180 000 personnes dans la rue à Paris. Un rassemblement inédit de toutes les sensibilités de la gauche pour exiger une 6e République et une politique de gauche. La marche du 5 mai a tenu ses promesses.

Certes, ce n’est pas la rue qui gouverne. Mais ce 5 mai, la rue a manifesté son aspiration à gouverner. Dans une ambiance où se mêlent la joie d’être là et une sourde colère, 180 000 personnes ont défilé entre les places de la Bastille et de la Nation pour exiger une 6e République mais aussi la fin de l’austérité. Quelques 300 sarthois ont fait le déplacement. Cette manifestation populaire a réuni ce qui s’apparente à un début de rassemblement majoritaire.
 

                                            

Au-delà du Front de Gauche dans sa diversité, Eva Joly et les militants d’Europe Ecologie-Les Verts sont bien présents. Leurs drapeaux au vent, ils affichent leur exigence de réformes plus marquées et leur volonté de rassemblement. Eva Joly précise : « Nous avons la tête dure. Nous ne céderons ni aux menaces, ni aux flatteries, aux intimidations, aux rappels à l’ordre. Nous avons chacun nos histoires, nos traditions politiques, nos réflexes (…) Mais nous ne nous laisserons pas diviser ».

Au fil d’une marche qui arrive tout juste à Nation quand les derniers ne sont pas encore partis de Bastille, de nombreux militants de la motion 3 du Parti socialiste (Maintenant la gauche) tiennent à faire savoir qu’ils sont présents pour les mêmes raisons : rupture avec l’austérité même camouflée sous le nom de « rigueur », rassemblement « rouge rose vert », une politique authentiquement de gauche. Ces mots reviennent sur les lèvres, majoritaires, de celles et ceux qui manifestent sans carte.

C’est en effet le peuple de gauche qui a repris sa marche, débordant le précédent succès qu’a constitué, pour le seul Front de gauche alors, la manifestation du 18 mars 2012. Il y a là de nombreux militants associatifs ; le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel ; des syndicalistes, avec leurs banderoles ; Yvan Le Bolloc’h ; le NPA avec Olivier Besancenot ; Ridan ; toutes celles et tous ceux qui ont fabriqué leurs propres calicots ou banderoles, s’estimant « trahis » ou revendiquant que leur vote du 6 mai dernier soit pris en compte dans sa signification politique…

« Il y a un an, la majorité de la France (...) a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix années de reculs sociaux, d’autoritarisme, de racisme », peut donc résumer Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Et le co-président du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, après lui, a toutes les raisons de s’adresser à la majorité au pouvoir : « Si vous ne savez comment faire, nous, nous savons ».

                                          

Il y a, dans cette Marche du 5 Mai, les contours d’une majorité alternative décidée à exercer le pouvoir afin de changer la donne. Pour de bon cette fois.