Le 24 mai 1743, à Boudry, ville prussienne proche de Neuchâtel (en Suisse actuelle), naît Jean-Baptiste Marat, un descendant d'immigrés espagnols et sardes. Rien ne le prédestine à devenir Français, ni un révolutionnaire des plus intransigeants au service du Peuple parisien.

Après des études au collège, il rejiont la France comme précepteur avant de commencer une formation de médecin. Continuant son périple, il s'installe en Angleterre, où il exerce la médecine entre Londres et Newscastle. C'est dans ce pays qu'il se sensibilise à la politique, en publiant plusieurs ouvrages philosophiques. Il contribue à la campagne électorale de John Wilkes pour devenir Lord Maire de Londres. John Wilkes affirmait des positions radicales en faveur de la liberté de la presse, l'inviolabilité parlementaire et le droit des classes moyennes à élire leurs représentants. Après un séjour aux Provinces-Unies puis en Ecosse, où il obtient enfin officiellement son diplôme de médecin, il s'installe à Paris en 1775. Il y exerce la médecine et mène de nombreuses expériences scientifiques.

Rattrapé par la révolution Française, il reprend son activité de publiciste et se livre, dès août 1789, à une critique cinglante du projet de constitution issue de l'Assemblée Nationale. Le 12 septembre, il publie l'Ami du Peuple, dans lequel il défend la cause notamment des "citoyens passifs", ces citoyens exclus de toute vie politique en raison de leur pauvreté. Défenseur des opprimés, il mène campagne pour l'émancipation des esclaves. Il s'oppose également aux Brissotins sur la question de la guerre. Face à eux, Marat promeut l'idée d'une guerre défensive. Enfin, soucieux d'un procès juste et équitable pour le roi, il compte parmi les députés qui votèrent la mot sans appel ni délai. Il mène la lutte contre les Brissotins de manière virulente, notamment après avoir été élu à la présidence du club des Jacobins le 5 avril 1793. Mis en accusation par la Convention pour un appel à l'insurrection, il est triomphalement acquitté lors de son procès devant le tribunal révolutionnaire. Ses ennemis ne purent le vaincre qu'en l'assassinant lâchement. Il devint immédiatement un martyr de la révolution. Immortalisé par Jean-Louis David, il demeure l'un des grands défenseurs des droits du Peuple.