoint les manifestations quand 3000 seulement ont défilé dérrière la famille Le Pen.

                                               

                                                 

Au Mans, 500 personnes étaient présentes pour entendre l'invitation des syndicats (CGT, FSU et Solidaires) à s'opposer à l'austérité. "L'austérité ça suffit !" a déclaré pour les syndicalistes D. Piron, responsable sarthois de la CGT. Certes, l'affluence était moins nombreuse que l'an passé, mais depuis, F. Hollande a déçu et organisé la division des syndicats avec le texte MEDEF.

Nous, nous étions présents bien sûr, comme chaque année, proposant l'oeillet rouge des premiers rassemblements ouvreires réprimés et des révolutions citoyennes contemporaines. Ce fut aussi l'occasion de poursuivre la mobilisation pour la Marche du 5 Mai et de prendre les dernières inscriptions pour les bus.